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Israël, le « juif des nations »

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Missiles sur Jérusalem : le silence coupable du monde

Des missiles tombent sur Jérusalem. Des sirènes hurlent à Tel Aviv. Des familles entières se précipitent dans des abris avec leurs enfants dans les bras. Des malades, des personnes âgées, des handicapés tentent de rejoindre en quelques secondes un espace sécurisé pour sauver leur vie.

Et pourtant, une grande partie du monde regarde ailleurs. Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas seulement une guerre contre Israël. C’est aussi une faillite morale internationale.

Car l’attaque répétée de civils israéliens ne provoque plus l’indignation instinctive qu’elle devrait susciter. Elle déclenche des communiqués vagues, des appels abstraits au calme, des équilibres diplomatiques où l’agresseur et l’agressé sont renvoyés dos à dos.

Comme si tirer des missiles sur Israël était devenu un fait banal de la géopolitique. Comme si l’on s’était habitué à ce que les Juifs vivent sous les sirènes. Et ce silence est particulièrement assourdissant lorsqu’il vient de ceux qui prétendent incarner la conscience morale du monde.

Où est la voix claire du chef de l’Église catholique lorsque des missiles visent Jérusalem ? Où est la condamnation simple et sans ambiguïté du Pape ?

On entend des appels généraux à la paix. On entend des appels à la retenue. Mais on attend encore la phrase la plus élémentaire : tirer des missiles sur des civils est inacceptable.

Cette retenue prudente, presque embarrassée, n’est pas seulement une question diplomatique. Elle révèle un malaise profond face à l’existence même d’Israël.

Il en va de même du côté des grandes institutions internationales.

À l’Organisation des Nations unies, les résolutions, les rapports et les débats semblent souvent davantage concentrés sur la critique d’Israël que sur la condamnation de ceux qui visent ses villes. L’État juif est devenu un cas à part dans la diplomatie mondiale : le seul pays dont la légitime défense est immédiatement suspectée, le seul pays dont les ennemis peuvent proclamer ouvertement la destruction sans provoquer une mobilisation internationale immédiate.

Quant à la France, patrie autoproclamée des droits de l’Homme, son attitude oscille trop souvent entre prudence diplomatique et équivalence morale.

Lorsqu’une capitale européenne est menacée, la réaction française est immédiate, ferme, sans ambiguïté. Mais lorsque les sirènes retentissent à Jérusalem ou à Tel Aviv, les mots deviennent plus prudents, plus équilibrés, presque hésitants.

Comme si l’on craignait de condamner trop clairement ceux qui tirent les missiles.

Cette asymétrie morale n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une histoire longue où le peuple juif a souvent occupé une place particulière dans l’imaginaire politique européen : celle du coupable permanent, celui que l’on juge plus sévèrement que les autres.

Aujourd’hui, ce rôle semble avoir été transféré à Israël. Israël est devenu le “Juif des nations”. L’État auquel on demande d’être irréprochable même lorsqu’il est attaqué. L’État dont les ennemis peuvent bombarder les villes tout en continuant à bénéficier de la compréhension d’une partie de la communauté internationale. L’État qui doit constamment justifier son droit élémentaire à protéger ses citoyens.

Pendant ce temps, la réalité est simple.

Des civils vivent avec quinze secondes pour atteindre un abri.

Des enfants grandissent en apprenant à reconnaître le son des sirènes avant même de savoir lire.

Des familles vivent avec la certitude que leur quotidien peut être interrompu à chaque instant par une alerte.

Et malgré cela, Israël doit encore expliquer au monde pourquoi il refuse de mourir.

Le scandale n’est pas seulement dans les missiles. Le scandale est dans l’habitude. Dans cette normalisation progressive de la violence contre Israël.

Dans ce climat moral où l’on s’indigne davantage des réponses israéliennes que des attaques qui les provoquent.

Mais tirer sur Jérusalem n’est pas normal.

Tirer sur Tel Aviv n’est pas normal.

Accepter que des millions de civils vivent sous la menace permanente de missiles n’est pas normal.

Et le silence — ou la prudence coupable — de certaines autorités morales, qu’elles siègent à l’Organisation des Nations unies, dans les chancelleries européennes ou même au Vatican, restera comme l’un des grands aveux de faiblesse morale de notre époque.

Car lorsqu’un monde s’habitue aux missiles visant des civils juifs, ce n’est pas seulement Israël qui est mis à l’épreuve. C’est la conscience même de la civilisation.

