Hoshanot : sauver et guérir

Etrog
(c) Alexander Winogradsky Frenkel

C’est l’automne, donc le temps des pluies, des orages, des éclairs. Il y a un bon sens paysan : on croit reconnaître les saisons. Mais on ne les reconnaît plus quand le climat ravage des régions entières, détruisent, meurtrissent, provoquent des mouvement migratoires intenses, tuent, les éléments expriment une vengeance qui semble inédite.

Aimez-vous les plantes ? La soucca est hospitalière, frugale mais plantureuse : le bouquet festif du lulav/לולב [Lévitique-Vayiqra 23, 40] rassemble, au moment de la fête des Tentes, l’existence humaine.

L’ânesse de Bilaam est plus inspirée que le « prophète » payé pour maudire… Elle le remet dans le droit chemin avec un bon sens inspiré. Le grand poisson dit « la Baleine » abrite un Jonas plus disposé à aller en paquebot croisière post-babylonien de Tarshish qu’à courir les rues de Ninive et lancer à la criée l’urgence de la conversion, du retour à Dieu. Autant garder tout cela au présent, parce que ces récits restent valables pour nous et nos contemporains.

Comment allez-vous, vieilles branches et jeunes tiges ? A Souccot, le « Bouquet festif » est « arbaa minim/ארבעת המינים = quatre espèces ». Il représente tout le genre et la nature humaine.

La branche de palmier est droite, ferme et souple : elle est une colonne vertébrale qui diffuse, dans le corps, l’influx central venant de notre cerveau. Les trois brindilles de myrte (Hadassim/הדסים) ont des feuilles semblables à l’oeil : celui-ci peut tant s’adonner à la luxure que servir à regarder la beauté, aimer l’Eternel et les êtres, le monde vivant.

Les feuilles des deux branches de saule (aravot/ערבות) rappellent une bouche qui parle. Elle peut encourager ou exprimer le désespoir.

Le plus beau est le « citron, cédrat » ou « étrog/אתרוג ». Le mot vient d’une racine qui désigne la pousse des oranges ou citrons et la «clarification d’un langage énigmatique» (Erubin 53b).

L’étrog hésite entre le vert et le jaune. Son parfum est délicat, comme les justes qui possèdent la Loi et font de bonnes oeuvres. La palme n’a pas d’odeur mais son fruit est délicieux, comparable à ceux qui sont versés dans l’Ecriture sans pratiquer les Mitzvot (bonnes actions et Commandements).

La myrte sent bon mais n’a pas de saveur, un peu comme les « petites gens » qui font de bonnes choses sans connaître la Tradition. Quant au saule, il n’a ni goût ni odeur… il y a ceux qui n’étudient pas et ne font pas de bonnes choses.

Une description basique et pourtant ! En prenant ce bouquet, le Juif tient en main ce qu’il est, et aussi l’ensemble de l’humanité dans sa diversité. D’autant qu’il faut agiter les plantes en main dans les directions cardinales du globe terrestre, puis vers le haut et vers le bas. Bref, un vrai shake-hand communautaire, spatial qui affirme le règne divin sur tout l’univers.

Est-ce uniquement symbolique ?

Il y a ces sept circuits [hakafot/הקפות) comme autour de Jéricho, puis du mont des Oliviers et du Temple qui ouvrent sur une époque nouvelle, tekufah/תקופה.

Ce même mouvement circulaire est saisissant à La Mecque, autour de la Kaaba comme au mois du Hadj (pèlerinage). En bulgare, le mot « hadji » désigne le pèlerin chrétien qui a rendu visite au Saint Sépulcre…

Le ridicule tue rarement et la vraie question de ce temps de 21 jours qui s’étend de Rosh HaShanah à la Hoshana-Rabbah (pré-fin de la fête des Tentes) est de s’interroger sur la manière dont nous sommes prêts à vivre le temps qui nous est proposé sans perdre le sens commun. C’est en ce jour de suppliques instantes que sonne le vrai jugement qui descendra du Très-Haut.

Certains sont hantés par des Dybboukim/דיבוקים popularisés par les récits populaires et volontiers crédules de la culture européenne de l’Est.

