Israël, nation souveraine en offensive éclair contre la Covid

Réception du vaccin Covid-19, au centre de vaccination Clalit Covid-19 à Rehovot, le 4 janvier 2021. Photo de Yossi Aloni / Flash90
Réception du vaccin Covid-19, au centre de vaccination Clalit Covid-19 à Rehovot, le 4 janvier 2021. Photo de Yossi Aloni / Flash90

La Covid a menacé le monde dans ce qu’il y a de plus sacré, la vie et la liberté des citoyens mais également dans leur vie économique culturelle et sociale.

Les décideurs politiques en charge ont saisi l’importance du défi et des enjeux. Ils ont parlé de guerre contre un ennemi inconnu.

Les réponses contre cette guerre ont été diverses selon les pays.

En Israël, face à un ennemi infectieux non identifié la décision souveraine a été immédiate de fermer les frontières dans un premier temps suivi d’un confinement total rigoureux sur tout le territoire parallèlement à la mise en tension de tout le système de soins.

Les résultats ont été au rendez-vous. Au bout de deux mois Israël a compté parmi ses rangs la plus faible mortalité des pays de l’OCDE. Toutes les activités économiques éducatives et universitaires ont alors repris, à l’exception du tourisme international et des manifestations culturelles. C’était crier victoire trop tôt.

Après l’été, à la grande surprise de tous les observateurs, on a constaté une reprise de l’épidémie. Les courbes de contamination et de mortalité ont repris leur ascension de façon brutale et inexpliquée.

L’inquiétude s’est installée chez les scientifiques, les politiques et plus grave chez les citoyens. De nouvelles mesures de confinement ont été prises avec des restrictions de liberté et de vie sociale difficilement acceptables. Le consentement à ces mesures était atteint.

La mise en tension du système de soins et du système éducatif a été à son paroxysme. Il fallait se rendre à l’évidence, l’ennemi vital était insaisissable et changeant, prêt à bouleverser les données et à déstabiliser l’organisation d’une nation. Il fallait retrouver l’adhésion des citoyens à un projet national de sortie de crise et à un horizon du possible.

Des données scientifiques ont apporté des explications à cette résurgence et exubérance des variants viraux. Le virus est semble-t-il stimulé par le froid, par l’humidité. Il développe des mutations de structure, le rendant plus contagieux, plus transmissible.

Dans la stratégie défensive et attentiste de stop and go les citoyens perdaient espoir et le risque était important d’une désagrégation du consensus national. La guerre de tranchées était la chronique d’une défaite annoncée face au virus. La guerre à mener était une offensive rapide sur tous les fronts par une guerre de mouvement.

La seule stratégie qui s‘imposait était une vaccination urgente systématique de masse pour sortir de l’encerclement en assurant une immunité collective garante de libertés retrouvées.

L’immunité collective est obtenue à partir d’une vaccination de 50% de citoyens et le projet est donc de vacciner en urgence 4 millions d’israéliens pour fin février 2021. 

Pour info, il existe 500 000 citoyens déjà immunisés par le contact viral. Dès avril le pouvoir exécutif israélien s’était porté acquéreur de quantités de vaccins nécessaires à une éradication de l’épidémie pour toute la population d’Israël résidents ou non résidents (28 millions de doses disponibles pour toute la campagne ).

En anticipant une très forte demande internationale l’exécutif à proposé un prix supérieur au marché comprenant une prime pour garantie de livraison selon l’agenda israélien.

Le contrôle de l’épidémie était vital et urgent pour le pays. Il ne s’agit pas d’un concours de vitesse honorifique, ni d’une compétition absurde, mais d’une sauvegarde de l’unité de la nation sur le plan économique social politique, grâce à une course contre la montre à l’égard du virus.

La stratégie choisie a consisté à réaliser la constitution rapide d’une immunité collective par la vaccination de toute la population sur une durée d’un semestre. La logistique de distribution des vaccins a été élaborée selon un concept systémique et centralisé assurant la chaîne du froid.

Les caisses d’assurances maladie couplées aux mutuelles ont été chargées des convocations sur tout le territoire de façon centralisée et connectée. Les vaccins ont été administrés selon le maillage médical des centres de santé mutualistes et des unités sanitaires de vaccination sur tout le territoire, réunis par des liens informatiques connectés et coordonnés dans le but d’avoir un retour des vaccinations en temps réel sur tout le territoire. 

Les sujets à vacciner dans les maisons de retraite ont été également convoqués par l’organisation centralisée de santé et les vaccins ont été réalisés sur place avec retour d’expérience assuré sur le réseau informatique national. Tous les professionnels de santé ont été mis à contribution.

Il faut six mois de préparations logistiques pour mener à bien une offensive éclair. Il faut des temps infinis de stratégie défensive pour sortir d’une guerre de tranchées.

La guerre est loin d’être finie, mais Israël a pris une sérieuse option de sortie de crise par la stratégie combinant un dernier confinement et une vaccination massive en agissant simultanément sur la dissémination virale et sur la constitution d’une immunité collective.

Les raisons essentielles de ces résultats importants sont à mettre au crédit de l’indépendance souveraine des décisions politiques de l’exécutif en Israël et a la mise en œuvre d’une stratégie volontariste nationale (1). 

(1) référence : Yoram Hazoni – Haaretz du 30/10/2020 par Roni Dori. 

à propos de l'auteur
Docteur en médecine, Gilbert est aussi médecin du travail, acupuncteur, homéopathe ainsi qu'enseignant de neurophysiologie.
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