Israël : Etat de droit ou droit de l’état ?
Une réalité a toujours fait d’Israël un état different de ses voisins : le simple fait d’être une démocratie. C’est grâce à cet état de fait que ce petit pays à toujours eu droit à la considération des autres nations, allant de la coupe des champions à l’Eurovision.
Malheureusement, depuis le 7 octobre, massacre inacceptable, la réponse d’un gouvernement d’extrême-droite a commencé à changer la donne.
De victime, ce qui fut la première et seule nation juive de l’histoire contemporaine après 3 000 ans d’une histoire pour le moins mouvementée, commence à susciter l’opprobre du monde libre.
Comment, Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a t-il pu publier des images tellement choquantes, que même Benjamin Netanyahu s’est vu dans l’obligation de se désolidariser de cette initiative…
Le 24 mai, dans ces mêmes colonnes, on annonçait que le ministre était désormais « persona non grata » en France. Une première qui n’a jamais connu de précédent…
Quand aux « prisonniers » victimes de l’ire du ministre, s’agissait-il de terroristes du Hamas ? De dangereux espions iraniens infiltrés ?
Même pas ! Il s’agissait juste de participants à l’opération « Une flottille pour Gaza » interceptés au large de Chypre.
Ce n’est certes pas la première fois que l’état hébreu met brutalement fin à ce type d’intervention.
Outre le fait que cette arrestation a eu lieu dans les eaux internationales, l’on ne pourra qu’être choqué de ce que Gideon Saar, pourtant peu soupçonnable de complaisance, a qualifié publiquement de « spectacle honteux ».
Menacé, même faisant l’objet d’une volonté de destruction de la part de l’Iran, l’honneur de ce pays a toujours reposé, non seulement sur sa volonté inébranlable de survie, mais aussi, sur le fait que, quelques soient les circonstances, il a toujours gardé l’apparence d’une démocratie, même si les coups de canifs furent nombreux.
Que l’on me pardonne, mais, la vidéo mise en ligne par ce ministre israélien n’est pas sans évoquer la déshumanisation dont 6 millions d’entre nous furent victimes.
Je n’ai pas honte de le dire, de voir ces images, mon cœur saigne.
Il saigne parce que, même si je ne peux que comprendre et approuver la volonté de survie dont nous avons fait preuve, rien ne saurait excuser ces images d’humiliation dont je permets de dire que notre peuple n’est pas digne.
Notre honneur, en tant que juifs, ce n’est pas seulement le respect de la vie tel que nous l’impose le premier des dix commandements, mais, c’est aussi le respect de la dignité humaine.
Ne pas respecter cette dernière, ce n’est pas seulement nier notre culture, mais aussi, renoncer à ce qui est notre essentielle substance : notre identité.
