Israël et les Territoires : rapports tronqués et accusations mensongères 

A la veille de l’installation de Joe Biden à la Maison Blanche, B’Tselem publie un nouveau rapport accablant affirmant qu’Israël maintient « un régime d’apartheid entre le Jourdain et la Méditerranée ».

Hier comme aujourd’hui, les allégations, la propagande mensongère et la désinformation font partie d’une campagne bien huilée, orchestrée et financée par des mouvements et organismes européens.

Depuis les années 1970 à nos jours une minorité d’intellectuels d’extrême gauche et d’ONG empoisonnent le débat international sur la politique israélienne dans les Territoires.

Tout a débuté par les activités d’un professeur de chimie à l’université hébraique… Trois ans après la guerre des Six Jours, Israël Shahak, fondait la Ligue israélienne pour les Droits de l’Homme et du Citoyen en publiant à Paris un mémorandum sur les pratiques israéliennes en Palestine occupée ainsi qu’une « étude » sur le racisme de l’État d’Israël.

En 1989, juste après la première Intifada, est fondée B’Tselem, une ONG qui se présente comme le Centre israélien d’information pour les droits de l’Homme dans les territoires occupés. Puis en 2004, Rompre le Silence est créée pour « dénoncer les violations de soldats de Tsahal dans les Territoires. »

Des rapports tronqués sont publiés largement par Haaretz et tous les médias européens en particulier par The Gardian et Le Monde. Le quotidien parisien n’a d’ailleurs pas évolué dans ses positions anti-israéliennes. Depuis les années 1970, il sert de porte-parole à nos détracteurs et à la cause palestinienne sans permettre un débat ouvert et objectif.

Dans une région explosive comme le Moyen-Orient, et sur la question du conflit israélo-palestinien en particulier, les médias devraient suivre les questions humanitaires avec honnêteté, précision, impartialité, et de façon fiable.

Au moment où Israël vient de prouver au monde comment combattre efficacement contre la pandémie du Coronavirus et réussit à vacciner une grande partie de sa population, voilà qu’on l’accuse de ne pas fournir des doses de vaccin également aux Palestiniens. C’est clair, on trouvera toujours une raison ou un prétexte pour condamner en permanence et systématiquement l’Etat Juif.

On ne soulignera pas qu’Israël a fait de nombreux gestes humanitaires à l’égard de l’Autorité palestinienne et que selon les Accords d’Oslo, Ramallah a le plein pouvoir et responsabilité dans le domaine des soins de santé et de l’importation de médicaments. On n’expliquera pas non plus qu’en vertu du droit international humanitaire, Israël n’est pas tenu de fournir des vaccins à la population des Territoires.

Dans ce contexte, comment prétendre que les rapports de B’Tselem sont vraiment crédibles ? La dépendance de son financement, ses sources d’information, souvent en provenance d’organisations politiques partisanes, ne mettent-elles pas en cause sa réputation et sa crédibilité ? Son soutien au mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) ne prouve-t-il pas que B’Tselem s’associe à des organisations politiques et à des campagnes anti-israéliennes ?

Comment cette ONG qui prétend agir sur des questions humanitaires et défendre les droits de l’Homme, peut-elle servir de référence aux yeux des médias occidentaux ? Ce sont là des questions légitimes et sensibles que nous devrions soulever.

Dans son dernier rapport, B’Tselem accuse d’entretenir l’Apartheid, « un véritable régime de suprématie juive ».

Rappelons aux ignorants que le régime d’apartheid en Afrique du Sud (1948-1994) interdit aux noirs de voter ou d’être élus aux suffrage universel, d’étudier dans les universités ou de recevoir un traitement dans les hôpitaux des blancs… et de nombreuses autres contraintes discriminatoires. Cette allégation ignore complètement la nature raciste et réelle du phénomène de l’Apartheid, et témoigne d’une incompréhension totale du caractère ouvert, pluraliste et démocratique de la société israélienne.

La comparaison entre Israël et l’Afrique du Sud a été d’ailleurs complètement rejetée par les Sud-Africains eux-mêmes. Le but de cette propagande, est de délégitimer la base même de l’existence de l’Etat d’Israël, de manipuler cyniquement la communauté internationale et de l’encourager à imposer des sanctions internationales contre Israël sur le modèle des actions entreprises contre l’ancien régime d’Apartheid en Afrique du Sud.

Israël est une société multiraciale et de toutes les couleurs. La population arabe israélienne participe activement au processus politique et jouit d’une complète égalité et de la liberté d’expression. Elle élit ses propres membres à la Knesset et des juges arabes siègent à la Cour suprême de Justice. Des Arabes israéliens servent comme chefs de départements hospitaliers, professeurs d’université, diplomates et comme hauts gradés au sein de la police et de l’armée.

Chaque communauté exerce librement son propre système juridique religieux, applique respectivement la charia ou la loi juive.

Contrairement à de nombreux pays, notamment arabes, dans lesquels la religion est déclarée religion d’Etat, ou dans des pays occidentaux où le christianisme est la religion dominante, ou dans de certains pays musulmans tels que l’Iran et l’Arabie saoudite, où certaines zones, villes et routes sont limitées aux “musulmans seulement” et où les femmes sont traitées comme des citoyennes de seconde classe, et les homosexuels comme des criminels, la loi israélienne, elle, considère le Judaïsme, l’Islam et le Christianisme comme des religions officielles dont la liberté et l’égalité sont assurées constitutionnellement pour tous et sans exception.

L’incitation ou la pratique du racisme en Israël est une infraction pénale, de même que toute discrimination fondée sur la race, la religion et le sexe. Les écoles israéliennes, les universités et les hôpitaux ne font aucune distinction entre Juifs et Arabes.

Notre devoir est de clarifier chaque allégation et de répondre à tous les mensonges par des arguments solides et irréfutables sur les plans historique et juridique, et sur des preuves prises sur le terrain concernant les activités israéliennes.

Enfin, espérons que tous les hommes et les femmes de bonne volonté ne tomberont pas dans le piège de la manipulation et la désinformation et oseront réfuter avec force des rapports tronqués sur la politique d’Israël dans les Territoires.

Cet article a été publié le 17 janvier 2021 sur le site https://jcpa-lecape.org/

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 25 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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