L’histoire juive est jalonnée d’une constante tragique : le Juif a toujours été l’exception. L’exception morale, l’exception politique, l’exception que l’on juge autrement que les autres.

Pendant des siècles en Europe, le Juif était accusé de tous les maux : trop riche, trop pauvre, trop visible, trop différent. Coupable lorsqu’il réussissait, coupable lorsqu’il échouait. Coupable même lorsqu’il était victime.

Aujourd’hui, ce rôle semble avoir changé d’échelle. Ce n’est plus seulement le Juif individuel qui est jugé différemment. C’est l’État juif lui-même : Israël. Israël est devenu, dans la conscience internationale, le “Juif des nations”.

Le seul État dont l’existence est encore débattue. Le seul État dont la légitimité est régulièrement remise en question.

Le seul État dont les ennemis peuvent proclamer la destruction sans provoquer un scandale universel.

Et lorsque des missiles visent ses villes, le monde réagit avec une froideur qui serait impensable ailleurs.

Lorsque les sirènes retentissent à Jérusalem, lorsque les familles courent vers les abris à Tel Aviv, lorsque des millions de civils vivent avec quelques secondes pour sauver leur vie, l’indignation internationale reste souvent mesurée, prudente, presque embarrassée.

Comme si cette violence faisait désormais partie du paysage.

Comme si Israël devait simplement apprendre à vivre ainsi.

Imagine-t-on un instant une pluie de missiles visant Paris, Londres ou Rome sans provoquer une réaction mondiale immédiate ?

Imagine-t-on les diplomates expliquer qu’il faut “comprendre le contexte”, appeler à “la retenue des deux côtés”, ou rappeler que chaque partie doit éviter l’escalade ?

Bien sûr que non.

Mais lorsqu’il s’agit d’Israël, cette symétrie artificielle devient la norme.

Dans les couloirs de l’Organisation des Nations unies, l’État juif est scruté avec une intensité presque obsessionnelle. Les résolutions s’accumulent, les commissions enquêtent, les débats se succèdent.

Pendant ce temps, les organisations qui appellent explicitement à la destruction d’Israël continuent d’exister sans provoquer la même mobilisation diplomatique.

Même certaines grandes voix morales semblent parfois paralysées.

Lorsque des missiles tombent sur Jérusalem, on attendrait une parole claire. Une parole simple. Une parole humaine. Comme si défendre le droit des Israéliens à vivre en sécurité nécessitait davantage de précautions que défendre celui de n’importe quel autre peuple.

Cette situation révèle une transformation profonde de l’antisémitisme. Dans l’Europe d’hier, on accusait les Juifs d’être une minorité étrangère incapable de s’intégrer. Dans le monde d’aujourd’hui, on accuse l’État juif d’être une nation étrangère incapable de se légitimer.

La cible a changé de forme, mais la logique demeure : le Juif — ou désormais l’État juif — reste celui auquel on applique des critères différents. Celui dont l’existence doit être expliquée. Celui dont la défense doit être justifiée. Celui dont la souffrance suscite toujours un peu moins d’empathie.

Pendant ce temps, la réalité israélienne continue. Et malgré cela, Israël doit encore convaincre le monde qu’il a le droit le plus élémentaire : celui de protéger la vie de ses citoyens.

L’histoire nous a pourtant appris une leçon simple. Chaque fois que la violence contre les Juifs a été considérée comme normale, chaque fois que leur sécurité a été traitée comme une question secondaire, chaque fois que leur droit à vivre a été relativisé, la civilisation elle-même a fini par en payer le prix.

Aujourd’hui, le test moral se joue à l’échelle d’un État. Si le monde s’habitue aux missiles sur Jérusalem, s’il accepte que la sécurité d’Israël soit une question discutable, alors ce n’est pas seulement Israël qui est en danger. C’est la capacité même de notre civilisation à reconnaître une injustice quand elle se produit.

à propos de l'auteur
Médecin chirurgien ORL à Nice puis à Paris et à Tel Aviv. Militant depuis toujours nous avons créé après le pogrom du 7 octobre NETSAH qui veut dire éternité pour aider en Israël auprès des familles défavorisées et des sauveteurs. Notre but est bien sûr bénévole et nous levons des fonds pour accomplir nos actions. Aidez nous. www.netsah1948.com WhatsApp +33603528888 @netsah1948 sur Instagram
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