C’est ce qu’exprime Shloyme Zandvel Rappaport alias Semyon Akimovitch Ansky (1863-1920) : « Au jour du Grand Pardon, le Grand-Prêtre entrait dans le Saint des Saints à Jérusalem et y prononçait le mot le plus saint, le Nom Divin. Maintenant qu’il n’y a plus de Temple, tout lieu vers lequel un être lève les yeux au ciel devient le Saint des Saints. Tout être humain est alors créé par l’Eternel et devient semblable au Grand-Prêtre. Chaque jour vécu par tout homme devient un Jour de Grand Pardon. Les mots qu’il prononce proviennent alors du lieu le plus intime du Nom Divin. »

Ne serait-ce pas trop « théâtral » ? Franchement ! La pensée russe et yiddish s’exprime dans des climats peu enclins à privilégier la liberté d’action. Elle préfère son univers ou Weltanschauung tissés de rêves. Ils incitent pourtant à prendre au sérieux des mots inspirés ou puisés dans la tradition orale.

Certes, Ansky vivait dans un milieu où le judaïsme traditionnel se conjuguait au christianisme oriental byzantin par une exclusion subtile faite d’attirance-répulsion selon le mot de Franz Kafka (« strach-touha » en tchèque). Cette fascinante répulsion cousue de haines parfois amoureuses prouve le danger qui nifiltre les jours de nos vies entre liberté et captation des êtres par les idées ou la puissance.

Le propos se trouve aussi dans les Pirkei de Rabbi Nathan et dans les paroles de Paul de Tarse parlant de l’expérience chrétienne : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de l’Eternel demeure en vous ? Si quelqu’un souille le temple divin, Dieu le détruira, car le temple de Dieu est saint et vous êtes le temple. » (1 Corinthiens 3, 16-17). Là, il est question de grande fragilité, à l’image de la respiration ténue – hevel/הבל – de Qohelet, devenue “vanité” en occident ou “excitation irraisonnée” dans le monde slave.

Ainsi, chacun est un habitacle inspiré, semblable au Créateur… comme si les sacrifices étaient en sursis ou en attente pluriséculaire. Le Temple est apparemment détruit et reste pourtant indestructible pour la mémoire, invisible et toujours présent dans la Parole Divine. Il modifie la nature et l’identité de tout être de chair, d’os et d’esprit. Au fond, tout bar mitzvah doit normalement connaître le service du Temple de Jérusalem comme si demain, après-demain, pour toujours ou jamais il devait être prêt à reprendre ce Service qui unit la vie d’En-Haut et d’Ici-bas.

Il est difficile de percevoir une telle réalité qui reste de l’ordre de l’Ineffable au milieu des jungles humaines. L’actualité nous le rappelle, invitant à dépasser le stade de réflexions ou d’opinions pontuelles.

Soyons concrets : cela fera 21 jours que les Juifs se souhaitent une bonne année 5782. De voeux pour que chacun soit jugé positivement pour une année féconde. En secouant ces « quatre espèces », il est temps de se poser les bonnes questions : « Qui, que, quoi, où ? » Car « Min/מין » couvre beaucoup de choses : c’est « qui » en araméen et « hors de, en » en hébreu. C’est aussi l’ »activité sexuelle » d’où nous provenons tous et toutes, donnant sens à l’identité de notre « espèce » et “nature”. Elle existe et interroge à la fois.

L’hébreu ne connaît pas le mot sexe”. Dans cette langue, l’être humain ne pourrait même pas avoir d’identité au sens occidental. Lorsque Eliezer Ben Yehoudah redonna vie à l’hébreu actuel, il ne trouva pas de mot pour dire “identité”. Il créa le mot “zehout/זהות” à partir de l’expression “zeh hou/זה הוא = ceci est (ici, là) ”. Les langues sémitiques reposent sur des interrogations constantes, répétitives. Elles ne figent rien, elles jouent sur des paradoxes, des extensions bilitères ou trilitères qui se développent par inclusions ou oppositions.

