J’accuse ! Israël, bouc émissaire d’un monde en panique (1/2)

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretenant avec le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse internationale de soutien au Liban, à Paris, le 24 octobre 2024. (Crédit : Alain Jocard/POOL/AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretenant avec le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse internationale de soutien au Liban, à Paris, le 24 octobre 2024. (Crédit : Alain Jocard/POOL/AFP)

Le 7 octobre, Israël a été massacré. Depuis, c’est la victime que l’on accuse.

Depuis cette date, gravée à jamais dans l’histoire du peuple juif, Israël est revenu brutalement sur le devant de la scène, après en avoir été éclipsé par la crise migratoire européenne. Le vieux conflit israélo-palestinien ressurgit, exacerbé par la guerre larvée entre Israël et l’Iran.

Pas un pays au monde, pas même l’Ukraine, ne pourrait lui voler la vedette. Rien ni personne ne détourne le regard de la communauté internationale et les médias du conflit à Gaza. C’est du pain bénit pour ces derniers, et une occasion rêvée pour certains journalistes de vomir leur haine d’Israël.

L’éternel retour des conférences sans lendemain

Les Européens, en particulier la France, veulent s’en mêler, au lieu de laisser les Israéliens régler leurs différends avec les principaux intéressés.

La France, particulièrement « émue » par les combats que livre Tsahal, estime devoir s’imposer comme arbitre, avec fracas : au lieu d’envisager une coalition pour anéantir le Hamas, comme il l’avait suggéré au lendemain du 7 octobre, le président français, Emmanuel Macron, annonce fièrement ce qu’il compte faire pour éviter qu’Israël ne plonge la planète dans l’insécurité.

Une conférence sous la présidence conjointe de l’Arabie saoudite et de la France

La France a donc proposé une conférence présidée conjointement avec l’Arabie saoudite, destinée à envisager la mise en œuvre de la solution idéale au problème palestinien. Reportée à plusieurs reprises, elle a finalement eu lieu à l’ONU les 28 et 29 juillet. Sa mission :

Examiner l’application des résolutions de l’Organisation des Nations Unies relatives à la question de la Palestine.

Dans la foulée, la France a annoncé qu’elle reconnaîtrait officiellement, lors de la prochaine session de l’ONU en septembre, l’État de Palestine, au grand dam, il va sans dire, d’Israël.

En attendant, elle tente de rallier un maximum de soutiens à sa cause. Onze pays de l’UE ont déjà reconnu l’État palestinien et affirmé leur « soutien déterminé » à la sempiternelle « solution à deux États ».

L’effet domino en Europe

Dans le sillage de la France, le Royaume-Uni a annoncé, le 29 juillet, qu’il reconnaîtrait également l’État palestinien en septembre.

Et d’autres pays, parmi lesquels l’Allemagne, le Portugal, la Finlande, envisagent à leur tour de faire de même à l’occasion de la 80e Assemblée générale des Nations Unies.

Et voilà que le Canada, admiratif de la décision prise par la France, décide de lui emboîter le pas.

Mais aucun de ces pays ne parle de désarmer le Hamas, d’exiler ses chefs ou, a minima, de l’exclure d’éventuelles élections.

Reconnaître la Palestine sans désarmer le Hamas, n’est-ce pas là une folie morale et politique ?

  • Un rappel : l’Histoire parle d’elle-même

Ce n’est pas la première fois que la communauté internationale tente d’imposer une solution à Israël et aux Palestiniens. Depuis des décennies, conférences et sommets se succèdent, avec toujours la même ambition : créer un État palestinien, sans jamais exiger des garanties sérieuses sur la sécurité d’Israël ou la reconnaissance de son droit à exister.

  • En 2007, la conférence d’Annapolis

Organisée par les États-Unis, elle réunissait une quarantaine de pays. Elle visait à relancer les négociations sur la base de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte, et en paix.

Elle s’est conclue sans aucun accord concret, en raison du refus palestinien de reconnaître l’État juif et de renoncer au « droit au retour » pour les six millions de réfugiés palestiniens.

  • En 2017, la conférence de Paris

Convoquée par la France, elle avait pour objectif de réunir les grands acteurs internationaux autour d’un soutien renouvelé à la solution à deux États.

Une fois encore, aucun progrès réel : ni feuille de route, ni engagement des Palestiniens à réformer leurs institutions ou à désarmer les groupes terroristes. Israël, absent de la table, avait dénoncé à juste titre une mascarade diplomatique.

Entre ces deux rendez-vous, et bien d’autres encore, toutes les tentatives ont échoué

Pourquoi ? Parce qu’elles évitent l’essentiel : exiger que les dirigeants palestiniens reconnaissent Israël, fassent le choix de la paix, du renoncement à la violence, de l’acceptation de l’Autre.

Et voilà qu’à présent, au lieu de tirer les leçons du passé, on se prépare à une reconnaissance unilatérale d’un État palestinien et, qui plus est, sans condition, sans exigence, sans garantie.

Comme si céder à la violence pouvait fonder une paix durable. Comme si le 7 octobre n’avait pas eu lieu.

