La paix au Moyen-Orient

Un troisième pays a décidé cette semaine de monter à bord du train de la paix, après les Emirats arabes unis et le Bahreïn.

Cet accord intervient donc après les accords avec le Bahreïn et les Émirats arabes unis, signés avec Israël le mois dernier sur les pelouses de la Maison Blanche. Cela fera du Soudan le cinquième pays arabe à reconnaître l’existence d’Israël, après l’Égypte en 1979, la Jordanie en 1994, et le mois dernier le Bahreïn et les Émirats arabes unis.

En 2016, le Secrétaire d’Etat John Kerry qui avait mené des négociations de paix en 2014 entre Israéliens et Palestiniens soldées par un échec en avril 2014, disait qu’ « Il n’y aura pas de paix séparée entre Israël et le monde arabe« .

J’ai entendu plusieurs politiciens de premier plan en Israël dire: «Eh bien, le monde arabe est maintenant dans un endroit différent. Nous pouvons travailler certaines choses avec le monde arabe et nous nous occuperons des Palestiniens. « Non, non et non. » (Secrétaire d’État John Kerry, 2016).

Il y a eu également le plan Kerry préparé en janvier 2017, après l’adoption de la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU le 23 décembre 2016. Un plan qui avait été présenté à la rencontre des 70 nations convoquée et présidée par le Président François Hollande le 15 janvier 2017 à Paris, 5 jours avant la prise de fonctions du Président Trump à la tête des Etats-unis. Une rencontre qui n’avait pas pu faire avancer la cause de la paix comme bien d’autres avant elle.

« Quel est l’intérêt d’insister sur le fait qu’il n’existe qu’une voie, celle du boycott et de la distance ? »

« Il faut sortir des sentiers battus à la recherche de la paix« , a déclaré la semaine dernière le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Yousef bin Ahmad Al-Othaimeen, lors d’une interview auprès de la chaîne Sky News Arabia, basée à Abou Dhabi.

« Je ne pense pas qu’une personne raisonnable – qu’elle soit palestinienne, arabe ou musulmane – refuserait toute initiative visant à traiter la cause (palestinienne) de quelque manière que ce soit« , a-t-il affirmé, tandis que les Palestiniens ont condamné les accords de normalisation conclus entre Israël et deux Etats du Golfe, ainsi qu’avec le Soudan. (Source i24news en français).

Pour rappel, les articles 19 et 20 des textes fondateurs de l’OLP (Organisation pour la Libération de la Palestine) stipulent que :

– Article 19 : Le partage de la Palestine en 1947 et l’établissement de l’État d’Israël sont entièrement illégaux, quel que soit le temps écoulé depuis lors, parce qu’ils sont contraires à la volonté du peuple palestinien et à son droit naturel sur sa patrie et en contradiction avec les principes contenus dans la charte des Nations unies, particulièrement en ce qui concerne le droit à l’autodétermination.

– Article 20 : La déclaration Balfour, le mandat sur la Palestine et tout ce qui en découle sont nuls et non avenus. Les prétentions fondées sur les liens historiques et religieux des Juifs avec la Palestine sont incompatibles avec les faits historiques et avec une juste conception des éléments constitutifs d’un État.

Le judaïsme, étant une religion, ne saurait constituer une nationalité indépendante. De même, les Juifs ne forment pas une nation unique dotée d’une identité propre, mais ils sont citoyens des États auxquels ils appartiennent.

Plusieurs autres articles décrivent le mode opératoire et les moyens d’action que les arabes palestiniens avaient retenus lors de la création de l’OLP:

– Article 21 : S’exprimant par révolution armée palestinienne, le peuple arabe palestinien rejette toute solution de remplacement à la libération intégrale de la Palestine et toute proposition visant à la liquidation du problème palestinien ou à son internationalisation.

– Article 9 : La lutte armée est la seule voie menant à la libération de la Palestine. Il s’agit donc d’une stratégie d’ensemble et non d’une simple phase tactique. Le peuple arabe palestinien affirme sa détermination absolue et sa ferme résolution de poursuivre la lutte armée et de préparer une révolution populaire afin de libérer son pays et d’y revenir. Il affirme également son droit à avoir une vie normale en Palestine, ainsi que son droit à l’autodétermination et à la souveraineté sur ce pays.

– Article 10 : L’action des commandos constitue le centre de la guerre de libération populaire palestinienne, ce qui exige d’en élever le degré, d’en élargir l’action et de mobiliser tout le potentiel palestinien en hommes et en connaissances, en l’organisant et en l’entraînant dans la révolution palestinienne armée. Cela suppose aussi la réalisation de l’unité en vue de la lutte nationale parmi les divers groupements du peuple palestinien, ainsi qu’entre le peuple palestinien et les masses arabes afin d’assurer la continuation de la révolution, son progrès et sa victoire. (Source : OLP).

