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Jamais dans l’histoire de l’information, la propagande d’une organisation terroriste n’avait bénéficié d’une telle promotion

Rima Hassan interviewée par Sonia Devillers sur France Inter dans l'émission "L'invité de 7h50", le 19 mars 2024. (Crédit : Capture d'écran Youtube)
Rima Hassan interviewée par Sonia Devillers sur France Inter dans l'émission "L'invité de 7h50", le 19 mars 2024. (Crédit : Capture d'écran Youtube)

Jamais l’audiovisuel public français n’avait fait l’objet d’une telle contestation. Les reproches sont doubles mais ont en commun le fait qu’il soit subventionné grassement par le contribuable en période maigre : d’abord, il serait largement dans les mains de l’idéologie gauchisante. Ensuite, son compte serait très débiteur, ce qui ne l’empêcherait pas de continuer de dépenser sans compter l’argent des gens. Les réflexions peu amènes à venir ne risquent pas d’étonner mon lecteur qui sait bien que je n’ai jamais accepté devoir financer fiscalement une information publique privatisée par un camp. A fortiori quand il n’est pas le mien.

Commençons par l’émission « Complément d’Enquête ». Elle devait faire son affaire à CNews. Elle a tourné à la déroute totale. Écrivons tout de suite que le projet de France Télévisions de vouloir dénigrer son adversaire juste après l’avoir assigné en justice pour dénigrement constitue une singulière erreur de jugement. Cette déroute aura commencé avant la première image. France Télévision avait annoncé en amont de l’émission et à grand renfort de publicités que l’ONG Reporters Sans Frontières allait démontrer que les informations sur bandeaux diffusées jour et nuit par CNews désavantageaient la gauche… Patatras ! la veille de l’émission, l’Arcom, peu réputée pourtant pour son aménité envers la chaîne privée, annonçait via Le Point le contraire… Dans l’affolement, il fallut décommander RSF.

À ce dernier sujet, j’affirme que présenter cette organisation comme neutre et digne d’une foi aveugle frôle la désinformation. Celle-ci n’est pas plus objective que celui qui signe cette chronique, sauf que ce dernier l’admet et même le revendique. Le président de Reporters Sans Frontières se nomme Pierre Haski. Ancien journaliste de Libération et fondateur de Rue89, il assure aujourd’hui la chronique Géopolitique de France Inter. Surtout, celui-ci a reconnu le 21 mars 2018 sur France Culture avoir été payé par la Fondation de George Soros, pour « une opération de surveillance du Web » afin d’éviter une catastrophe Trump en Europe. Je ne saurais porter un jugement de valeur subjectif sur cette mission, mais je suis sûr que le missionné n’est pas objectif.

Au demeurant, RSF elle-même est subventionnée par l’Open Society. Le responsable exécutif de RSF, Thibaut Bruttin, ne paraît pas présenter non plus toutes les garanties d’objectivité requises pour déposer un rapport d’expertise sur CNews, puisque lors des dernières élections, il pétitionnait en 2024 contre le Rassemblement national, principalement en raison de son projet, funeste à ses yeux, de privatisation d’un audiovisuel public qu’il encensait. Voilà l’ONG sélectionnée par « Complément d’Enquête » pour investiguer CNews… En passant, signalons que l’inquiétant projet d’Emmanuel Macron de labelliser les médias via une ONG telle que RSF dépasserait l’entendement si l’on ne comprenait que trop bien les amères motivations de celui qui se considère désormais comme incompris. D’où la tentation de remettre d’aucuns médias dans le droit chemin. Même si l’expression est un peu gauche.

Retour sur « Complément d’Enquête ». Il y aurait tant à dire… Notamment quant à la présence dans l’émission de l’auteur de la présente chronique pour défendre CNews. Foin de polémiques : quelques instants sans intérêts pour une demi-heure d’interview dont on aura ôté systématiquement les critiques contre « l’odieux visuel public ». Sa démonstration empêchée étant précisément de vouloir montrer que CNews s’était inconsciemment construit pour contrer la confiscation du discours politique et intellectuel par la gauche de service public subventionné. Mais de manière plus essentielle, je retiendrai deux axes de critiques de l’émission en perdition.

La première est sa prétention à vouloir disqualifier CNews par l’importance abusive qu’elle donnerait aux questions liées de l’immigration et de l’insécurité. Pour définitivement régler la question, l’animateur de l’émission, endossant la blouse blanche du savant, exhiba un rapport « scientifique » de quatre pages d’une obscure organisation qui décrétait sans liens immigration et criminalité. Et peu importe que les chiffres utilisés dans l’étude datent principalement des années 90 et concernent des pays comme le Chili. Peu importe que le rapport le plus récent du ministère de l’Intérieur dise exactement le contraire et concerne toutes les sortes de crimes et délits. Encore ne concerne-t-il que les étrangers et non les délinquants issus de l’immigration… Peu importe que tous les Français le sachent. Du temps de l’URSS, Lysenko se réclamait de la science pour imposer sa vérité mensongère et faire taire de force les opposants. Jeudi soir, sur France Télévisions, le parfum du « lyssenkisme » flottait dans l’air.

Autre thématique : CNews, sans la moindre preuve convaincante, était taxé de désinformation. Je redis une nouvelle fois ici que nul, autant que l’audiovisuel public, n’aura autant désinformé depuis plus de deux années dans le cadre du conflit à Gaza. Le Figaro Magazine de cette semaine, dans le cadre de son dossier sur ce service public de l’information tant remis en question, révélait que France Inter, sur saisie de l’Arcom par Avocats Sans Frontières, avait été sévèrement morigénée (mais sans frais…) pour avoir livré au public des bilans victimaires non sourcés en les présentant pourtant comme s’il s’agissait du Journal Officiel… Qu’importe, nonobstant cet avertissement – il est vrai moins coûteux que ceux facturés à CNews – France Inter et consorts ont continué à désinformer délibérément. C’est ainsi que pendant 24 mois, ils auront présenté des bilans émanant de la « Défense civile » de Gaza sans révéler que celle-ci était l’émanation du Hamas, leur conférant ainsi une invraisemblable crédibilité.

Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire trop souvent dans ces colonnes : jamais dans l’histoire de l’information, la propagande d’une organisation terroriste n’avait bénéficié d’une telle promotion pas si gratuite au plan idéologique. Dès lors, il n’est pas certain que France Télévisions pouvait ce jeudi s’autoriser à une telle leçon de maintien… Ultimes flèches qu’autorise ce combat sacré pour la vérité. Quelle crédibilité accorder à un organe d’information et de culture subventionné et qui se pique de professionnalisme ?

C’est le même Figaro Magazine qui rappelle cette semaine que Mahaut Drama, membre attitrée de la très progressiste émission de France Inter « Zoom Zoom Zen », invitait sur Mediapart – du meilleur mieux avec l’antenne subventionnée – à prendre très démocratiquement les armes si le RN l’emportait dans les urnes. C’est une membre de la revue de presse d’Inter qui, quelques jours après le 7 octobre, ponctuait sur X d’un poing final rageur un message de soutien à Rima Hassan… Cette semaine, la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public aura du pain sur la planche.

Article publié sur Le Figaro le 01/12/25. Avec l’aimable autorisation de l’auteur.

à propos de l'auteur
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain.
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