La politique des mollahs : l’illustration parfaite de ce qu’il ne faut pas faire…

Il y a quelque chose de pathétique dans l’attitude des Mollahs à l’égard de l’hyperpuissance Us et du reste du monde. Quelque chose qui ne tient pas au monde réel mais à l’imaginaire religieux qui considère que le miracle fait partie des relations internationales et qu’il suffit d’être du bon côté, celui de Dieu, pour finir par triompher de ses ennemis. C’est enfantin pour un cartésien mais pas pour tout le monde.

Pour vous donner un exemple concret et qu’on a eu à connaître il y a peu d’années lors de la confrontation d’Israël avec le Hezbollah libanais : tout surpris d’être encore en vie après cette implacable confrontation avec Tsahal, les chefs de cette milice chiite ont prétendu que des anges du ciel les ont aidé à se battre et, selon eux, à sortir victorieux ou indemnes de la bataille… Il faut le faire ! Mobiliser les milices célestes pour triompher de ses ennemis implique que Dieu soit de votre côté. En fait, ils étaient tout étonnés de s’en être sortis.

On se retrouve presque dans le même cas de figure avec l’Iran des Mollahs : alors que l’état de leur armée est déplorable, alors que leurs avions de combat n’ont pas été renouvelés, que leurs troupes terrestres sont pléthoriques mais peu entraînées, ils toisent leurs ennemis dont l’armada campe à leurs frontières, terrestre, maritime et aérienne.

Encore un exemple de cette joyeuse inconscience, livré par le ministre iranien du renseignement en personne, un homme censé être le mieux informé du pays ! Et que dit ce brave homme ? Que son pays est ouvert à des négociations à condition que les USA cessent leurs sanctions contre le régime, qu’ils évacuent militairement la zone et aussi à condition que le Guide suprême donne son accord !

On croit rêver… Alors que le pays est au bord de l’asphyxie, qu’il ne parvient plus à exporter son pétrole, que sa monnaie nationale, le rial, a perdu près de 60% de sa valeur et que son effondrement prochain est presque programmé, il toise les USA de sa taille de nain, sans se douter qu’il a affaire à un géant.

Un mot sur les forces en présence : un immense porte-avions avec plus de 400 avions de chasse et près d’un millier de pilotes aguerris, et de bombardiers, toute une escadrille d’avions furtifs indétectables, des destroyers, des bateaux escorteurs, avec des milliers de marines embarqués. Et je ne parle pas des moyens technologiques d’écoute et d’intrusion dans le système électronique par  la CIA, laquelle est parfaitement informée de tout ce qui se passe sur place…

Le pays des Ayatollahs exporte des pistaches, des tapis persans et du pétrole, en temps normal. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Alors qu’il écoulait 4 millions de barils par jour, il ne réussit plus à en écouler que 400. 000. Soit, si je ne me trompe, huit fois moins. En gros, c’est un combat asymétrique : une armée super moderne super fortifiée, l’armée la mieux équipée du monde face à des effectifs pléthoriques mais mal équipés. Avec un armement presque obsolète.

Su le plan diplomatique aussi, le déséquilibre est criant. Les Iraniens qui ont toujours peur de perdre la face font sottement monter les enchères, criant sur les toits qu’ils sortent de l’accord sur le nucléaire. Ils ont cru pouvoir ainsi retourner la situation en leur faveur. Et c’est le contraire qui se produit, tout le monde fait front contre eux. En fait, ils cherchent pathétiquement à rompre ce douloureux et dangereux tête à tête avec les USA. AU lieu de baisser le ton et de regarder la situation en face, ils se livrent à une danse désordonnée et peu convaincante.

Une remarque sur l’attitude européenne en général, et française, en particulier.  L’Europe a brillé par sa naïveté dans toute cette affaire, n’écoutant ni les régimes arabes modérés, ni Israël ni les USA de Donald Trump.

Je salue personnellement le départ bienvenu de la représentante européenne de la diplomatie, laquelle se pliait à la quasi totalité des demandes iraniennes. Mais la France, en la personne de son président, a cherché à jouer un rôle que ni ses moyens ni son importance sur l’arène internationale ne lui permettent.

Un excellent journaliste de la presse internationale, Christian Malard, a eu la cruauté de traiter E. Macron de petit télégraphiste, allusion à François Mitterrand qui avait parlé du petit télégraphiste de Varsovie en pensant au président français de l’époque… Je me souviens d’une phrase assassine du secrétaire d’Etat US, Henry Kissinger à propos de ce pays : Le France est une grande puissance de taille moyenne !!! En une phrase, le célèbre diplomate ramenait les ambitions du pays à leurs vraies dimensions.

Pourquoi donc cet aveuglement de la France sur sa vraie puissance et sur ses vrais moyens ? Je comprends qu’on ne veuille pas faire une diplomatie qui serait à la remarque des USA. Mais les faits sont les faits et la realpolitik nous ouvre les yeux : sans les satellites US l’armée française au Sahel n’aurait pas pu neutraliser les terroristes embusqués là-bas… Ce sont les systèmes d’écoute US qui ont permis aux commandos britanniques d’intercepter le tanker violant l’embargo sur la Syrie… On pourrait multiplier les exemples.

Le monde ne peut pas accepter un Iran nucléarisé. Si cela se produisait, tous les états de la région voudraient à leur tour se doter de l’arme atomique. Si les Occidentaux découvrent enfin où est leur intérêt bien compris ils suivront les USA et pèseront sur le régime des Mollahs.

Les Iraniens, en tant que tels, sont une grande nation ; il est temps pour eux de rejoindre le giron des nations civilisées, vivant en paix avec tous leurs voisins au lieu de financer des mouvements terroristes implantés sur toute la planète.

Le monde a besoin de paix.

 

à propos de l'auteur
Né en 1951 à Agadir, père d'une jeune fille, le professeur Hayoun est spécialiste de la philosophie médiévale juive et judéo-arabe et du renouveau de la philosophique judéo-allemande depuis Moses Mendelssohn à Gershom Scholem, Martin Buber et Franz Rosenzweig. Ses tout derniers livres portent sur ses trois auteurs.
Comments