Said Musayev
Ancien diplômé de Science politique de l'Université Montesquieu Bordeaux IV

Israël blâmé par les cercles politiques arméniens pour son soutien à l’Azerbaïdjan

Depuis le 12 juillet 2020, l’Arménie organise une attaque provocatrice dirigée vers les frontières de l’État azerbaïdjanais dans la direction du district de Tovouz qui a résulté la mort de 12 militaires et d’un civil âgé de 77 ans.

Au lendemain de cet affrontement, l’attaque arménienne a été réprimée suite à la réponse adéquate de l’armée azerbaïdjanaise, toutefois les Arméniens expatriés à l’étranger et orchestré par le lobbying arménien ont commencé à lancer des avertissements directs à l’État d’Israël, en le blâmant de fournir l’Azerbaïdjan de missiles de haute précision, drones d’observation et de drones armés.

Il est exact que la réaction de l’armée azerbaïdjanaise à cette provocation militaire arménienne n’est pas comparable à celle des années 90 où les forces armées arméniennes occupèrent facilement les sols sous la juridiction de l’Azerbaïdjan. Ce fut le retour aux territoires occupés. La reconstitution de l’armée azerbaïdjanaise sous la direction de Monsieur Ilham ALIYEV, Commandant suprême des Forces armées azerbaïdjanaises a eu un impact primordial sur la puissance de défense de notre pays. L’armée azerbaïdjanaise figure déjà parmi les 50 armées les plus puissantes du monde, selon le classement mondial du Centre de recherche américain “Global Firepower’’ (GFP).

Le 22 juillet 2020, l’Asbarez, l’organe médiatique de la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA-Dashnaksitoun) aux États-Unis a diffusé un article intitulé «La fourniture d’armes par Israël à Bakou menace l’alliance avec l’Arménie » le 20 juillet 2020 en avertissant l’État d’Israël à repenser ses relations avec l’Azerbaïdjan.

Il semble claire que la possession des drones ORBİTER-3 par l’Azerbaïdjan fabriqués par les Systèmes de défense aéronautique israéliens (IAI) qui a permis l’élimination de nombreuses structures militaires de l’armée occupante d’Arménie, inquiètent leur ministère de la Défense. C’est pour cela qu’ils propagent des fausses informations tous les jours sur l’élimination des drones azerbaïdjanais afin d’obtenir des avantages psychologiques. Ces systèmes high-tech israéliens donnent à l’arsenal militaire azerbaïdjanais la capacité de se défendre et de surveiller les actions provocatrices des positions ennemies.

Dans l’article publié par la machine de propagande du lobby arménien, il est faussement propagé l’idée selon laquelle “l’utilisation d’armes de haute technologie fabriquées en Israël par l’armée azerbaïdjanaise augmente le niveau de violence dans le conflit en encourageant les Azerbaïdjanais à lancer des attaques contre l’armée arménienne, sachant qu’il leur sera très difficile de se défendre ».

Mais chaque phrase de l’article comprend des idées fausses et créer une image de misère de l’Arménie et du peuple arménien, comme d’habitude. L’Azerbaïdjan est donc obligée de se défendre elle-même, avec sa propre capacité militaire. Au contraire, l’Arménie héberge à Guioumri la seule base militaire de la Russie dans le Caucase du Sud, dont elle profite des armes modernes de cet arsenal militaire russe depuis 1995.

L’Azerbaïdjan ayant subi l’occupation de 20% de ses terres du Haut Karabakh et de 7 de ses districts adjacents inclus, n’a adhéré à aucune alliance militaire régionale où mondiale. L’Arménie qui contrôle illégalement 7 districts adjacents de l’Azerbaïdjan dans le but de les utiliser comme corridor de transport entre les terres azerbaïdjanaises occupées par elle-même et le reste du pays et non pour avoir un couloir de communication directe avec le Haut Karabakh

L’Arménie, en rejoignant l’Organisation du Traité de la Sécurité collective (OTSC), viole ce traité en n’obéissant pas aux principes de l’Acte d’Helsinki de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et les 4 résolutions du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unis (ONU) qui exigent le retrait immédiat et inconditionnel des forces armées arméniennes des territoires occupés de l’Azerbaïdjan, l’Arménie viole les principes du droit international comme l’intégrité territoriale, l’inviolabilité des frontières et l’interdiction du recours à la force.

