Israël et les valeurs européennes : pax Dei, pax Romana

© Stocklib / alphaspirit
© Stocklib / alphaspirit

Selon le philosophe allemand Jürgen Habermas, les valeurs européennes ont pour cœur et pour origine la doctrine des Lumières : le respect des libertés publiques et individuelles.

L’Europe se fonde sur les valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté, d’égalité et de solidarité ; elle repose sur le principe de la démocratie et le principe de l’Etat de droit. Elle place la personne humaine au cœur de son action en instituant la citoyenneté de l’Union et en créant le principe de liberté, de sécurité et de justice.

On y trouve les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’Etat de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris
des droits des personnes appartenant à des minorités.

Elles se caractérisent par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes.

L’intérêt de définir les valeurs européennes n’est pas seulement externe, il est aussi interne. Mais les valeurs ont quelque chose de plus que l’acquis communautaire.

Comme son nom l’indique, l’acquis est un état accompli. Les valeurs, elles, garantissent que les pays sont animés par les mêmes visées. Elles viennent aussi d’une incertitude quant au projet qui nous anime. D’où le repli, au pire, sur le nationalisme, au mieux, sur une Europe de projets techniques et économiques sans âme.

Pour Nicolas Sarkozy, le prophète israélite résout le problème en invoquant une pax Dei, mais c’est pour revenir ensuite à l’enchevêtrement familier des nations. C’est ce retour qui donne à sa vision son attrayante modestie.

Si la transformation des « épées en socs de charrue » est utopique, l’existence de plusieurs « nations » et de « nombreux peuples » est réaliste.

« Je veux dire mon admiration pour ces femmes, pour ces hommes d’exception qui voulaient un Etat où seraient assurées « une complète égalité des droits sociaux et politiques pour tous les citoyens, sans distinction de croyance, de race, ou de sexe », « la pleine liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture », « la sauvegarde et l’inviolabilité des Lieux Saints et des sanctuaires de toutes les religions ».

Oui, je veux dire mon respect pour l’idéal qui les animait. Le rêve qu’ils poursuivaient était grand, parce qu’il était nourri par des siècles d’attente et par l’horreur qu’on lisait encore dans le regard halluciné des rescapés des camps d’extermination. Croyants ou non-croyants, chacun d’entre eux, ce jour-là, ne put sans doute s’empêcher de se remémorer la parole biblique que tous les Juifs au monde n’avaient jamais cessé d’apprendre à leurs enfants »

(Nicolas Sarkozy à JÉRUSALEM LE 23 JUIN 2008. )

à propos de l'auteur
Guershon Nduwa est le président de la communauté juive noire de France.
Comments