Israël et les médias : cachez cet antisémitisme que je ne saurais voir

Source : Statista / Reporters Without Borders
Source : Statista / Reporters Without Borders

Depuis le 22 mars dernier, en six semaines, 19 israéliens ont été assassinés par des terroristes palestiniens ou arabes israéliens.

Le Hamas, le Jihad Islamique, l’État Islamique ont revendiqué ces attaques et les ont célébrées en distribuant des friandises aux enfants dans les rues en liesse de Gaza, Ramallah ou Jénine. Ces enfants dont les livres scolaires – financés par l’UE – regorgent de récits antisémites, dont les émissions de télévision glorifient les attentats terroristes, ces enfants qui ont biberonné des récits fantasmés de « Nakba » et de revanche sur plusieurs générations. On ne s’étonne malheureusement pas dès lors, qu’une fois devenus adultes, ces enfants – façonnés par la haine – attaquent à coups de hache, de couteau ou d’armes à feu des Juifs, parce qu’ils sont Juifs.

Ne nous méprenons pas. Le conflit israélo-palestinien, entretenu par des pays voisins, ne se résume pas à un conflit territorial. C’est aussi et surtout un conflit religieux et idéologique. Il n’y a pas de différences entre les terroristes qui ont semé la mort au Bataclan, au Stade de France et aux terrasses parisiennes et ceux qui ont tiré à l’arme automatique dans les cafés de Tel-Aviv ou dans les rues de Jérusalem.

Car les violences anti-juives n’ont pas attendu la reprise de la Judée-Samarie en 1967 ni même la déclaration d’indépendance d’Israël en 1948 pour faire des victimes. Les pogroms anti-Juifs de 1920 à Jérusalem et de 1929 à Hébron, deux exemples parmi tant d’autres de violences meurtrières avant la renaissance d’Israël, ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés Juifs. Ces violences n’étaient pas motivées par des questions territoriales mais par la haine antisémite.

Et les exemples de cette haine à travers l’histoire récente ne manquent pas. Il en va ainsi de la création en mars 1943, par le grand mufti de Jérusalem, Amine al-Husseini, de la 13e division SS islamiste « Handschar » composée exclusivement de musulmans bosniaques, de l’accueil et la protection de nombreux anciens SS et hauts dignitaires nazis, reconvertis en conseillers des dirigeants arabes contre Israël, d’un président de l’AP, Mahmoud Abbas, rédacteur d’une thèse négationniste, des saluts nazis des jeunesses du Hezbollah, des appels du Hamas à cibler les synagogues partout dans le monde, de la vente des protocoles des Sages de Sion dans toutes les bonnes librairies palestiniennes et du monde arabe.

Mais les médias, pour la plupart, ignorent ces éléments de contexte pourtant éclairants, par paresse, désintérêt ou idéologie. Il en résulte des articles au mieux maladroits et le plus souvent, honteusement biaisés.

Et là non plus, les exemples ne manquent pas.

On peut ainsi noter les nombreuses accusations anti-israéliennes hâtives, sans fondement ni enquête, comme celles relatives à la mort récente et tragique de la journaliste Shirin Abu Akleh, tuée par une balle perdue lors d’un affrontement entre l’armée israélienne et des palestiniens à Jénine. Les autorités palestiniennes – pourtant toujours si promptes à incriminer Israël – se sont cette fois-ci déclarées incapables de déterminer si la balle était israélienne ou palestinienne.

Cette retenue – remarquable compte tenu de son exceptionnelle rareté – aurait dû à elle seule alerter les observateurs sur l’importante probabilité pour que la journaliste ait été la victime d’un tir palestinien. Et ce d’autant plus, après que les demandes israéliennes d’enquête conjointe et d’analyse conjointe de la balle aient été rejetées par l’AP, sans raison, sans justification.

Mais c’est peine perdue. Les médias n’ont eu de cesse de dénoncer à l’unisson l’évidente responsabilité d’Israël, sans savoir, sans même chercher à savoir la vérité. On ne se souvient pas en revanche les avoir entendus s’indigner ainsi de la mort de 7 journalistes tués en Ukraine depuis janvier, des 3 journalistes tués au Mexique la semaine précédente et, plus largement, des 17 autres journalistes tués dans le monde en 2022. Pourquoi ? Parce que ce n’était pas en Israël.

Et pour ceux qui ne l’auraient toujours pas compris ou qui feignent de ne pas le comprendre, cette diabolisation obsessionnelle et injustifiée d’Israël vient nourrir l’antisémitisme ici comme ailleurs.

La Charte de Munich de 1971 sur la déontologie des journalistes précise leurs devoirs : respecter la vérité, s’interdire les accusations sans fondement, rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte et ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du propagandiste.

Certains devraient la relire de temps en temps pour se rappeler le métier qu’ils s’enorgueillissent de faire et qu’ils ne font plus depuis longtemps.

à propos de l'auteur
Avocat aux Barreaux de Paris et New-York en droit pénal, propriété intellectuelle et droit des contrats, diplômé de UCLA (Los Angeles). Oudy Bloch a été chargé de cours à Paris X - Nanterre. Il est membre de plusieurs associations humanitaires.
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