La concession aux extrêmes politiques
La progression des occurrences avec les extrêmes est devenue, nettement plus importante et régulière dans notre société. Il faut souligner l’affinité entre l’adjectif extrême et la dénomination extrême, s’associant préférentiellement à d’autres modifieurs.
Face à l’expression extrême politique, employée souvent, on observe une augmentation récente des concessions de l’expression extrême.
Celle-ci paraît fonctionner tantôt comme synonyme, tantôt comme dénomination à valeur atténuative, tantôt comme expression désignant une partie distincte de l’échiquier politique.
Nous rendons compte de ces mécanismes discursifs en analysant les propriétés linguistiques de ces deux expressions (position de l’adjectif et propriétés).
Depuis quelques années on observe des emplois récurrents de l’expression extrême dans les discours politiques et journalistiques.
Selon les auteurs et les contextes, son sens peut paraître très proche ou au contraire nettement distinct de celui de l’expression extrême, employée massivement et de longue date.
Le propos de cet article est d’analyser les fonctionnements linguistiques et discursifs à l’œuvre dans la concurrence entre les expressions.
Nous montrerons comment l’anté- ou post-position de l’adjectif extrême génère des effets sémantiques variables, et s’articule à la question de la banalisation ou de la stigmatisation des idées, personnes ou groupes auxquels il est fait référence.
Par exemple, concernant l’évolution socio-historique du rapport à la Shoah.

