Israël et la rue des Rosiers

Quartier juif, rue des Rosiers, Paris. Photo: Guilhem Vellut/CC-BY
Quartier juif, rue des Rosiers, Paris. Photo: Guilhem Vellut/CC-BY

Tout le monde connaît la rue des Rosiers située dans le IVème arrondissement de Paris. Pendant de nombreuses années elle était l’une des rares artères animées de Paris le dimanche, du temps où le commerce n’avait pas encore pris le dessus sur le repos dominical. Dans mon enfance on allait rue des Rosiers en voisins pour y manger un fallafel « parce que c’est ouvert le dimanche »… et que c’est très bon. L’ambiance y était très sympathique, quelque soit le moment de l’année. Nul besoin d’être juive pour apprécier la cuisine des institutions de la rue comme l’As du fallafel ou Chez Marianne.

Adulte j’ai traversé la Seine pour aller vivre rive gauche mais j’ai gardé un lien très fort avec le quartier de mon enfance. Cependant, un sentiment de frustration m’envahissait à chaque escapade rive droite : celui de l’évolution du quartier en général et de la rue des Rosiers en particulier… Avait-on besoin d’ouvrir dans cette rue des boutiques de chaînes de vêtements branchés qu’on trouvait dans d’autres rues de Paris ? L’âme de cette rue devait-elle disparaître, emportée par l’uniformisation et la mondialisation à l’oeuvre dans de nombreux quartiers de la capitale ?

Mais voilà que depuis quelques temps l’espoir est revenu… grâce aux Israéliens ! Un vent d’Israël souffle sur les Rosiers et sur les rues alentours. A côté de la boutique Sabon, marque israélienne qui sent bon les cosmétiques de la Mer Morte, installée depuis quelques années, plusieurs commerces ont ouvert leurs portes. Miznon, l’enseigne du chef Eyal Shani (le Port Saïd à Tel Aviv) tout droit débarquée des rives de la Méditerranée s’est implantée rue des Ecouffes. En face, Sumsum, épicerie israélienne dédiée à la halva et son homonyme Soum Soum un peu plus loin où le houmous est roi. Et bien sûr l’excellent Tavline situé à quelques minutes de marche.

D’autres établissements se sont implantés dans la capitale, à l’image du Balagan en face des Tuileries ou Salatim dans le IIème arrondissement. L’ambitieuse nouvelle cuisine israélienne ne peut naturellement pas se contenter de quelques rues dans l’un des plus anciens quartiers de Paris. Elle redonne cependant un supplément d’âme à un quartier dont la particularité et l’authenticité doivent être préservées. Il en va non seulement de l’histoire et du patrimoine juifs mais surtout de la préservation d’une partie de l’histoire de Paris face à la mondialisation.
 

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Farah Benouis est journaliste et vit à Paris. Elle a notamment travaillé à Sud Radio, iTélé et i24News
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