J’accuse ! Israël, bouc émissaire d’un monde en panique (2/2)

Haro sur Israël, indulgence pour le Hamas
Alors que la France s’emploie à rallier un maximum de pays à la reconnaissance d’un État palestinien, Israël a annoncé, le 8 août, sa décision de prendre le contrôle de l’ensemble de la bande de Gaza, soit les 25 % qui échappaient encore à son armée.
Une mesure présentée par Netanyahu lors d’une conférence de presse le 10 août, non pas comme une volonté de gouverner Gaza, mais comme le seul moyen de libérer ses otages et de briser définitivement le Hamas.
Les réactions de la communauté internationale
Il n’en fallait pas plus pour que la réaction internationale fuse. Les condamnations de l’État juif ont été quasi-instantanées, certaines assorties de menaces de sanctions. Parmi les pays qui se sont exprimés figurent le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Canada, l’Australie…
Tous, aux côtés de la France, ont appelé Benjamin Netanyahu à renoncer immédiatement à son projet, le jugeant dangereux pour les « aspirations légitimes du peuple palestinien à vivre en paix dans un État viable, souverain et contigu ».
À cela, Israël pourrait rétorquer que ces « aspirations légitimes » concernent essentiellement les Israéliens : depuis 78 ans, les Juifs aspirent eux aussi à vivre en paix, sans crainte des attentats, mais la communauté internationale n’a jamais exercé la moindre pression réelle sur ceux qui leur rendent la vie impossible :
- les terroristes de l’OLP,
- puis du FPLP,
- du Djihad islamique,
- du Hamas,
- du Hezbollah,
- des Houthis, etc.
Alors, devant l’inaction de la communauté internationale, censée intervenir contre le terrorisme, Jérusalem voit dans la prise totale de la bande de Gaza le seul moyen, encore une fois, de sauver ses otages et de briser le Hamas.
Comment ne pas rappeler les propos de Golda Meir lors de son discours au Conseil de l’Europe, le 1er octobre 1973 :
Ce qui distingue sans doute le plus nettement Israël des autres pays, c’est le fait que nous devons toujours, en quelque sorte, nous justifier aux yeux du monde, de chacun des pays auxquels nous sommes associés et du monde dans son ensemble.
Si nous considérons que les Nations Unies sont une famille de nations, dans cette famille dont nous faisons partie, chaque année depuis vingt-cinq ans, nous sommes mis en accusation et nous devons nous justifier.
Maintenant, 78 ans après, la situation est restée, hélas, la même.
Le Hamas, invité d’honneur du débat international !
Mais qui en a pris conscience et en a parlé ? Pourtant, un constat glaçant s’impose : le Hamas, qui ne craint pas d’exprimer publiquement son objectif d’extermination génocidaire du peuple juif, est devenu un interlocuteur politique légitime pour nombre de médias et de responsables. Et personne ne trouve à redire, je dirais même qu’on l’applaudit en silence.
Peut-on imaginer un seul instant les journaux titrer : « Daech accuse la France… », et traiter la déclaration comme une prise de position d’un État reconnu ?
Peut-on concevoir que la communauté internationale donne un poids diplomatique à Al-Qaïda, ou exige que l’OTAN négocie avec ses chefs ?
Et pourtant, avec le Hamas, c’est exactement ce qui se produit. Ses communiqués sont repris in extenso par de grandes agences comme l’AFP et Reuters, commentés avec le même sérieux que ceux des capitales occidentales.
Ainsi, le 8 août, le Hamas déclarait qu’Israël avait décidé de « sacrifier » ses otages en prenant le contrôle de Gaza City. Le lendemain, l’organisation terroriste qualifiait la mesure de « nouveau crime de guerre », d’ « aventure criminelle » qui « coûtera cher » à l’État juif et qui conduira au « sacrifice des prisonniers ». Sur Telegram, le Hamas ajoutait sa menace rituelle envers l’armée israélienne :
Cette aventure criminelle coûtera cher et ne sera pas un voyage facile.
Tous ses propos ont été relayés sans remise en contexte, comme s’ils provenaient d’un chef d’État respecté.
Ce traitement médiatique ne fait que renforcer l’influence du Hamas, qui maîtrise parfaitement l’art de la manipulation. Il bénéficie d’une indulgence internationale telle qu’on pourrait presque prédire qu’un jour son chef sera reçu en grande pompe dans certaines capitales, à l’instar d’anciens djihadistes aujourd’hui au pouvoir dans d’autres pays.