Réactions des principaux intéressés

  • Le Hamas salue officiellement la décision

Le Hamas – dont la perversité n’est plus à démontrer – a salué la décision qu’il considère comme une avancée significative, tout en refusant catégoriquement tout compromis : « Pas de négociations », point barre. Un des responsables de l’organisation terroriste a affirmé :

Les négociations n’ont aucun sens tant que la politique de famine et d’assassinat contre notre peuple se poursuit. L’accord est un tout indivisible.

Et pour lever tout doute sur ses intentions, il annonce :

La résistance palestinienne se poursuivra jusqu’à la fin de l’occupation.

Autrement dit, jusqu’à l’éradication complète de l’État d’Israël. Et c’est avec de tels interlocuteurs que l’Occident voudrait voir Israël coexister ? C’est pure folie.

  • Israël la rejette

Israël, gouvernement et opposition confondus, rejette fermement la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien. Il y voit une récompense directe au pogrom du 7 octobre.

La majorité des Israéliens, choquée et traumatisée par la violence des attaques et par le soutien dont jouit le Hamas à Gaza, n’envisage plus du tout la possibilité d’un État palestinien à ses frontières. Elle ne croit plus en la paix avec ce peuple.

Même les familles d’otages vivant en France dénoncent cette décision :

Ce n’est pas une avancée vers la paix, mais une violation flagrante du droit international. Une erreur morale qui légitime des crimes de guerre.

Le Forum des familles va plus loin :

La reconnaissance d’un État palestinien avant le retour des otages restera dans l’histoire comme une validation du terrorisme comme voie légitime pour obtenir des gains politiques.

Quant au président d’Israël, il ne peut que constater ce qui nous savons depuis longtemps, c’est-à-dire que :

Le Hamas répand mensonges et calomnies pour accuser Israël, afin de manipuler la compassion du monde.

Puis Isaac Herzog lance un appel à la communauté internationale :

J’appelle les dirigeants du monde à exiger la libération des otages et à garantir que l’aide parvienne aux civils – pas aux terroristes.

  • Des paroles que le vent emporte…

Par conséquent, cette prochaine conférence, comme toutes celles qui l’ont précédée, ne résoudra rien. Elle ne fera qu’aggraver les tensions, renforcer les extrémistes, et délégitimer encore davantage le droit d’Israël à se défendre.

Mais comme la panique a gagné le monde, il cherche désespérément un bouc émissaire : il est tout trouvé, ce sera Israël.

Aucun de ces dirigeants n’a compris que la paix ne se décrète pas à coup de conférences : elle se construit à deux, dans le respect mutuel, et non sous la menace des kalachnikovs du Hamas.

J’accuse ! Oui, j’accuse tous les Grands de ce monde !

Mais mon texte n’est pas une plainte, c’est un cri.

Le cri de Zola est aujourd’hui celui que pousse la majorité des Juifs. Celui d’un peuple qu’on condamne pour avoir survécu.

Mesdames et Messieurs, je vous accuse d’avoir entre les mains les preuves accablantes de la culpabilité du Hamas, et d’avoir choisi, pour mieux accuser Israël, de les étouffer et de garder le silence sur la responsabilité première qui incombe à cette organisation terroriste : celle de protéger son propre peuple.

Oui, je vous accuse, Mesdames et Messieurs, de soutenir, de défendre, et de vouloir donner une partie de la terre d’Israël aux ennemis notoires du peuple juif et auteurs d’un pogrom, le 7 octobre 2023, qui restera inscrit dans l’Histoire.

Vous, qui vous prétendez les gardiens de la justice, les défenseurs des démunis, que faites-vous donc ?

Nous ne sommes pas dupes. Vous avez tout fait, et brillamment, pour faire de l’État juif – et par extension, de tous les Juifs – le symbole du Mal, l’équivalent moderne du nazisme.

Vous accusez Tsahal de commettre un « génocide » à Gaza, d’user de la « famine comme d’une arme ». Mais jamais, au grand jamais, un mot sur les crimes que le Hamas commet contre son propre peuple !

Le Bien, à vos yeux, est incarné par les manifestants pro-palestiniens que vous considérez comme l’incarnation même de la vertu.

Et lorsque quelques Juifs égarés se joignent à vous, vous vous empressez de les brandir comme caution morale. Mais ces voix sont ultra-minoritaires, et leurs motivations importent peu.

Nous, Juifs, vous le disons sans détour : vous n’obtiendrez jamais d’Israël un chèque en blanc pour la création d’un État palestinien, qui, dans les conditions actuelles, reviendrait à officialiser une coalition contre Israël.

Pourquoi cette reconnaissance unilatérale d’un État palestinien ? Une seule réponse : la peur

Le 7 octobre, le Hamas a montré au monde de quoi il était capable. Et le monde entier est resté tétanisé et ne semble pas avoir compris que le but du Hamas est le même que celui de tous les groupes islamistes radicaux – Daech, Al-Qaïda, Hezbollah, Houthis, etc. – instaurer un État islamique gouverné par la charia (la loi islamique), imposée par le sang et la terreur.

