Israël tarde à combler son retard numérique

© Stocklib / wrightstudio
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La crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a accéléré la transformation numérique amorcée dans les pays occidentaux il y a plusieurs années.

La pandémie a également accentué les disparités régionales : certains pays s’en sortent bien, alors que d’autres restent à la traîne.

Et en Israël ? La situation est décevante : la pandémie a révélé le retard de la nation start-up par rapport à d’autres pays qui, au contraire, ont connu une accélération du numérique dans la vie quotidienne et professionnelle.

Récemment, l’institut israélien de la statistique (CBS) a publié une enquête qui fait le point sur les indicateurs numériques en Israël. Les conclusions ne sont pas encourageantes ; Israël commence à accumuler un retard inquiétant dans l’usage des instruments numériques.

Si durant la pandémie, salariés et élèves israéliens ont travaillé à distance, les technologies numériques ne sont pas à la hauteur des enjeux de l’ère post-Covid-19.

Le rapport du CBS distingue cinq pays qui présentent le niveau de numérisation le plus élevé de l’OCDE : l’Autriche, l’Irlande, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède. En 2020 et 2021, Israël ne figurait pas dans le peloton de tête et se trouvait parfois très en-dessous de ce groupe ; en voici quelques illustrations.

Administration numérique : en 2020, 48,7% des Israéliens ont utilisé les services en ligne de leur administration, soit un taux d’utilisation très inférieur à la moyenne du peloton de tête de l’OCDE (78,7%).

Internautes : en 2020, la proportion d’internautes dans la population adulte en Israël était de 90,1%, soit en dessous de la moyenne du peloton de tête de l’OCDE (93,3%).

Abonnement haut débit : à la fin de 2021, 17,9% des foyers israéliens étaient abonnés à l’internet à haut débit par fibre optique, soit la moitié de la moyenne de l’OCDE.

Marché du travail : en 2020, 17,8% des salariés israéliens ont travaillé à distance, situant Israël dans le peloton de queue des pays de l’OCDE et loin de la moyenne des pays de tête (35,1%).

Commerce en ligne : en 2020, 47,5% des adultes israéliens ont effectué l’achat en ligne d’un produit ou service, soit très en-dessous de la moyenne du peloton de tête de l’OCDE (77%).

Numérisation des entreprises : en 2020, 89,8% des entreprises israéliennes utilisaient l’Internet, contre 97% en moyenne dans l’OCDE ; 62% des commerces israéliens disposaient d’un site Internet, contre 78% en moyenne dans l’OCDE.

Exploitation du Big Data : en 2020, 5% des entreprises israéliennes ont utilisé du « big data » ou mégadonnées pour le développement de leurs activités ; c’est la moitié de la proportion des entreprises de l’OCDE (10%) qui ont eu recours au big data.

Il faut se rendre à l’évidence : la crise sanitaire liée au coronavirus a confirmé et accentué le retard numérique d’Israël.

Combler ce retard sera un enjeu majeur pour le prochain gouvernement israélien.

à propos de l'auteur
Jacques Bendelac est économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem où il est installé depuis 1983. Il possède un doctorat en sciences économiques de l’Université de Paris. Il a enseigné l’économie à l’Institut supérieur de Technologie de Jérusalem de 1994 à 1998, à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 2002 à 2005 et au Collège universitaire de Netanya de 2012 à 2020. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à Israël et aux relations israélo-palestiniennes. Il est notamment l’auteur de "Les Arabes d’Israël" (Autrement, 2008), "Israël-Palestine : demain, deux Etats partenaires ?" (Armand Colin, 2012), "Les Israéliens, hypercréatifs !" (avec Mati Ben-Avraham, Ateliers Henry Dougier, 2015) et "Israël, mode d’emploi" (Editions Plein Jour, 2018). Dernier ouvrage paru : "Les Années Netanyahou, le grand virage d’Israël" (L’Harmattan, 2022). Régulièrement, il commente l’actualité économique au Proche-Orient dans les médias français et israéliens.
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