La Judería de Cordoba : une histoire, une mémoire

La Judería de Cordoba aujourd'hui - Istock
La Judería de Cordoba aujourd'hui - Istock

Situé au cœur de Cordoue, un célèbre quartier juif est, depuis 1994, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Nous sommes au beau milieu de la Judería de Cordoba, (comprenez, le quartier juif de Cordoue) un des quartiers millénaires de la ville andalouse. Le schéma islamique typique se fait tout de suite remarquer, grâce à deux venelles centrales croisées menant à un labyrinthe de ruelles qui finissent en impasses.

La porte d’Almodovarn quant à elle, nous mène à la Mosquée – Cathédrale et à l’actuel siège épiscopal. Et pourtant, nous sommes bel et bien au cœur d’une juiverie espagnole d’une autre ère.

Après avoir emprunté la rue Rey Heredia, les rues Albucasis, Juda Levi et Maimónides nous voilà émerveillés par les gravures israélites andalouses datant du Moyen-âge.

Aussi, ce quartier se distingue-t-il du reste de la ville par un rempart qui isolait, jadis, les citoyens juifs du reste des habitants de Cordoue. Une discrimination nommée « zone de résidence ». Selon les versions étatiques, cette pratique servait à protéger les juifs de « la colère des Chrétiens ». Nous savons également que cette version, bien que politiquement correcte, n’est pas réelle.

Nonobstant, tous les Juifs de Cordoue ne vivaient pas ici. Dès 1260, certains d’entre eux se sont installés dans les zones adjacentes et, plus tard, dans des lieux commerciaux du quartier de San Salvador, dans ce qui sert aujourd’hui d’Hôtel de Ville, à quelques pas de la paroisse de San Nicolás de la Axerquía.

Selon les récits historiques, en 1478, le maire Francisco Valdés a déplacé les membres de la communauté juive de Cordoue dans le quartier de l’Alcazar Viejo. Cependant, celle-ci se plaignit auprès du roi et réussit à revenir à son ancien emplacement, un an plus tard.

Près de la porte d’Osario, se dresse l’église de San Miguel, à l’intérieur de laquelle nous trouvons une inscription en hébreu, placée dans l’abside centrale, celle du presbytère, du côté de l’Évangile et gravée sur une pierre funéraire provenant d’un cimetière juif. Ce dernier a été réutilisé dans la construction du temple.

Au gré du temps, le peuple séfarade a vécu dans d’autres quartiers de la ville avant de migrer vers d’autres parties de la planète.

 

à propos de l'auteur
Journaliste avec préméditation, auteure en devenir et poétesse du dimanche, Houda voue un amour sans pareil au patrimoine judéo-andalou, un de ses sujets de prédilection. Lors de ses quelques voyages en Espagne (à Cadix, Jaén, et Huelva en Andalousie, mais aussi à Vilajoyosa, une commune d'Alicante en Communauté Valencienne) elle a pu visiter quelques juderías et découvrir les écrits du grand et majestueux Maïmonide sur son long séjour dans le beau Sud ibérique.
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