En réalité, vous le savez, chefs d’États européens. Vous n’ignorez rien de cette idéologie. Et pourtant, depuis ce jour, vous êtes paralysés par la peur.

Car vous reviennent en mémoire les attentats islamistes qui ont frappé vos terres : Madrid, Bruxelles, Paris, Londres… Et vous constatez que ceux du Hamas ont dépassé en horreur tout ce que l’esprit humain peut concevoir.

Même l’Amérique, traumatisée par le 11 septembre, craint aujourd’hui que le cauchemar ne se reproduise.

Alors, pour tenter d’éviter le pire, vous avez choisi de jouer la carte du Hamas. Vous leur offrez, sur un plateau d’argent, un État. Et cela, sans aucune condition :

  • pas de désarmement,
  • pas d’exil des chefs,
  • pas de reddition.

Surtout rien qui puisse contrarier les terroristes !

Céder, c’est récompenser la violence

Vous le savez pertinemment. Tout comme vous savez que ce n’est ni par amour des Palestiniens, ni par un souci sincère de justice que vous vous précipitez vers cette reconnaissance. C’est uniquement par peur :

  • peur des attentats,
  • peur des répercussions sur vos propres territoires,
  • peur des extrémistes de vos minorités musulmanes.

Et quand le monde a peur, il sacrifie la justice sur l’autel de la soumission

Vous espérez – à tort, encore une fois – que cette soumission vous préservera. Vous vous trompez ! Le terrorisme islamiste ne vise pas seulement Israël. Il vise le monde entier.

Mais pas un mot de votre part sur vos appréhensions. Pas une déclaration courageuse. Quel dommage !

Les conséquences de vos actes

Y avez-vous réfléchi ? En êtes-vous seulement capables ?

Le maréchal Turenne disait à son cheval avant une bataille :

Tu trembles, Carcasse, mais tu tremblerais bien davantage si tu savais où je vais te mener !

J’ai envie de vous dire : vous tremblez, Mesdames et Messieurs, mais vous trembleriez bien davantage si vous saviez où vont vous mener vos choix. Ouvrez vos yeux, il est temps.

Vous êtes en train de vous préparer un avenir terrifiant

  • En renforçant le Hamas.
  • En encourageant les autres organisations islamistes à suivre son exemple.
  • En leur montrant que la terreur paie.

Demain – que dis-je demain, non, dès aujourd’hui – ces groupes vous adresseront leurs exigences. Et vous, déjà soumis, vous y répondrez.

En Europe, cela a déjà commencé : Belgique, Royaume-Uni, France…

Et demain, les terroristes hausseront le ton.

Comme le Hamas, ils kidnapperont. Ils feront chanter vos gouvernements. Et que ferez-vous ? Vous vous tairez encore ?

Peut-être alors comprendrez-vous que votre prétendue justice est sélective. Avez-vous agi contre la famine réelle qui ravage le Soudan ? Avez-vous vu ces enfants squelettiques ? Non. Car cela ne menace pas votre confort.

Votre seul souci : préserver vos titres, vos postes, vos privilèges

Et on ne peut pas même prétendre que ce sont les États arabes qui vous mystifient. Non. Eux ont compris : l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Algérie, la Turquie, l’Afghanistan… Tous savent ce qu’implique un État palestinien à leurs frontières ou non loin. Eux posent des conditions claires :

  • dépôt des arme,
  • libération des otages,
  • retour à l’Autorité palestinienne.

Vous, Européens, persistez dans le déni. Les États arabes sont plus lucides que vous. Ils exigent ce que vous n’osez même pas formuler.

Mais la France, « mère des arts, des armes et des lois », a proposé une reconnaissance… Sans condition.

Une abdication totale

La France oublie que, comme le disait Zola :

Quand on enferme la vérité sous terre, elle y prend une force telle que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter.

Et ce jour vient. Beaucoup déjà voient ce que vous refusez de reconnaître : votre soumission aux Frères musulmans.

Terrifiés par ce dont sont capables maintenant les terroristes, vous vous sentez contraints de reconnaitre l’État palestinien. Et frustrés de devoir vous soumettre à leurs demandes, vous vous en prenez à Israël, vous faites de l’État juif votre bouc émissaire.

L’Histoire jugera ceux qui ont su reconnaître la terreur et ceux qui, pour ne pas trembler, ont préféré accuser les survivants

Israël, État-nation du peuple juif, est seul, irrémédiablement seul, c’est vrai. Mais « La solitude est le prix à payer pour l’indépendance ».

Et pour dénoncer l’injustice que vous commettez envers Israël, j’ai le plaisir de reprendre cette phrase de l’un des plus grands écrivains français, Émile Zola, pour vous annoncer ce dont vous n’êtes pas encore conscients :

Votre [leur] étoile, si tant est qu’elle fut heureuse jusqu’ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches.

Et contrairement à vous, Israël se tient, et se tiendra toujours debout. Avec ou sans vous.

à propos de l'auteur
Dora a été professeur de français pendant 30 ans au Collège français de Montréal. Elle a été chroniqueuse pour Radio-Shalom Montreal, puis pour Europe-Israël.
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