La culture d’arganier : du Maroc au désert de la Arava

Des coques d’argan. (Crédit : luisapuccini, iStock by Getty Images)
Des coques d’argan. (Crédit : luisapuccini, iStock by Getty Images)

S’il est communément admis que les cultures d’arganiers proviennent du Maroc ou de l’Algérie; quoique des pays comme l’Estonie, la Russie, ou même la France en cultivent également, il s’avère que cela fait plus de 35 années que l’idée de faire des recherches sur cette culture spécifique a germé en plein Sud de la Arava…

A l’heure actuelle les cultures d’arganiers au Maroc sont en train de péricliter et de régresser sérieusement (en moins d’un demi siècle la densité moyenne de cultures est passée de 100 arbres/hectares à 30 arbres/hectare), alors que la demande internationale en produits provenant de l’arganier ne fait qu’augmenter…

De ce fait la région du sud-ouest marocain est dorénavant classée (depuis 1999) auprès de l’Unesco avec son arganeraie comme Réserve de la Biosphère.

Ainsi, et sans rapport direct avec ces problématiques du Maroc comme de l’Algérie, dans les sables de la Arava dans le kibboutz Ketura il n’y a actuellement pas moins de 1250 arganiers avec un prévisionnel d’en planter encore 150 sous peu. Chaque arbre produisant annuellement une moyenne de 30 kgs de fruits (noix) avec un besoin de 38 kgs de fruits afin de produire un seul litre d’huile…

Grâce aux recherches de ces dernières années il y a dorénavant une solution non dépendante des chèvres afin de développer un procédé d’extraction mécanique de l’huile (chose qui jusque là paraissait impossible et les chèvres étaient alors les auxiliaires indispensables à cette extraction)…

La culture de ces noix permet ainsi au kiboutz Ketura depuis cette année 2021 de produire deux huiles différentes : une huile « blonde » qui entre dans le domaine de la cosmétique; qui n’a ni odeur et ni goût, et qui est mondialement reconnue comme étant excellente pour la peau comme les cheveux. La seconde production issue de ces noix est celle d’une huile marron – orangée à l’odeur et au goût prononcés de noix, et qui, elle, est comestible et excellente. Il semblerait de-même que celle-ci permettrait d’équilibrer le cholestérol du sang.

Alors que les régions originales de cette culture spécifique « semi-sauvage » connaissent dorénavant des développements de populations, d’infrastructures, de cultures intensives détruisant en-celà des cultures naturelles d’arganiers, et alors que cet arbre a également tout d’une solution contre la désertification, il semblerait qu’une fois n’est pas coutume, le renouvellement ainsi que l’expansion de cette culture dépendra dorénavant de l’état d’Israël…

Avec les nouveaux traités israélo-marocains peut-être sommes-nous à l’aube de coopérations concrètes israélo marocaines quant à cet arganier qui aurait apparemment trouvé le lieu idéal où s’implanter: le désert de la Arava ?

Sources: https://journals.openedition.org/norois/6048 – https://laterreestunjardin.com/arganier/

 

 

à propos de l'auteur
Marc Lev réside en Israël depuis 1985, est blogueur depuis plus de 15 ans quant au monde juif face à l'International, à la région du Moyen-Orient, aux mouvances islamistes; a publié divers romans liés aux problématiques régionales, au régime iranien, aux extrémismes ( "Demain ?", "Et si..", "Après-demain..?" ), et a de-même développé des dons artistiques en se spécialisant dans des créations de peintures sur supports de bois divers avec des expositions ici et là. Marc Lev, dans ses écrits hebdomadaires, tente de donner une vision de l'intérieur, depuis Israël, des problématiques touchant le judaïsme international, Israël, la région du Moyen-Orient... par lesquels il se veut porteur de matières à réflexion...
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