Jérusalem : provocation, désinformation, et négation de l’Histoire juive

Jérusalem - Pixabay
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Depuis le début du Ramadan et comme de coutume, les tensions sont vives à Jérusalem, notamment sur le Mont du Temple. Les affrontements avec les forces de l’ordre ont fait plus de deux cents blessés dont une vingtaine de policiers israéliens. Ils sont les plus violents depuis ceux de 2017. Pourquoi ces heurts inutiles ? Qui est responsable de l’escalade ?

Comme d’habitude les Arabes accusent Israël, les chancelleries et la presse internationale s’associent avec des ONG israéliennes de l’extrême gauche.

Ils focalisent l’attention sur « l’expulsion de familles palestiniennes par des fanatiques juifs, et contre les restrictions d’accès imposées à certains secteurs durant le ramadan. »

La vérité sur le terrain est bien entendu plus complexe et donc rappelons les faits :

Le 6 décembre 2017, les Etats-Unis reconnaisse Jérusalem comme la seule et unique capitale de l’Etat Juif et décide de transférer leur ambassade de Tel-Aviv. Une flagrante injustice historique fut enfin réparée. Ce noble geste du président Trump confirmait une promesse électorale de ses prédécesseurs mais comme prévu, cette reconnaissance n’a pas été appréciée par la communauté internationale et notamment par la France.

Paris refusait de reconnaitre publiquement l’évidence historique et avait même boycotté la cérémonie américaine comme d’ailleurs tous les autres pays. La crainte était d’éviter des réactions violentes au sein du monde arabo-musulman et une escalade qui pourrait aboutir à une guerre de religion. Certes, la décision américaine a provoqué des condamnations, protestations, et des manifestations de rue, mais après quelques jours de tension, le calme est revenu à Jérusalem.

La fermeté américaine a été dissuasive durant une longue période. Aujourd’hui, le président Biden n’a pas annulé la décision de son prédécesseur mais sa nouvelle politique étrangère à l’égard du monde arabo-musulman comme sur le dossier iranien prouve faiblesse et désarroi. Elle encourage indirectement les extrémistes islamistes et des fanatiques juifs de saboter toute coexistence entre Arabes et Juifs à Jérusalem et ailleurs. Elle risque de mettre en danger la paix signée avec la Jordanie et l’Egypte et mettre en péril la normalisation avec les Emirats et le Maroc. Elle réveille l’antisionisme et l’antisémitisme et incite la bête immonde à relever la tête dans les capitales européennes.

Dans ce contexte, plusieurs facteurs ont également permis les affrontements. Ils ont offert un temps propice pour déclencher des heurts :

    • L’annulation des élections palestiniennes par crainte d’une claire victoire du Hamas.
    • La bataille de succession au sein de l’Autorité palestinienne et le risque d’un départ forcé de Mahmoud Abbas.
    • Les menaces et les soutiens de l’Iran des Ayatollahs et de la Turquie d’Erdogan.
    • Profit du Ramadan pour attirer l’attention sur la mosquée al-Aqsa et réveiller les Islamistes de tous bords. Eviter aux partis arabes israéliens de se joindre à un éventuel gouvernement Lapid-Bennet.
    • Protestation contre la journée anniversaire de la réunification de Jérusalem.
    • La crise gouvernementale en Israël : opportunité d’agir devant les divisions au sein de la société israélienne prouvant faiblesse de l’Etat Juif.

Comment donc permettre à des extrémistes islamiques de dicter l’ordre du jour à Jérusalem, dans notre propre capitale ? Tous les gouvernements israéliens ne souhaitent pas l’escalade et évitent à tout prix toute guerre de religion. Pour se faire, il prend des mesures de sécurité nécessaires et interdit même aux fidèles juifs de visiter le Mont du Temple. Il suit à cet égard, l’application du statu quo avec une tolérance exemplaire et unique dans un environnement hostile.

L’avenir de la capitale légitime de l’État d’Israël et du peuple juif demeure l’enjeu même du conflit et la pierre d’achoppement décisive des négociations de paix. Cependant, ce n’est pas par la provocation, la récupération et la démagogie politique, ni par la force, et ni par la négation de l’Histoire trimillénaire du peuple juif que l’avenir de Jérusalem sera réglé.

Jérusalem n’a jamais été une capitale arabo-musulmane ! Elle n’a jamais été non plus jumelée avec une autre capitale. Ce refus systématique et absurde de reconnaitre notre capitale est hypocrite et révoltant, car il tente avec grossièreté et mensonge de gommer toute présence des Juifs depuis la nuit des temps.

L’histoire de cette ville singulière dégage partout de la spiritualité. Elle a été écrite avec sang, larmes et prières. Elle représente une lueur dans les sombres ténèbres et donc la société des nations doit respecter la souveraineté israélienne et toutes les religions doivent préserver sa sainteté et la liberté des cultes.

Cet article a été publié le 9 mai sur le site du https://jcpa-lecape.org/

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 25 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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