Alors le partenariat indéfectible entre Israël et l’Azerbaïdjan ne se base pas seulement sur le commerce où des liens opportunistes comme il a été souligné dans l’article des lobbyistes arméniens, au contraire il existe des racines profondes et la compréhension mutuelle dans les liens entre les Juifs et les Azerbaïdjanais. Les liens stratégiques israélo-azerbaïdjanaises ont été construits sur du béton solide par Heydar Aliyev, fondateur de l’Azerbaïdjan indépendant. En conséquence, son successeur Ilham Aliyev attache une grande importance au maintien de ces relations, exemplaires dans le monde arabo-musulman.

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Zohrab Mnatsakanyan, a exhorté jeudi le 30 juillet Israël de cesser de vendre des armes à l’Azerbaïdjan, déclarant que «le commerce d’armes vers l’Azerbaïdjan est fatal». Dans une interview publiée jeudi dans le Jérusalem Post, Mnatsakanyan a averti que les armes vendues par Israël à l’Azerbaïdjan sont utilisées sur des cibles arméniennes, jurant que «Nous poursuivrons constamment cette question, elle fera toujours partie intégrante de notre programme sur les plates-formes bilatérales et multilatérales. Israël devrait mettre fin à cette affaire mortelle avec l’Azerbaïdjan », a ajouté Zohrab Mnatsakanyan.

L’Arménie présente l’approfondissement de la coopération militaire de l’Azerbaïdjan avec Israël comme une menace pour sa sécurité nationale. Cependant, il faut tenir compte du fait que l’Azerbaïdjan ne coopère pas uniquement avec Israël. La Russie, la Turquie et d’autres pays font partie des pays avec lesquels l’Azerbaïdjan coopère militairement. La Russie est l’allié militaire de l’Arménie et le pays qui vend le plus d’armes à la région aussi.

Les dirigeants arméniens où les groupes du lobbying arménien comme le Comité National Arménien d’Amérique (ANCA) ou la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA – Dashnaksitoun) n’ont pas le droit de menacer l’État d’Israël où les dirigeants des industries d’armement israéliens.

En s’appuyant sur le soutien durable de l’Iran, un pays soutenant directement le terrorisme et l’antisémitisme politique, depuis quand l’Arménie est devenue un allié d’Israël.

Quant au but principal d’Erevan récemment annoncé sur l’ouverture d’une ambassade d’Arménie en Israël, il est liée à la reconnaissance des événements historiques de 1915 comme un génocide et ainsi empêcher à Tel-Aviv, la vente d’armes israéliennes à l’Azerbaïdjan.

Mais en levant un mémorial pour Garegin Nzhdeh (reconnu avec son surnom « Dro ») ou donner son nom à une avenue centrale à Erevan, en glorifiant le soi-disant « héroïsme » des arméniens dans les manuels scolaires, traitres au service des nazis exterminant les Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, comment pouvez-vous attendre une solidarité des Israéliens avec « les amis de ses ennemis » ?

Rappelons que, Israël et l’Azerbaïdjan ont développé une relation stratégique profonde pour affronter les menaces communes et assurer la sécurité régionale. Ces relations ont été établies depuis 29 ans, pas d’aujourd’hui. En félicitant la journée de la République d’Azerbaïdjan le 28 mai 2020, le président de l’État d’Israël M.Reuven Rivlin a invité le président de la République d’Azerbaïdjan M. Ilham Aliyev en Israël l’année prochaine à l’occasion du 30e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. « Les relations fraternelles entre les peuples azerbaïdjanais et juif, ainsi que les efforts conjoints de nos peuples pour promouvoir la tolérance religieuse et condamner toutes les manifestations de haine et d’antisémitisme sont la base de notre partenariat » ont été notés dans la lettre adressée au président azerbaïdjanais.

L’Azerbaïdjan et Israël sont confrontés à de nombreux défis communs, dont le terrorisme, la contrefaçon, la cyber-guerre et l’extrémisme religieux. Ce partenariat israélo-azerbaïdjanaise n’est pas dirigé contre les tiers, l’Azerbaïdjan comme un pays subissant une invasion territoriale par l’Arménie, a le droit à l’auto-défense.

