La lumière que la haine n’a pas réussi à éteindre

Cette année encore, alors que les flammèches des bougies de Hanoukka auraient dû symboliser la joie et la lumière, certaines de ces lumières ont été éteintes bien trop tôt par la haine et l’extrémisme.
Durant les festivités, le monde a été horrifié par une attaque terroriste antisémite contre une célébration sur la plage de Bondi, à Sydney, en Australie, où 15 personnes ont été tuées et plusieurs dizaines blessées dans une fusillade ciblée sur des participants d’une cérémonie de Hanoukka. Ce massacre a été qualifié d’acte terroriste et d’antisémitisme par les autorités australiennes, et il a déclenché une vague de deuil, de colère, mais aussi d’unité dans le pays et au-delà.
Ce drame n’est pas un incident isolé. Dans plusieurs pays, y compris en Europe et en Amérique du Nord, des célébrations publiques ont dû faire face à des menaces, à des actes de vandalisme ou à une sécurité renforcée. À New York, par exemple, une grande menorah de quartier a été vandalisée juste avant sa cérémonie, obligeant la communauté à se rassembler encore plus fermement autour de sa tradition et à allumer la lumière malgré tout.
Les événements douloureux se déroulent dans un contexte plus large où l’antisémitisme, loin de reculer, a connu ces dernières années une tendance globalement à la hausse.
En Europe, des organisations de suivi ont noté une « hausse spectaculaire » des actes antisémites, y compris des agressions, des insultes et des dégradations, dans plusieurs pays.
En France, par exemple, plus de 1 500 actes antisémites ont été enregistrés en 2024, un niveau nettement supérieur aux années précédant 2023 et qui illustre une intensification durable de la haine antijuive, même si certains chiffres peuvent fluctuer.
Ces données ne racontent pas seulement des chiffres, elles racontent des vies et des peurs. Elles montrent que pour beaucoup de familles juives, sortir en communauté ou illuminer une menorah en public n’est plus un acte banal mais un acte de courage. Cela rend d’autant plus profond le sens de cette fête de la lumière. Chaque flamme allumée devient une affirmation de présence, de foi, de persévérance face à ceux qui voudraient voir cette lumière s’éteindre.
Et pourtant, parmi la douleur, il y a aussi une réponse qui réchauffe l’âme. Partout où la haine tente de s’immiscer, des gestes d’humanité et de solidarité émergent. À Sydney et ailleurs, des vigiles intercommunautaires, des rassemblements de soutien et des initiatives citoyennes ont accompagné les cérémonies de deuil et les célébrations de Hanoukka, montrant que la lumière ne brille vraiment que lorsqu’elle est partagée.
Dans des villes comme Fresno ou d’autres communautés universitaires, des événements ont été organisés malgré les actes de vandalisme et de violence, rassemblant des Juifs et des non-Juifs autour de valeurs communes de paix et de fraternité.
Ce que ces moments nous enseignent, c’est que l’antisémitisme n’est pas qu’un problème des Juifs ; c’est un symptôme d’une crise morale qui affecte toutes les sociétés. Là où il avance, c’est la démocratie elle-même qui recule. Là où il est combattu, c’est l’amour de l’autre, la dignité humaine et le respect mutuel qui gagnent du terrain.
Hanoukka n’efface pas la haine du monde, mais elle porte une leçon essentielle : la lumière ne triomphe pas parce qu’elle est plus forte que l’obscurité, mais parce qu’elle est allumée ensemble, encore et encore. La lumière que nous apportons aujourd’hui n’est pas seulement celle de bougies sur une menorah, mais celle de nos cœurs unis contre la peur, contre la division et contre toute forme de haine.
Et cette lumière, malgré les menaces, malgré les pleurs, continue de brûler.
Joyeux Hanoukkha !
