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Israël, mauvais élève de PISA

Le classement PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) est une étude menée tous les trois ans par l’OCDE pour évaluer les compétences des élèves de 15 ans à travers le monde.

Les résultats publiés le 8 septembre révèlent un affaissement global du niveau, même dans les pays où il est relativement meilleur qu’ailleurs. Après des résultats déjà préoccupants en 2022, dans un contexte post-Covid, l’organisation tire la sonnette d’alarme face au « déclin continu » des résultats dans les pays développés. Une baisse qui touche même le Japon, la Corée et l’Estonie, les trois pays les plus performants de l’OCDE.

Parmi les facteurs du déclin, le rapport met en cause l’utilisation généralisée des appareils numériques, la diminution de la curiosité et de la volonté de fournir des efforts. Les résultats obtenus par Israël sont encore pires que la moyenne générale et se situent au deuxième rang des plus fortes baisses après le Guatemala.  

En sciences, Israël obtient 442 points (moyenne OCDE : 482) et se classe 33ème sur 38 pays membres, soit un recul de 8 places par rapport à l’édition précédente.

En mathématiques, Israël obtient 433 points (moyenne OCDE : 463) et se classe également 33ème sur 38, soit une baisse de 6 places. En lecture, Israël obtient 436 points (moyenne OCDE : 461) et se situe au 31ème rang sur 38.

En résolution de problèmes informatiques (l’édition PISA 2025 a introduit cette nouvelle évaluation), Israël obtient 444 points (moyenne OCDE : 500). Les conflits sont cités comme principal facteur explicatif de cet effondrement.

En trois ans, les élèves israéliens ont perdu l’équivalent d’une année complète d’enseignement, selon les calculs de l’OCDE. Mais cette explication privilégiée par le ministère de l’Éducation n’explique pas tout. Les associations de parents d’élèves mettent aussi en cause la pénurie d’enseignants et la répartition inégale du budget de l’éducation qui désavantage les élèves du secteur public laïc. Car c’est aussi la configuration du système scolaire israélien qui est en cause. La loi de 1951 a organisé celui-ci sur une base communautaire en quatre secteurs : public laïc, public religieux, arabe et ultra-orthodoxe. Ce n’est pas le seul défaut du système.  

En divisant les enfants en catégories selon leur origine, le système a contribué à fracturer la société israélienne. D’ailleurs, une partie de l’opposition propose de revoir l’ensemble au profit d’un grand système unifié. Les résultats d’Israël dans le classement PISA ne doivent pas être sous-estimés. Même avant la guerre, une baisse avait été notée. La poursuite d’une dégradation en matière de mathématiques ou de sciences augurerait mal de l’avenir de la Start up Nation.

à propos de l'auteur
Philippe Velilla est né en 1955 à Paris. Docteur en droit, fonctionnaire à la Ville de Paris, puis au ministère français de l’Economie de 1975 à 2015, il a été détaché de 1990 à 1994 auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Il a aussi enseigné l’économie d’Israël à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 1997 à 2001, et le droit européen à La Sorbonne de 2005 à 2015. Il est de retour en Israël depuis cette date. Habitant à Yafo, il consacre son temps à l’enseignement et à l’écriture. Il est l’auteur de "Les Juifs et la droite" (Pascal, 2010), "La République et les tribus" (Buchet-Chastel, 2014), "Génération SOS Racisme" (avec Taly Jaoui, Le Bord de l’Eau, 2015), "Israël et ses conflits" (Le Bord de l’Eau, 2017), "La gauche a changé" (L'Harmattan, 2023). Il est régulièrement invité sur I24News, et collabore à plusieurs revues.
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