Les parties invisibles de « l’iceberg du partenariat israélo-azerbaïdjanais» sont la coopération dans les domaines de la défense et de la sécurité. Israël joue un rôle important dans la modernisation du système militaire et de défense de l’Azerbaïdjan. Les parties invisibles de cet iceberg sont des avantages mutuels, les deux nations bénéficient d’un solide partenariat stratégique qui s’appuie sur le leadership d’Israël dans la conception de technologies avancées militaires, de sécurité intérieure, de lutte contre le terrorisme, de renseignement et de cyber-protection qu’il partage avec l’Azerbaïdjan.

Il faut être prudent car le lobby arménien a gagné du terrain à l’encontre des amis proches de l’Azerbaïdjan depuis une vingtaine d’années. C’est la même FRA Dashnaksitoun, sans regretter son passé antisémite, qui blâme aujourd’hui l’État d’Israël son soutien à l’Azerbaïdjan. Évoquons que dans les années 1930 la presse  éditée par la FRA aux États-Unis a multiplié les articles antisémites et favorables au  Troisième Reich. Petit florilège, extrait de la collaboration nationaliste-extrémiste Dashnak avec le régime nazi, New York, Service d’information arménien, 1944. «Aujourd’hui, l’Allemagne et l’Italie sont fortes parce qu’elles vivent et respirent en termes de race.» (Haïrenik, 16 avril 1936).

«Il est parfois difficile d’éradiquer ces éléments nocifs [les Juifs], quand ils ont contaminé jusqu’à la racine, telle une maladie chronique, et quand il devient nécessaire pour un peuple [en l’occurrence les Allemands, ou plutôt les nazis] de les  éliminer par une méthode peu commune, ces tentatives sont considérées comme  révolutionnaires. Au cours d’une telle opération chirurgicale, il est naturel que le sang coule. Dans de telles conditions, un dictateur apparaît comme un sauveur.» (Haïrenik, 19 août 1936).

«Quoi que les Juifs soient les plus fanatiques des nationalistes et des adorateurs de la race, ils sont obligés de créer une atmosphère d’internationalisme et de cosmopolitisme pour préserver  leur  race. De même que les Britanniques utilisent  des  navires de guerre pour envahir des pays, les Juifs utilisent l’internationalisme ou le communisme comme des armes.» (Haïrenik, 21 août 1936). Nous pouvons encore prolonger ces preuves sur les actes antisémites des Arméniens. Alors, c’est impossible d’imaginer une coopération de l’État d’Israël avec des entités fabriquant des actes antisémites et racistes.

Actuellement comme la deuxième phase de cet acte planifiée à la frontière de l’État azerbaïdjanais (Tovuz) par le Premier ministre arménien Nikol Pashinian, des comportements hostiles physiques et des injures aggravées  se sont poursuivies envers les sièges des représentations diplomatiques de l’Azerbaïdjan à l’étranger.

Les manifestants azerbaïdjanais, qui défilent pour dénoncer civilement l’occupation et l’agression militaire de l’armée arménienne dans les territoires azerbaïdjanais, Haut Karabakh et 7 districts adjacents, subissent des violences physiques et des insultes.

En Russie, aux États-Unis, en France les manifestants pacifistes azerbaïdjanais ont subi de graves dommages et attaques physiques par les groupes extrémistes composés des membres du Comité National Arménien d’Amérique(ANCA), du parti nationaliste arménien FRA Dachnaktsoutioun et de son aile jeunesse radicale FRA Nor-Seround, ainsi que des membres du Conseil de coordination des organisations arméniennes (CCAF), Charjoum.

En Ukraine, un Arménien, armé d’un pistolet, a ouvert le feu sur quatre étudiants azerbaïdjanais, dont deux ont été blessés. Cette haine ethnique arménienne envers les Azerbaïdjanais, dont elle est perçu comme les répercussions d’une « nouvelle phase”, trouve-t-elle ses origines de la politique de nettoyage ethniques des Azerbaïdjanais dans le Haut Karabakh ?

Le Bureau de Los Angeles du Comité Juif Américain (AJC), le Centre Simon-Wiesenthal et L’Anti-Defamation League (ADL), les trois Organisations juives les plus importantes du Monde ont condamné les crimes de haines perpétrées ces derniers jours à Los Angeles par les groupes radicaux Dashnak envers les manifestants pacifistes azerbaïdjanais, en s’appuyant sur leur droit d’expression et de manifestation, les libertés fondamentales.

