Justes parmi les Nations et les Extrêmes
L’expression de « Justes parmi les Nations » est d’origine rabbinique. Traduction de l’hébreu « Hasidei Ummot Ha-Olam », elle désigne les non-Juifs qui ont une attitude courageuse à l’égard du peuple juif pendant la Shoah.
Elle constitue l’intitulé d’un titre instauré en 1953 par l’État d’Israël et destiné à honorer la mémoire des « non-Juifs qui ont risqué leur vie pour venir en aide à des Juifs ».
Sa mise en œuvre effective ne débute toutefois qu’en 1963 avec la création d’un département dédié, au sein de l’Institut Yad Vashem, organisation étatique en charge de la commémoration des « Martyrs et des Héros » du génocide des Juifs.
Son attribution est depuis décidée par une commission, composée de juristes et de rescapés du génocide, qui statue sur le modèle d’un tribunal pénal. Pour être entamée, cette procédure nécessite que deux personnes juives ayant directement reçu l’aide de non-Juifs dans l’Europe occupée effectuent une démarche auprès de l’institut. Leurs récits détaillés constituent alors la matière indispensable à toute nomination, qui se traduit par l’insertion du nom de son bénéficiaire sur les murs de pierre du Jardin des Justes.
Une fois reconnu, le Juste se voit décerner un diplôme et une médaille par un représentant de l’État hébreu lors d’une cérémonie solennelle où, aux côtés d’un membre de Yad Vashem, les personnes ayant porté « témoignage » sont présentes.
L’événement se déroule le plus souvent dans le pays dont l’individu honoré est, ou était, ressortissant, cette reconnaissance pouvant avoir lieu à titre posthume. En France, depuis 1995, le Comité français pour Yad Vashem, association loi de 1901, s’occupe officiellement de la constitution des dossiers et de l’organisation des remises de médailles. Au 1er janvier 2007, deux mille sept cent quarante Français avaient reçu le titre de « Justes parmi les Nations ».
Comment pouvons-nous admettre que les descendants de ces pionniers puissent épouser, derrière une fausse notoriété à travers leurs médias, les thèses contraires au pacte républicain. Il existe donc une réelle difficulté pour leurs descendants à nommer les groupes minoritaires stigmatisés et discriminés. Allons-nous nous taire ?

