La soif de vengeance, l’apothéose de l’ignoble projet du Hamas

Ils sont tous planqués soit dans les entrailles de Gaza soit chez leurs alliés turcs ou iraniens. Les cadres du Hamas regardent Israël se précipiter corps et âme dans le pire des pièges qu’ils lui aient tendu.

De leurs planques sécurisées, ils savent que chacune des victimes civiles de l’attaque israélienne, qui s’accumulent d’heure en heure de manière vertigineuse, vont inéluctablement faire basculer l’opinion publique en faveur de leur « cause », et fera inévitablement passer les horreurs qu’ils ont commises en territoire israélien au second plan.

Les vies humaines de leur peuple, fauchées par les bombes israéliennes, sont pour eux les contributrices ultimes de l’accomplissement de leur plan.

Les Israéliens, révulsés par les sommets de cruauté perpétrés contre une population civile démunie, dont ils ont été les témoins médusés et horrifiés, ont exigé presqu’unanimement un déferlement militaire sur Gaza pour éradiquer l’entité islamiste au pouvoir.

On peut bien évidemment comprendre cette rage dévastatrice qui motive cette position. Elle est totalement humaine à l’échelle de chacun des individus qui a vécu ce drame collectif.

Mais pas à l’échelle d’un Etat qui a le devoir de savoir se projeter sur le plus long terme, car Gaza restera la voisine intime d’Israël et qu’il faudra trouver des solutions à une population de près de deux d’un million de civils qui y vit.

Les gouvernements israéliens successifs depuis la seconde intifada en 2000 ont cru bon de maintenir les Palestiniens dans une forme de statu quo, un conflit de basse intensité, qui serait efficacement maté à chaque fois qu’ils lèveraient le nez, et en contribuant à les diviser pour ne pas avoir à reprendre quelconque négociation avec eux.

Les actuels dirigeants d’Israël sont ceux-là même qui ont permis la montée du Hamas pour contrer l’OLP, et ainsi morceler l’Autorité palestinienne (AP) empêtrée dans de violents conflits internes.

Netanyahou et ses alliés d’extrême droite sont ceux-là même qui défilaient dans les rues de Jérusalem brandissant d’immenses posters de Rabin en uniforme nazi pour faire capoter le processus d’Oslo. Ce sont ces groupes d’extrême droite messianique dont sont issus deux ministres de l’actuel gouvernement, qui ont assassiné Yitzhak Rabin, qui était alors en pleine négociation avec Arafat dans le cadre du difficile processus de Paix.

Le Hamas, allié objectif palestinien de ces opposants à une paix possible, est à l’origine de multiples attentats suicides sur l’ensemble du pays faisant des centaines de victimes dont le but était de dissuader l’opinion publique israélienne de continuer à soutenir ces négociations.

Ce sont ceux-là même qui se sont acharnés à anéantir ce formidable espoir qui tiennent aujourd’hui les rênes du pouvoir aussi bien en Israël qu’en Palestine.

La force islamo-totalitaire du Hamas face au front national-messianique des colons israéliens. Les alliés objectifs d’hier sont aujourd’hui face à face avec leur morgue de racisme et de violence pour un bras de fer infernal.

Ce cauchemar dantesque est aujourd’hui à son paroxysme, et j’ai espoir, peut-être illusoire, qu’ils finiront, lors de cette ultime confrontation, par s’anéantir l’un l’autre.

Il est clair en effet que le gouvernement israélien actuel va devoir répondre de sa totale impéritie, et se fera très probablement éjecter du pouvoir et que l’on peut aussi rêver que l’opinion publique palestinienne en fera de même avec le pouvoir dictatorial d’un Hamas affaibli.

Pourrions-nous alors, ici en France, enfin comprendre que le véritable conflit qui déchire cette région n’est à aborder non comme un antagonisme Israël-Palestine, mais plutôt comme l’opposition entre Israéliens et Palestiniens qui se reconnaissent, se respectent et désirent vivre ensemble sur deux Etats distincts, contre des Israéliens et Palestiniens qui sont déterminés à éliminer et à anéantir l’autre.

à propos de l'auteur
Edgar est franco-israélien, ayant vécu plus de trente années en Israël, il est co-fondateur de l'association Bait Ham à Jérusalem en 1981. Par ailleurs, il est vice-Président de l'AJMF (Amitiés judéo-musulmane de France à Paris). Auteur d'un livre qui sortira fin octobre dont le titre est: Les amandiers en Fleur de Jérusalem, il est aussi co-fondateur de l'Association Carrefour des monde à Paris.
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