Le département de police de Los Angeles (LAPD) a annoncé le 23 juillet que des Azerbaïdjanais avaient été attaqués et blessés par des groupes arméniens lors des violences devant le Consulat général d’Azerbaïdjan à Los Angeles le 21 juillet. Le LAPD police a déclaré qu’il enquêtait sur les agressions et les crimes de haine commis contre les Azerbaïdjanais, en conséquence, un arménien a été déjà arrêté.

Il y a une nuance à souligner lorsque la Communauté juive de Los Angeles adresse leurs sincères prières aux victimes azerbaïdjanais pour les prompts rétablissement, alors cela confirme la vraie solidarité des Israéliens avec le peuple azerbaïdjanais, il n’y a aucun sens dans l’interprétation de l’importance du partenariat israélo-azerbaïdjanaise par les lobbyistes arméniens.

Car l’Azerbaïdjan a été “un véritable lieu de refuge’’ lorsque les Juifs ont été persécutés par les Assyriens, les Perses où par la Russie tsariste, donc la nation azerbaïdjanaise a toujours préféré la coexistence multiconfessionnelle et multiculturelle, et non à l’homogénéité du peuple comme les arméniens monoéthniques.

Bref, pouvait-t-il faire confiance à un État qui répand systématiquement l’antisémitisme comme l’Arménie??

La lettre officielle de M.Eric Michael Garcetti, maire de Los Angeles adressée au Consul général de l’Azerbaïdjan à Los Angeles  M. Nasimi Aghayev condamnant la violence des radicaux arméniens contre les Américains d’origine azerbaïdjanais

 

à propos de l'auteur
Said est né le 1er mars 1988 en Azerbaïdjan. Ancien diplômé de Science politique de l'Université Montesquieu Bordeaux IV (2011-2012), après avoir terminé ses études en Master Droit Public et Science Politique, spécialité de l'Intégration Communautaire et Politique Européenne de Voisinage à l'Université de Reims Champagne-Ardenne en France (2012 -2014) Il a commencé à consacrer ses recherches sur l'histoire des Juifs d'Azerbaïdjan et la coexistence des Juifs avec différentes cultures dans différentes sociétés. En 2014, il a effectué un stage rémunéré au sein du Parlement européen à Bruxelles. En septembre 2015, Said Musayev a été recruté par le Comité d'État pour les Travaux avec les Organisations religieuses de la République d'Azerbaïdjan pour le poste de "consultant" dans la section de la coopération internationale. En janvier 2016, il a été admis au programme de doctorat en science politique sur le thème "Combattre le racisme, l'antisémitisme et la radicalisation dans le contexte des droits humains en Europe et le cas azerbaïdjanais" au sein de l'Institut des Droits de l'Homme à Bakou . En 2016, Said a été le premier diplômé azerbaïdjanais de l'Université numérique européenne d'études juives-UNEEJ, un projet dirigé par l'Institut Elie Wiesel et l'Alliance Israélite Universelle (AIU) en France. En avril 2016, il a été désigné par la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LİCRA) comme représentant accrédité en Azerbaïdjan. En juillet 2017, grâce au grant d'excellence de l'Institut pour l'étude de l'antisémitisme mondial et des politiques (ISGAP), il a participé à un atelier international sur l'étude de l'aspect interdisciplinaire de l'antisémitisme contemporain au St John's College, à Oxford. En septembre 2017, il était chercheur invité de l'Université de Strasbourg avec la bourse de recherche de l'Académie nationale des Sciences d’Azerbaïdjan afin d'étudier les systèmes juridiques européens et les dispositifs institutionnels de lutte contre l'antisémitisme multiforme. En janvier 2018, Said Musayev était conférencier lors d'une table ronde organisée sur le thème "Caucase du Sud: Comprendre un voisin de l'Europe" à l'invitation du Centre d'analyse de politique étrangère (CAPE) à l'Assemblée nationale de France à Paris. Depuis 2014, il est journaliste indépendant dans les médias israélien, américain, français et azerbaïdjanais The Times of Israel, Jerusalem Post, Israel Science Info, Israel News Info, Azvision, l’Express. Actuellement, Said Musayev, comme chercheur associé au sein de l'Institut du Droit et des Droits de l'Homme à Bakou, travaille sur l'histoire des Juifs des Montagnes, la plus ancienne Communauté juive séfarade en Azerbaïdjan. Il est auteur de nombreux articles scientifiques et initiateur de nombreux projets visant le dialogue interculturel et interreligieux et la lutte contre l'antisémitisme dans les pays musulmans.
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