La résistance morale : Franz Stock

Agenouillement de Willy Brandt à Varsovie, 7 décembre 1970. Hérodote.net.
Agenouillement de Willy Brandt à Varsovie, 7 décembre 1970. Hérodote.net.

Autant le dire de manière impavide : Auschwitz est mort. Auschwitz et tous les camps d’extermination nazis doivent être préservés en tant que bâtiments de mémoire, lieux d’atrocités indicibles. Une fois que l’on a dit cela et qu’on l’a redit, répété et que cela roule dans tous les esprits de manière (trop) redondante, il faut en faire le constat inéluctable : il n’y a plus aucune âme vivante dans ces camps décharnés.

Rien n’est plus commode que d’accuser linguistiquement une personne, des nations, des mémoires. C’est le principe du « shibolet/שבלת » hébraïque où du particularisme singulier d’un lieu, d’une région dont les sons résonnent de manière « autre » et étrange, étrangère. Y aurait-il beaucoup de choses neuves depuis que les habitants de Gilaad interrogeaient les Ephraïmites sur leur identité puisqu’ils ne prononçaient pas le mot selon le « shin » phonématique d’alors (Livre des Juges, ch. 12, 5-6) ? Durant la guerre, on vérifiait ainsi les identités peu sûres en faisant parler les Viennois, les Danois et les Flamands… Aujourd’hui on patine sur l’ukrainien qui serait inexistant ou trop fertile ou encore les nombreux dialectes subcarpathiques, qui unissent le biélorusse à l’ukrainien dont Gogol se moquait avec saveur et tendresse.

La guerre est ouverte, en Europe, sur l’identité linguistique, nationale, l’altérité confessionnelle. Chacun y va de son droit, de la protection de ses biens, de ses héritages mentaux… sinon même de ses fantasmes. Le delirium culturel est devenu un dogme, un droit sans que le droit ne soit respecté. Nous le voyons dans les pays de l’Est européen qui s’opposent de manière frontale et rugueuse au droit romain de l’Occident civilisateur.

Le Droit ? Il n’y a pas d’Habeas Corpus dans l’Orient chrétien. Le droit se heurte à la force régnante de l’illégalité ou de la puissance monnayée, la vie sans “avocat”. Il est même stupéfiant que ces régions louent avec tant de conviction le “Saint esprit” – avocat du salut (Παράκλητος, en latin paracletus, désigne l’Esprit Saint au sens de « Défenseur »).

Le 24 février 1948 mourait, à Paris, l’abbé Franz Stock. A 43 ans, épuisé par les terribles années de la guerre où il fut l’aumônier de la Mission catholique allemande dans la capitale française. Ses funérailles eurent lieu le 28 février 1948 à l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas située au coeur du Quartier latin, non loin de la Sorbonne et du Panthéon. La cérémonie fut présidée par Mgr Angelo Roncalli, nonce apostolique qui devînt le Pape Jean XXIII.

Le prêtre allemand fut l’aumônier des prisons, de Fresnes et du Mont Valérien où il accompagna aux lieux de leur exécution plus de trois milles condamnés à mort par les militaires allemands – souvent sous dénonciation de nationaux français ou affiliés. Puis il devînt le recteur du « Séminaire des Barbelés/Stacheldrahtseminar » conçu pour que, parmi les nombreux prisonniers de guerre allemands internés en France, il soit possible de former une nouvelle génération de prêtres pour une Allemagne alors démembrée.

Le 28 février 1948, Mgr Angelo Roncalli déclara devant sa dépouille : « Franz Stock mérite l’admiration glorieuse qu’on lui porte. Il est dit de lui avec raison que, sans aucune réserve et porté par l’esprit de sacrifice, il s’est totalement donné à Dieu et aux hommes. » Il ajouta :

“Le prêtre Franz Stock, ce n’est pas seulement un nom, c’est un programme “.

A la Mission, ses paroissiens étaient ses frères allemands, composés de membres de l’ambassade et de fidèles souvent acquis aux idées nazies. Et, comme en miroir, il y avait de nombreux exilés, des fugitifs qui avaient été contraints de quitter l’Allemagne pour des raisons politiques, morales, religieuses. Les camps se peuplaient de juifs et aussi de chrétiens résistants ou de communistes.

