Israël à l’épreuve de l’idéologie politique
Dans son livre « Le différend« , J.-F. Lyotard dit : « La politique est la menace du différend. Ce qui est en cause dans la politique, c’est le genre de discours selon lequel se formulent les différends d’où la guerre civile peut toujours revenir, et revient en effet. »
Quelles sont les conditions pour permettre au militant de continuer à penser malgré l’idéologie ou en son sein ? Ce dilemme prend des allures de piège redoutable pour la femme ou l’homme politique.
Les idéologies du long terme sont mortes, la politique est devenue un business à court terme dans lequel on élit des hommes, pas des idées. Les gouvernants israéliens restent traumatisés par une certaine affaire dont celle du meurtre de Rabin(z »l).
Si s’intéresser aux partis politiques peut sembler vain et très peu pertinent, ce n’est pas une raison pour se désintéresser de la politique, au sens philosophique, au sens intellectuel : aux courants politiques historiques et à ce que chaque courant politique porte comme valeurs dans un éventail allant de gauche à droite ne fonctionne plus. La politique serait-elle sujette à « discorde idéologique », si tant est qu’elle se prête à un débat argumenté ?
Question intempestive en regard des clichés entretenus sur la communication politique et la « fin des idéologies », censée avoir précipité la dépolitisation des démocraties. Le clivage appelle une élucidation conjointe tout en restant « pomme de discorde » pour le pouvoir d’imposer les catégories pertinentes au réel.
L’épreuve idéologique devrait servir de repoussoir pour toute décision politique qui porterait aux principes démocratiques sur une situation à risque. Albert Jacquard, qui vient de mourir, le disait très bien : « un gagnant, ça produit nécessairement un perdant »