La lecture de tous les événements survenus jusqu’ici (attentats, intifada …), et l’actualité montrent clairement que ce programme décrit dans ces statuts a toujours été suivi et appliqué par les Palestiniens même si parfois leurs autorités se sont souvent présentées comme étant modérées.

La recherche d’une paix durable entre Palestiniens et Israéliens doit d’abord passer par une modification en profondeur des pensées, des objectifs et des textes des différentes organisations qui composent ce peuple, organisations dont la quasi-totalité ne reconnait pas l’Etat d’Israël. Ils doivent abandonner le terrorisme dont ils ont fait le moyen principal par lequel ils comptent s’approprier la terre de la Palestine.

Les Palestiniens dénonçaient encore la semaine dernière la déclaration Balfour, qualifiant « Le mandat britannique est à la racine de la souffrance du peuple palestinien », a affirmé Mounib al-Masri, à la tête de l’Assemblée nationale des travailleurs indépendants lors d’une conférence de presse à Ramallah.

Selon les autorités palestiniennes, la déclaration Balfour de 1917 constitue un crime historique de la Grande-Bretagne à l’égard de la Palestine, alors que jusqu’à la date de création de l’OLP en 1964, ce peuple palestinien n’existait pas. Le seul peuple palestinien qui existait avant la création de l’Etat d’Israël en 1948 était representé par le drapeau israélien ainsi que l’atteste le dictionnaire « le petit robert » de 1939 qui présente le drapeau israélien ainsi que celui de tous les états du monde existants à cette époque.

Ils dénoncent encore aujourd’hui comme ils l’ont toujours fait, la déclaration Balfour datant de 1917 qui autorisait la création d’un foyer juif sur les terres de leurs ancêtres alors sous mandant britannique, comme ils dénonçaient hier la résolution 181 de l’ONU portant création d’un Etat Juif.

Ils donnent la preuve, s’il y en était besoin que ceux qui parlent d’occupation de territoires ou de colonisation se trompent de sujet et d’époque.

En effet, ceux qui parlent d’occupation de territoires ou de colonisation, ne font qu’apporter de l’eau au moulin des Palestiniens – toutes tendances confondues – pour qui l’Etat d’Israël dans sa totalité est sur leur territoire, c’est-à-dire celui de la Palestine antique. C’est la raison pour laquelle les dirigeants palestiniens ont toujours refusé toutes les propositions israéliennes faites lors des négociations menées jusqu’ici sous la conduite de la diplomatie américaine et de la communauté internationale.

Ces déclarations qui prouvent la volonté manifeste des palestiniens de refuser de façon continue au peuple Juif son droit d’avoir un Etat.

Il est par ailleurs important de rappeler que la Jordanie créée en 1946, l’a été sous le mandat britannique, sur une partie de ce que l’on appelait la Palestine antique. Une création qui n’est pas contestée par les palestiniens.

Il faut également rappeler que la Charte Nationale de l’OLP (Organisation pour la Libération de la Palestine) a été rédigée en juin 1964, elle a été reconnue puis officialisée lors de la conférence de la Ligue arabe d’Alexandrie en septembre 1964.

Cette position palestinienne va être renforcée en 1967 à Khartoum. Après la guerre des Six-Jours en 1967 et la conquête de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza par Israël, la majeure partie des dirigeants arabes s’étaient réunis au Soudan pour adopter la résolution de Khartoum, connue pour ses «trois non» : non à la paix avec Israël, non à la reconnaissance d’Israël, non aux négociations avec Israël.

Mais aujourd’hui, nous assistons à un tournant historique, Khartoum dit : oui à la paix avec Israël, oui à la reconnaissance d’Israël et oui à la normalisation avec Israël. La normalisation des relations entre ces deux pays a donc une symbolique particulière au Moyen-Orient.
C’est une nouvelle ère, une ère de paix qui s’étend entre Israël et les pays arabes.

Il s’agit donc d’un tournant majeur dans l’histoire d’Israël et dans l’histoire du Moyen-Orient.

C’est un nouveau Moyen-Orient qui se construit, un Moyen Orient dans lequel Israël n’est plus un problème mais représente une opportunité et un allié économique, technologique et même culturel pour les pays de la région.

Toutes nos félicitations pour cet aboutissement qui est le fruit des efforts de femmes et d’hommes épris de paix, soucieux de voir une région vivre dans la paix, et tourner les pages d’un passé émaillé de conflits, afin d’écrire les pages d’un avenir meilleur, prospère et plein d’espoir.

Bon courage et bonne réussite dans ce voyage vers un avenir meilleur.

à propos de l'auteur
Diplômé de l'Ecole Supérieur de gestion de Paris et du CNAM de Paris Master en Audit et Contrôle de Gestion. Paul est aussi diplômé d'un Master en Sciences de Gestion, mention Prospective stratégique, Organisation et Management. Il a étudié l'économie de Développement à l'institut international de la Istadrut à Kfar Sava en Israël.
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