A tous il réservait un accueil plein d’humanité et de totale discrétion. On mesure la loi du silence qui est une règle d’or dans le monde de la foi. D’autant que la plupart de ces réfugiés à Paris appréhendaient le prêtre de manière soupçonneuse : il était obligé, par son ministère, d’être en contact avec des êtres et des institutions antagonistes. Réfléchissons : c’est la situation actuelle du clergé russe et ukrainien, qu’il soit dans la rodyna (patrie et famille en ukrainien) ou dans les nombreuses diasporas qui se multiplient en Europe et ailleurs. Qui fera confiance à qui ? Qui saura lire dans les âmes les tourments créés par les violences, les meurtres connus ou tus ? Le monde est dans un buzz 24/24 sur des arguties stratégiques. La vie des âmes, elle, touche au sens du combat et de la résistance spirituelle.

L’abbé Franz Stock est né le 21 septembre 1904 en Westphalie, à Neheim. Il vit le jour dans une famille d’ouvriers ; neuf frères et soeurs éduqués dans le respect de tous, une vie imprégnée de christianisme généreux.

Il sera ordonné prêtre le 12 mars 1932. Son parcours est pourtant particulier : après son baccalauréat (Abitur), il participe au sixième Congrès démocratique international pour la Paix à Bierville dans l’Essonne.

Ceci fut une année charnière, décisive pour le jeune homme épris de paix et d’un idéal charismatique fort. Le Congrès le mit en contact avec l’un des principaux acteurs du christianisme libéral français, Marc Sangnier. Journaliste et polytechnicien, il fonda la revue Le Sillon. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut arrêté par la Gestapo et incarcéré à Fresnes où il retrouva l’abbé Franz Stock.

Dans les années trente, leur rencontre souligne la voie pacifiste qui marqua le chemin du jeune ecclésiastique allemand. D’emblée, il privilégiait le dialogue la reconnaissance mutuelle. Il apprit le français qu’il maniait à la perfection. Il fut ainsi le premier allemand autorisé, depuis le Moyen-Âge, à s’inscrire comme étudiant à l’Université catholique de Paris

On sait moins que le Père Stock fit aussi un séjour en Pologne et qu’il tînt à apprendre un peu de polonais.

Sa vocation s’inscrivait dans un mouvement de paix international et d’un christianisme moderne.

En 1934, il devînt le recteur de la Mission catholique allemande à Paris où il resta jusqu’en août 1939 quand les autorités allemandes l’obligèrent à retourner en Allemagne. Pourtant, il revînt à Paris un an plus tard, inaugurant son ministère de visiteurs des prisons de la capitale (Fresnes, La Santé, Le Cherche-Midi).

De retour en France en octobre 1940, l’abbé Franz Stock découvrit un Paris où le drapeau à croix gammée flottait sur l’arc de triomphe. La Mission catholique allemande avait changé de visage : les fidèles « ordinaires » étaient alors remplacés par des militaires de tous rangs, des gestapistes et toute une faune indéterminée. A compter du 10 juin 1941, il est chargé d’accompagner les condamnés à mort et de les assister jusques dans leur supplice.

Il se donna totalement à cette tâche qui le laissait dans une solitude effroyable. Durant ces années qui s’achèveront en août 1944, il consigna dans son journal, écrit dans sa chambre de la Rue Lhomond dans le cinquième arrondissement de Paris, les actes de son service auprès de ceux qui s’apprêtaient à mourir. Des hommes et des femmes de toutes conditions et origines, des croyants, des chrétiens, des communistes, des athées, des résistants juifs ou apatrides, arméniens et autres.

Comment l’abbé Stock devînt-il aumônier en titre des prisons ? Les autorités allemandes d’occupation avaient arrêté de nombreux compatriotes opposants au nazisme. Ils s’étaient réfugiés en France et furent incarcérés au Cherche-Midi. En prison, ils demandèrent à ce que le prêtre leur rende visite en sa qualité d’aumônier allemand.

