« Israël Out » : une stratégie qui coûtera cher au pays

Israël emboîte le pas des Etats-Unis en décidant de se retirer d’organisations et traités internationaux ; un retrait qui coûtera cher et dont le prix sera payé par tous les Israéliens.
Tout comme l’expression « America out » fait référence au désengagement des États-Unis de la scène internationale sous l’administration Trump, « Israël Out » marque le retrait d’Israël sous le gouvernement Netanyahou d’organisations et traités internationaux.
Cette stratégie de retrait est une nouvelle phase dans le rapprochement des Etats-Unis ; en revanche, elle aggrave l’isolement de l’Etat juif sur la scène internationale.
Santé et Climat
Plutôt que d’attendre d’être pointés du doigt, les dirigeants israéliens (ministres et députés) anticipent les réactions internationales en adoptant une stratégie pour la moins inattendue : se retirer des organisations internationales qui semblent peu favorables à Israël.
En ce début 2026, deux décisions majeures sont à l’étude au gouvernement et à la Knesset :
- La commission de la Santé de la Knesset recommande au gouvernement de retirer Israël de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), invoquant son parti pris anti-israélien.
Tant pis si un retrait de l’OMS privera Israël d’informations cruciales sur les épidémies et limitera son accès aux vaccins et médicaments en cas d’urgence.
- La ministre de la Protection de l’Environnement Idit Silman a chargé une équipe d’experts d’examiner le retrait d’Israël de l’Accord de Paris sur le Climat, traité international sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique adopté en 2015 sous l’égide de l’ONU.
Tant pis si un retrait d’Israël de l’Accord de Paris nuira à sa santé publique et à la lutte contre la crise climatique, tout en compromettant l’engagement du pays envers les générations futures.
Agences onusiennes
Ces deux mesures en cours s’ajoutent aux précédents retraits d’Israël d’instances internationales liées à l’ONU, comme :
- la rupture, début 2026, de tout contact avec plusieurs agences onusiennes comme l’ONU Énergie (U.N. Energy) et le Forum mondial sur la migration et le développement (Global Forum on Migration and Development) ;
- le retrait du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en février 2025 ;
- le retrait de l’UNESCO en décembre 2018.
En fait, la politique de Netanyahou rejoint celle de Trump qui, en janvier dernier, a ordonné le retrait des Etats-Unis de 66 organisations internationales dont la moitié est liée à l’ONU.
Il faut se rendre à l’évidence : l’isolement d’Israël dans le monde n’est pas une fatalité.
Les dirigeants israéliens se plaignent de voir leur pays isolé sur la scène internationale mais ils contribuent grandement à son isolement en menant une politique volontaire de retrait des instances internationales.
Petit pays dépendant des grandes puissances étrangères, Israël ne peut tirer aucun profit de son isolement, qu’il soit forcé ou volontaire.
Les dirigeants israéliens devraient plutôt méditer cette expression française : « On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre ».
