La Guinée Conakry, un leader en puissance

La Guinée Conakry est un pays méconnu mais qui mérite le détour. Ayant voyagé dans ce pays à de nombreuses reprises, je suis étonné du peu d’intérêt que le monde occidental a pour cette République qui est pourtant un pays clé dans la région.

Lors de mon dernier voyage, j’ai eu la chance d’avoir de longues conversations avec un homme politique du pays, le député Elhadj Bouna Keita. Ce dernier est un exemple pour la Guinée car non seulement il se bat pour que l’économie de son pays progresse mais travaille aussi avec toutes les forces du pays ainsi qu’avec les investisseurs étrangers pour une Guinée unie. Comme avec tous les sages d’Afrique, il m’a fallu du temps pour comprendre que Bouna Keita était un acteur important de la politique guinéenne. Il ne me parlait pas de politique politicienne mais seulement de la beauté de son pays.

Elhadj Bouna Keita. Photo privée. Crédit: Eric Gozlan

La Guinée a pris son indépendance de la France le 2 octobre 1958, ce qui en fait le premier pays de l’Afrique française subsaharienne à le faire.
Cette indépendance a été obtenue en grande partie à la suite une longue lutte dont l’avant-garde comptait de nombreuses femmes.

La place de la femme en Guinée

La femme guinéenne s’est, depuis l’indépendance du pays, toujours battue pour une égalité avec les hommes. Ainsi la Guinée est le seul pays d’Afrique qui compte 11 femmes ministres, 20 députées (sur 114), 3 Présidentes de Commission à l’Assemblée nationale (défense et sécurité, santé et jeunesse, mines) ; 4 Vice-Présidentes de Commission (commerce, affaires sociales, affaires étrangères, affaires économiques).

Depuis, 2019, la monogamie devient la règle en Guinée, sauf « accord explicite. » Selon cette loi, tout homme qui souhaite être polygame doit avoir l’accord de sa première épouse au moment du mariage avec cette dernière. Une première en Afrique.

Un des seuls pays d’Afrique où la pauvreté diminue

Selon le rapport d’une enquête publiée récemment par l’Institut National de la Statistique (INS), le taux de pauvreté a chuté dans les ménages de 55,2% à 43,7% entre 2012 et 2019. Cette réduction de la pauvreté s’explique notamment, selon l’INS, par les performances économiques obtenues dans le pays par les Autorités.

Une économie en plein essor avec beaucoup de ressources

La Guinée est souvent appelée le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest. Elle est entourée de la Guinée-Bissau, du Sénégal, du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Libéria de la Sierra Leone et de l’océan Atlantique.

Regorgeant de ressources minières, la Guinée est le premier exportateur mondial de bauxite, qui sert à fabriquer l’aluminium, et est un important producteur d’or, de diamants, de fer et de nickel.

Les Institutions financières internationales nous apprennent que la Guinée a une économie qui ne fait que progresser.

Ainsi, selon le FMI, on observe ces dernières années une forte croissance de l’activité économique avec un taux estimé à 12,7 %. Cette évolution s’explique par le dynamisme soutenu par la mise en œuvre du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) et un renforcement des investissements dans le secteur minier, énergétique et agricole. La Banque Centrale a maintenu une politique d’assouplissement des conditions monétaires dans le but de soutenir la croissance économique.

Le ministère des Finances de la République Française écrit : « Dans le cadre du programme économique et financier avec le FMI, les autorités font des efforts en matière de consolidation budgétaire. Ces dernières années, les autorités sont parvenues à une relative stabilisation du taux de change du Franc Guinéen GNF vis-à-vis du dollar USD. »

Pour la Banque Africaine de Développement, « L’économie guinéenne a fait preuve de résilience face à la pandémie mondiale. Le PIB réel a augmenté de 5,2 %, soit à peine moins que les 5,6 % de 2019 et surtout bien au-dessus du taux de 1,4 % prévu au début de la pandémie. Cette performance remarquable est liée à la forte augmentation de l’activité minière de 18,4 % en 2020, contre 8 % en 2019 grâce à la hausse de la demande chinoise en bauxite et en aluminium, dont la Guinée est depuis 2017, le principal fournisseur ayant remplacé l’Australie. La croissance à moyen terme devrait atteindre 5,6 % en 2021 et 5,1 % en 2022 »

La Guinée, futur leader de l’Afrique ?
« Notre ambition est de devenir la deuxième puissance économique de l’Afrique de l’Ouest, après le Nigeria. Nous sommes décidés à le faire. » « Il faut que la Guinée soit autosuffisante en produits alimentaires pour devenir ensuite exportatrice. Nous allons développer des chaînes de valeur de produits agricoles, maraîchers et dans l’agro-industrie, tout en gardant un regard sur les mines et les infrastructures routières », a déclaré il y a peu le Président de la Guinée Alpha Condé.

La Guinée, vers une paix sociale

« Les Guinéens devront œuvrer collectivement pour surmonter les rancœurs et consolider le tissu social afin de construire la Guinée dont tout le monde rêve et la porter vers les hautes cimes de la prospérité », a indiqué le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana.
« J’ai déjà engagé la réflexion et des consultations sur un canevas devant assurer l’opérationnalisation de cette plateforme destinée à organiser la concertation entre les Guinéens sur les questions d’intérêt national. Nous comptons mener le processus de dialogue politique et social avec tous les acteurs de la vie nationale’’ a ajouté le Premier ministre.

à propos de l'auteur
Eric Gozlan est co-directeur de l'International Council for Diplomacy and Dialogue . il est Conseiller diplomatique de plusieurs gouvernements Il étudie l’économie et est reçu au troisième concours de l'École Nationale de la Magistrature Éric a toujours été intéressé par le social et les relations intrernationales. Il a été nommé il y a peu par le roi des Roms ambassadeur de sa cause pour la France et a reçu la médaille de la paix en Roumanie et celle de la Belgique Il a participé à deux nombreux colloques sur la paix en Corée, Russie, Etats-Unis, Bahreïn, Belgique, Angleterre, Italie, Roumanie… Eric Gozlan écrit dans plusieurs revues dont le Nouvel Observateur en France, Times of Israël en Israël et a publié dernièrement, suite à une demande du Vatican, une étude sur l’apostasie dans le Judaïsme
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