Par ailleurs, parmi les prisonniers capturés par les Allemands, il y avait aussi des Français qui avaient été en contact avec l’abbé Stock. L’ambassadeur du Reich, Otto Abetz, qui l’avait connu lors des réunions pacifistes d’avant-guerre et le prêtre Hofer, aumônier général des troupes allemandes l’incitèrent à visiter les prisons de manière régulière.

Le Père Hofer, Autrichien, était resté aumônier militaire allemand après l’Anschluss. Eduqué dans un collège français, il fut envoyé à Paris après un séjour au Vatican. Il aida à de nombreuses reprises le Père Stock avant d’être envoyé à Dantzig par représailles.

L’abbé Stock put aussi compter sur l’aide efficace de sa soeur, Franziska, qui résida à Paris pendant la plus grande partie de la guerre. Elle servait surtout de contact avec les femmes prisonnières. Elle lui permettait aussi de distribuer du chocolat aux condamnés, y compris à ceux qui étaient désignés comme « les trois croix » et étaient tenus au secret.

A la Mission allemande, le prêtre organisait des messes mais aussi des conférences, des visites de Paris avec des soldats, des officiers, des hommes et des femmes qui se confiaient à lui et exprimaient leurs frayeurs. Le temps passant, l’armée du Reich perdait de nombreux militaires. Les familles étaient défaites, les nouvelles étaient rares ou inquiétantes.

On reste alors stupéfait par les réseaux tissés dans ces couloirs de l’enfer. Outre les SS et la milice, il y avait, dans tous les camps, des êtres capables d’agir pour sauver des prisonniers ou d’avertir quand certains dangers se précisaient.

L’abbé Stock a assisté des centaines de condamnés lors de leur exécution au Mont Valérien. Il y a ceux qui furent tués dans les prisons, à la va-vite. Il était soudain appelé à l’aube. Une situation que l’on mesure difficilement en Europe occidentale au bout de soixante-dix années de paix réelle ou relative.

L’abbé Stock fut un témoin et, en ce sens, un « martyr » par son témoignage d’un enfer, celui des geôles nazies dans une capitale française alors traversée par toutes les ambiguïtés. On le vit souvent pleurer pendant les messes qu’il célébraient. Le 19 août 1944, il assista à la dernière exécution : un gamin français de 18 ans et un commerçant allemand.

En septembre 1944, Franz Stock devînt prisonnier volontaire, interné à Cherbourg dans un camp sous l’autorité américaine. Après la capitulation, le 25 août 1944, le prêtre considéra qu’il doit porter assistance spirituelle aux prisonniers allemands. A Cherbourg, il y avait aussi des soldats de toutes les nationalités européennes qui avaient été happés par la folie du Reich. Des Alsaciens, des Flamands, des Néerlandais ou des Slaves anti-communistes…

Franz Stock arriva à Paris où il eut des contact chaleureux avec les autorités catholiques et le 12 novembre 1944, il inaugurait, à Chartres la tente-chapelle, en présence de nombreux internés. Il pouvait lancer le « Séminaire des Barbelés » que Mgr Roncalli, alors nonce apostolique, visita plusieurs fois.

L’abbé Franz Stock apprit peu à peu les horreurs perpétrées par les nazis et les troupes allemandes à travers l’Europe. Muré dans le silence de son ministère il n’avait pu mesurer les horreurs d’un conflit mondial qui avait tétanisé l’Europe. Il découvrait – comme nous continuons d’en prendre conscience petit-à-petit et de manières contrastées – le caractère bestial et meurtrier qui enferra les nations dans un aveuglement guerrier et assassin.

On ne peut douter que ceci l’a profondément affecté. Le Séminaire des Barbelés/Stacheldrahtseminar [curieusement « S.S. » en allemand] était situé dans le camp 501 au Coudray ou « église Saint-Jean-Baptiste de Rechèvres, à Chartres. Ce séminaire a eu pour vocation de former, au sein des prisonniers allemands, une génération capable de porter le message évangélique avec droiture et véracité. Une tâche dont il est difficile de mesurer le coût, au plan intellectuel, humain, théologique-même. Car la bête immonde du Troisième Reich a dû céder la place à une véritable « Entnazifierung/dénazification ».