D’ailleurs, Emmanuel Macron vient de me fournir la preuve que ce scénario n’a rien de fantaisiste. Le 6 août, lors du dernier conseil des ministres, un échange, rapporté par le journal L’Opinion, a opposé Emmanuel Macron à Manuel Valls.
Interpellé par son ministre des Outre-mer qui lui disait être inquiet quant au moment choisi pour la reconnaissance d’un État palestinien, sans même les conditions qu’il avait lui-même posées en avril, le président français a tranquillement affirmé n’avoir jamais fixé de « préalables absolus », et que cette reconnaissance se ferait « progressivement ».
En d’autres termes, la France est prête à envisager la légitimation d’un État dominé par une organisation terroriste à visée génocidaire, sans même exiger qu’elle ne rende les armes[2] !
Alerte ! Des propos d’une gravité extrême
Quand un président balaie d’un revers de main ses propres conditions face au Hamas, il ne tend pas la main à la paix : il ouvre la porte au chaos.
Le président français a tenu des propos d’une gravité extrême, lourds de conséquences et porteurs d’inquiétantes perspectives, qui auraient dû alerter, pour ne pas dire alarmer, toute conscience lucide. Mais ils sont pourtant passés presque inaperçus dans le débat public.
Ignorer la nature du Hamas, c’est préparer demain un État terroriste reconnu par la France. Mais attention, demain, il sera trop tard pour dire que nous ne savions pas.
L’ONU : arbitre ou complice volontaire / involontaire ?
Sans surprise, l’ONU a condamné la décision israélienne. Le 8 août, Volker Türk, Haut-Commissaire aux Droits de l’homme, a appelé à :
[stopper] immédiatement le projet israélien de prise de contrôle militaire complète de Gaza.
Mais cette condamnation de l’État juif, comme tant d’autres, passe sous silence l’existence d’un État terroriste : pourquoi cette institution, censée « défendre la paix et la sécurité internationales », refuse-t-elle de qualifier le Hamas de groupe terroriste, alors que celui-ci en remplit tous les critères ?
Selon l’ONU, la législation antiterroriste britannique définit les actes terroristes de manière large, incluant les « dommages matériels graves ». Or, déclare Volker Türk :
Selon les normes internationales, les actes terroristes devraient se limiter aux actes criminels visant à causer la mort, des blessures graves ou la prise d’otages, dans le but d’intimider une population ou de contraindre un gouvernement à prendre ou non certaines mesures[1].
Fort bien ! Donc le Hamas, par son attaque du 7 octobre et par ses actes criminels qui se sont répétés depuis sa prise de pouvoir, répond parfaitement à cette description. Mais tandis que l’Union européenne et certains pays occidentaux l’ont inscrit sur leur liste noire, l’ONU s’y refuse, ce qui offre à l’organisation terroriste, un espace politique inespéré.
Le « deux poids, deux mesures » érigé en principe
À en juger par la réaction internationale face au conflit à Gaza, le Hamas est traité avec davantage de compréhension que l’État qu’il cherche à détruire.
L’organisation bénéficie d’une absolution médiatique quasi-totale, tandis qu’Israël est jugé à l’aune des standards les plus stricts, souvent impossibles à respecter dans un contexte de guerre.
Cette indulgence n’est pas sans conséquence : elle envoie un message clair aux autres organisations extrémistes dans le monde. En réussissant à se présenter comme une « résistance » et non comme un groupe terroriste, le Hamas montre la voie à suivre à ceux qui voudraient mêler la barbarie au calcul politique.
Vers la légitimation du Hamas
Il semble bien que pas un politique n’ait songé aux conséquences de l’importance accordée à une organisation terroriste – le Hamas en l’occurrence – par les médias et par de nombreux dirigeants.
Nous assistons, sans même en prendre conscience, à une dérive inquiétante : nous élevons une organisation terroriste au rang d’acteur politique incontournable.
En l’écoutant comme on écouterait un État reconnu, la communauté internationale brouille la frontière entre le légitime et l’illégitime, entre le droit et la terreur.
Ce glissement, loin d’être anodin, prépare le terrain à une normalisation de la violence politique, où l’assassin peut devenir partenaire de négociation et où le ravisseur d’otages peut dicter les conditions de leur libération.
Quelle époque ! Au nom du progressisme, tout est permis, jusqu’à tendre le micro aux bourreaux et tourner le dos aux victimes.
Une époque où les terroristes font la loi, un monde où chaque mot complaisant, chaque communiqué relayé sans recul, chaque condamnation sélective façonne un monde où d’autres « invités d’honneur » du calibre du Hamas trouveront leur place. Et dans ce monde-là, il ne faudra pas s’étonner que la paix reste hors de portée.
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