Hypatie New York City

Le projet Hypatie visait à inscrire sur les emplacements restés libres au deuxième étage de la Tour Eiffel les noms de femmes pionnières et exemplaires dans l’histoire des sciences. Et notamment : Lucie Randoin qui conserva en 1944 des sérums et vaccins de l’Institut Pasteur dans des sous-sols pour la Résistance.

Dans un courrier adressé au directeur du CNRS en octobre 1944, elle fait également mention d’autres faits de résistance au sein de son service durant l’occupation nazie.

Le Laboratoire de physiologie de la nutrition qu’elle dirigeait a hébergé temporairement un prisonnier évadé qui fit partie des Forces françaises de l’intérieur, un membre du Comité directeur de l’OCM, une traductrice-bibliographe de confession juive ainsi que quelques jeunes hommes affiliés au Laboratoire et réfractaires au Service du travail obligatoire (STO).

L’ingénieur derrière la Tour Eiffel était aussi celui de la statue de la Liberté, après la mort de Viollet-le-Duc en 1879. Aurons-nous aussi une frise de savantes sur Liberty Island dans la baie de New-York ?

Pour en débattre, encourageons une réflexion audacieuse issue de la société civile autour de la  « noble et valeureuse Lucie Randoin », poursuivant ainsi la question écrite inscrite au journal officiel de la République française à l’attention du ministre des Affaires étrangères et de la ministre de la Culture, désormais ouverte au débat parlementaire. Thème proposé : Inscription de Lucie Randoin parmi les femmes scientifiques à honorer sur la Statue de la Liberté.

Emma Lazarus (1849-1887) était une poétesse américaine influente, célèbre pour son sonnet « The New Colossus » (1883) gravé sur la Statue de la Liberté.  Ce poème a été écrit pour lever des fonds pour le piédestal de la Statue de la Liberté.

Les travaux de Lucie Randoin ont joué un rôle majeur dans le développement d’aliments composés vitaminés ou complémentés à partir du début des années 1930. Ses innovations peuvent fortement intéresser le public américain, les milieux scientifiques et innovateurs du Nouveau Monde, en particulier pour renforcer le calcium de coquilles d’œuf à partir de minéraux marins, près de dix ans après l’organisation de l’Exposition universelle de Milan en 2015 « Nourrir la planète, Energie pour la vie » où la France et les Etats-Unis étaient représentés par leur pavillon composé respectivement d’une structure en bois d’épicéa : « Produire et nourrir autrement » et d’une « Ferme Verticale » présentant une variété de cultures vivrières.

Juste avant et juste après-guerre, la problématique de la nutrition fut englobée dans une problématique alimentaire globale et mondiale, et posée, en particulier lors de l’importante conférence de Hot Springs organisée en 1943 à l’initiative de Roosevelt, comme une question cruciale pour le bien-être de l’humanité et une condition de la paix dans le monde.

L’alimentation nutritive et durable était au cœur de l’agenda de la COP28 avec notamment la proposition d’un panier alimentaire de 18 ingrédients dont le prix doit baisser en raison d’une production plus intensive au niveau local. De même, d’autres préconisations ont proposé de travailler à un programme d’utilisation du gaspillage alimentaire pour nourrir les animaux.

En tant que boussole architecturale des sciences de la nutrition outre-Atlantique, la mémoire de Lucie Randoin sur la Statue de la Liberté pourrait encourager l’émergence d’une « Silicon Valley » de l’agriculture écologique.

à propos de l'auteur
Originaire de la cité corsaire de Saint-Malo sur la côte d’Émeraude, Kevin Lognoné est un analyste en capacités partenariales, managériales et d'innovation. Français du sixième département breton (diaspora), il a réalisé plusieurs tours du monde et publie régulièrement des carnets de voyages qui participent au renouvellement du champ des « borders studies ».
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