Cette dénazification n’a pas existé dans les pays de l’Europe centrale et orientale. C’est important car à la fin de la guerre, le rideau de fer permirent à de nouveaux “soldats” de devenir des passe-murailles et de valser sans contrôle entre le nazisme, le communisme, la foi en Dieu et un athéisme opportuniste. Il n’y eut aucun tribunal des horreurs de la deuxième guerre dans les zones aux frontières mouvantes de la Hongrie à une Union soviétique qui s’empara de vastes territoires frontaliers (Moldavie, Subcarpathie, Biélorussie, Ukraine etc.).

Ce ne fut pas évident. L’Allemagne avait aussi ses héros de la résistance. Il y eut ceux qui ne retourneraient jamais en terre germanique. En Autriche, mais aussi en République démocratique allemande, la dénazification n’avait pas eu lieu. Kurt Lewyn, le fils du Grand-Rabbin de Lvov-Lemberg, sauvé pendant la Shoah par le Métropolite André Sheptytskyi, en fit le récit lorsqu’il expliqua les interventions hors-normes en faveur des Juifs et des autres habitants de l’Ukraine aux moines ukrainiens qu’il rencontra à Innsbrück en 1945. Ils lui firent un accueil peu “dénazifié” comme il le décrivit dans ses mémoires (K. Lewyn, A Journey Through Illusion).

Pendant ce temps, le 18 octobre 1945, l’abbé Franz Stock inaugurait l’année de formation théologique au séminaire des Barbelés par une conférence sur « La renaissance catholique dans la littérature française : Péguy, Verlaine, Huysmans, Claudel. »

Mgr Roncalli, nonce apostolique, rendit visite au Séminaire des Barbelés à Noël 1946, soulignant que « le Séminaire de Chartres fait honneur aussi bien à la France qu´à l´Allemagne, et qu´il est bien apte à devenir un symbole de l´entente et de la réconciliation ».

Le séminaire fut dissout deux ans plus tard, le 5 juin 1947. Il avait acquis une réputation internationale plutôt méconnue dans la Beauce. Le prêtre pouvait écrire : « 949 étudiants en théologie avaient pu reprendre leurs études interrompues par la guerre, certes en captivité, mais dans un contexte qui leur permit de retrouver leur équilibre personnel ».

Epuisé, l’abbé Franz Stock mourut à l’hôpital Cochin le 24 février 1948. Il fut porté en terre au cimetière de Thiais… seule une dizaine de personnes s’étaient déplacées. Les « Amis de Franz Stock » (association fondée pour sa mémoire et son oeuvre) soulignent l’aspect pitoyable de cet ensevelissement trop discret et solitaire.

Il ne fut pas le seul à être accompagné en terre dans une telle solitude, un tel abandon. A New-York, Raphaël Lemkin mourut à 59 ans, le 28 août 1959. Il fut accompagné par quelques rares amis à sa dernière demeure. Il avait passé sa vie à définir la notion de « crimes contre l’humanité », participant de manière significative au procès de Nuremberg. Non accepté par les juges des Forces alliées, le mot “génocide” qu’il a crée lui a totalement échappé tant au point de vue moral que juridique. Actuellement, il perd de son sens au fil des massacres en masse qui égrènent les destinées de trop nombreuses nations.

Trop de dangers menacent les sociétés européennes. Il y a les réfugiés, les migrants, les personnes échouées dans des camps pour avoir vogué contre la mort sur la Méditerranée. Il y a la guerre vécue par plusieurs générations d’Israéliens, d’Arabes. Il y a l’émiettement du Croissant Fertile, l’antisémitisme et les peurs générées par le Djihad. Il y a ces frontières et pourtant…! Trop souvent, les traditions chrétiennes du Moyen-Orient répondent par des lapalissades éculées sur le grand malheur de la désertification, la “fuite” des fidèles” vers des pays plus paisibles, plus riches, prospères. Il s’agit d’une fuite et non d’une résistance. Les Chefs des Eglises se lamentent : “Nous avons tout essayé pour les maintenir dans le pays”… La foi ne s’achète pas, ne se monnaye pas et la vie au pays dépend de valeurs où l’âme trouve beauté et richesse à vivre dans des paysages naturels et culturels.

