Israël-Syrie : l’espoir d’un dialogue pour la paix

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio (à droite) et le président syrien Ahmed al-Sharaa, à l'hôtel Lotte New York Palace, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies qui s'est tenue au siège de l'ONU, à New York, le 22 septembre 2025. (Crédit : Bing Guan/AFP)
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio (à droite) et le président syrien Ahmed al-Sharaa, à l'hôtel Lotte New York Palace, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies qui s'est tenue au siège de l'ONU, à New York, le 22 septembre 2025. (Crédit : Bing Guan/AFP)

L’annonce de l’ouverture de négociations entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et les autorités syriennes constitue un tournant rare, presque inespéré, dans un Moyen-Orient marqué depuis des décennies par les guerres, les rivalités idéologiques et les impasses diplomatiques. Certes, ce n’est pas la première fois que des pourparlers israélo-syriens s’engagent, mais le contexte actuel – régional et international – donne à cette tentative une portée singulière.

La paix comme impératif stratégique

La Syrie et Israël n’ont jamais signé de traité de paix depuis l’indépendance d’Israël en 1948. Les guerres de 1967 et de 1973, l’occupation du plateau du Golan et la rivalité des alliances régionales ont durablement gelé tout processus de réconciliation. Pourtant, après des décennies de confrontation, l’intérêt commun des deux pays pourrait enfin primer : la stabilité.

  • Israël, confronté à la menace du Hezbollah et à l’influence croissante de l’Iran en Syrie, a besoin d’un voisinage plus prévisible.
  • La Syrie, affaiblie par plus d’une décennie de guerre civile, cherche à briser son isolement diplomatique et à retrouver un rôle régional.

Ces motivations stratégiques ne sont pas romantiques, mais elles sont pragmatiques ; et c’est souvent ainsi que naissent les paix durables : d’une reconnaissance réciproque des intérêts vitaux.

Les dirigeants arabes face à un choix historique

Il est temps que les dirigeants arabes comprennent une vérité simple : sans dialogue avec Israël, aucune avancée réelle n’est possible. L’expérience de l’Égypte, puis de la Jordanie, l’ont montré : la paix, aussi imparfaite soit-elle, a plus d’avantages que la guerre éternelle. Aujourd’hui encore, l’Arabie saoudite explore une normalisation progressive avec Israël, consciente que la coopération régionale est nécessaire pour affronter les défis sécuritaires, énergétiques et technologiques.

Les négociations israélo-syriennes doivent donc être soutenues, et non pas sabotées. Elles ouvrent une perspective de désescalade qui pourrait profiter à l’ensemble de la région :

  • une Syrie stabilisée,
  • un Israël plus en sécurité,
  • et une possibilité de réintégrer le Moyen-Orient dans une logique de coopération plutôt que de confrontation.

Le courage des voix musulmanes pour la paix

Dans ce contexte, le discours du président de l’Indonésie aux Nations Unies a marqué les esprits.

Le président indonésien Prabowo Subianto s’adressant devant la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2025. (Crédit : Yuki Iwamura/AP Photo)

À la tête du pays musulman le plus peuplé au monde, il a eu le courage de rappeler un principe fondamental : Israël a le droit de vivre en sécurité. Une affirmation claire, sans ambiguïté, qui rompt avec la rhétorique de rejet absolu et ouvre la voie à un islam politique plus responsable, capable de défendre la cause palestinienne sans nier le droit d’Israël à exister et à se protéger.

Cet appel au réalisme et à la dignité mutuelle devrait inspirer les autres capitales arabes et musulmanes, car reconnaître Israël n’est pas renoncer à la Palestine : c’est au contraire créer les conditions pour qu’une solution juste et durable voit le jour.

Un chemin difficile mais nécessaire

Nul ne se fait d’illusions : la méfiance reste immense, les contentieux historiques nombreux, et les radicaux de part et d’autre tenteront d’empêcher toute avancée. Mais l’alternative est connue : davantage de conflits, de destructions et de désespoir.

En engageant le dialogue, Israël et la Syrie prennent le risque du compromis. Mais c’est précisément ce courage qui peut redonner espoir à une région qui en a cruellement besoin.

à propos de l'auteur
Isaac Hammouch est un journaliste, écrivain et conférencier belge, engagé depuis plus de deux décennies dans les questions de cohésion sociale, de dialogue interculturel et de compréhension des enjeux géopolitiques contemporains. Journaliste, écrivain et acteur médiatique Fondateur et président de Bruxelles Media https://Www.bxl-media.com, une agence de presse internationale, il a contribué à donner une voix aux communautés issues de la diversité tout en s’ouvrant à des débats de portée mondiale. Il collabore avec de nombreux journaux et plateformes, en Belgique et à l’international, où il publie régulièrement des chroniques et analyses sur la démocratie, la radicalisation et les défis migratoires. Écrivain et auteur engagé Hammouch est l’auteur de l’ouvrage de référence « Political Islam and Liberal Democracies : The Roots of an Existential Incompatibility » (2023), dans lequel il analyse en profondeur les tensions entre l’islam politique et les valeurs libérales. Un second livre, Peace in the South Caucasus, en 2025, et un troisième projet en cours portera sur le jihadisme au Sahel. Ses écrits se distinguent par une approche analytique, documentée et accessible à un large public.
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