Le pardon reste le feu ardent de la conscience humaine. Il touche à l’immatériel. Il est au-delà de toute appréhension et nul ne peut en dessiner et saisir les contours. Il est au coeur de la vocation juive. Il est perceptible dans les sacrements du christianisme. Il faut alors des intermédiaires pour frayer, au prix de leurs vies, la voie d’une réconciliation authentique. Et le pardon, la réconciliation ne peut se pavaner de paroles pieuses répétées à la décennie.

Au fond, le drame reste que le pardon n’est pas seulement une question de retournement, de demi-tour vers autrui. Personne, depuis la fin de la Catastrophe de 1939/41-1945, n’a convoqué une vraie assemblée qui ait imploré le pardon avec force et vérité crédible. A l’exception de Jean-Paul II – aujourd’hui canonisé et contesté – aucun responsable d’Eglise n’a fait le geste émouvant de Willy Brandt à Varsovie, le Le 7 décembre 1970. De fait, il avait quitté l’Allemagne pour résister à partir de la Norvège…

En ce qui concerne la France, le Président Emmanuel Macron évoqua la personnalité de l’abbé Franz Stock le 4 janvier 2018 en recevant les représentants des Cultes :

« Et cette année 1948, ce fut aussi celle de la mort du père Franz STOCK qui fit tant pour le rapprochement entre Français et Allemands, comme celle de l’élection du patriarche de Constantinople, Athénagoras, initiateur d’un processus de réconciliation entre catholiques et orthodoxes.

Tous les échos de 2018 seront ceux de la réconciliation et ils nous conduiront à éclairer le travail qui sera le nôtre, indispensable durant l’année qui vient. »

En 2022 / 5783, cet appel demeure et se manifeste cahin-caha dans la résistance à l’invasion agressive de l’Ukraine par les Forces de la Fédération de Russie. La guerre sournoise se dévoile dans son horreur banale de violences physiques directes. Le 21-ème siècle ajoute une touche d’ignominie cybernétique, de confusion des langages et de sens. Une parcelle de l’Europe, en Occident, échappe apparemment à l’effondrement et reste un espace de richesses et de convoitise. Ailleurs, les haines resurgissent comme par la mémoire venue des profondeurs irrationnelles et des frontières invariantes.

En juillet 1962, Mgr Roncalli, Nonce Apostolique en France et futur Pape Jean XXIII déclara devant un groupe international de pèlerins : « …le prêtre Franz Stock – Nous le disions le jour de son inhumation lors de l’absoute après la messe de Requiem – ce n’est pas seulement un nom, c’est un programme. Aujourd’hui, après 14 années, nous voudrions répéter ces mêmes mots. »

A la veille de Yom Kippour 5783, alors que les Eglises orientales ont passé le cap d’une nouvelle année de cycle liturgique, il est faut rappeler la personnalité de l’abbée de l’enfer. Son programme reste aujourd’hui, face à une guerre que chacun prétend “insensée”, une urgence spirituelle et humaine. J’en suis le témoin auprès des Ukrainiens, des Juifs d’origine de ces “kordony/(rus.) кордрны-(ukr.) корoдни” (frontières).

A la clôture de Kippour, la supplique se fait instante : “Ouvre les portes ! De la joie, de la vie, de l’étude, de la compréhension, du retournement…”.

Paul de Tarse et les apôtres suppliaient : “A toutes les nations du monde, le Seigneur a ouvert les portes de la foi ! » (Ac 14,27).

à propos de l'auteur
Abba (père) Alexander est en charge des fidèles chrétiens orthodoxes de langues hébraïque, slaves au patriarcat de Jérusalem, talmudiste et étudie l'évolution de la société israélienne. Il consacre sa vie au dialogue entre Judaisme et Christianisme.
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