Le radical “min-man/מן-מין” interroge et définit une “espèce” en tant que “qu’est-ce ?”, donc “D’où vient ceci ?”. et, par conséquent, “qui -Min/-מי-מין’‘ correspond à “quoi-MaN/מן=מה’‘. Il s’ensuit “MaN Hu/מן הו = qu’est-ce que c’est ou bien qui est-ce selon la vocalisation de M-N” = d’où celà (pro)vient-il / מנא ? “ ce que l’on traduit habituellement par “la manne”. Traditionnellement, “man(n)ah yafa/מנה יפה désigne la meilleure part du repas festif.” (Yalkut Devarim 875).

Alors, rendez-vous le 21 Tichri 5782 (26-27/09/2021 – כא דתשרי תשע’ה) ou jour de Hoshana Rabba (הושנא רבא, c’est de l’araméen), c’est-à-dire la Grande Supplication, intense, profonde. C’est du sérieux ! Suppliques de salut, Hoshanot, commencées au jour du nouvel an. Maintenant les choses vont être définitives. Finalement, il faut bien recevoir le bon ticket pour une année productive, donc bien se secouer, crier avec joie et espoir. D’accord, mais la foi est souvent moins allélouiante ces derniers temps : des suspicions entre diverses communautés (c’est vrai au sein d’un christianisme très fracturé). On surveille, on compte le nombre de ses fidèles. Comment parler, que dire du Divin ? Traditions vraies négligées (les Chrétiens d’Orient, cf. mon article : « Mon père était un nomade d’Aram« ) ou tirées de vieilles outres locales revues au goût de l’hédonisme post-moderniste et séducteur.

Hosanna est de l’araméen qui est devenu hébreu, puis est passé en latin, grec, slavon et dans toutes les langues. Solennel et dynamique. « Sauve ! », bon, mais qui faut-il sauver ? Et puis, Hosanna tinte comme une acclamation joyeuse.

Hoshana, c’est surtout « Hoshiya-na/הושיע נא! = ana, hoshiya na = Toi, donc, Eternel, sauve ». « Sauve maintenant! » selon le Targoum Onkelos. C’est un cri qui monte des entrailles. Il est dans les séquences dites pendant les Hoshanot tirées du Psaume 118, 25 : « Que l’Eternel donne joies et prospérité car Il vient ».

Sauver ? Cela veut dire quoi à l’heure d’un virus qui gratouille invisiblement ? Sauver sa peau, ne pas être tué-es? assassiné-es, violenté-es, violé-es, volé-es, trahi-es ? De même, ne pas agir avec les mêmes pulsions de destruction envers autrui. C’est cela le quotidien de jours dont le matin ignorerait l’après-midi ou le soir, entre l’aube et le coucher du soleil. « Ne touche pas à qui m’est consacré/אל תגיעו בתשיחי » (Psaume 105, 15). OK, ολλα καλα – cool ! Qu’est-ce-que cela devient dans la vie courante ? Autant le dire tout de go : c’est le leitmotiv de Kippour, de toute supplique : « Purifie-nous ! » (Taher/טהר).

D’autant que la séquence de la Hoshana Rabba semble marteler d’autres sons « Ani VaHu hoshiyana/אני והו-א הושיע נא = Moi et Lui, qu’Il sauve donc maintenant ! » – « Que l’Eternel sauve Sa propre gloire, ici et maintenant, là, partout ». C’est le règne de l’Eternel qui est en jeu, c’est Lui qui doit être sauvé. Est-ce paradoxal ? Mais voyons ! « Où est ton Dieu ? » cela fait des siècles, des lunes et des lustres que la question revient, lancinante, vindicative parfois. Aujourd’hui, combien de fois cette interpellation est lancée chaque heure, chaque jour – donc à l’année !

La tradition affirme qu’il s’agit de deux versets bibliques : « Ani-J‘étais au milieu des exilés » (Ezékiel 1, 1) et « VeHu-Et Il se trouvait enchaîné au milieu de tous les prisonniers de Jérusalem et de Juda qui étaient déportés à Babylone » (Jérémie 40, 1). Dans les deux cas, l’Eternel est toujours présent. Il exprime, Il confirme l’union indissociable entre le Roi de l’univers et Son peuple. Il s’agit de la Maison d’Israël et cela reste, comme revigoré à la génération à laquelle nous appartenons et participons. Mieux encore : tu crois ou tu crois pas, c’est comme du Victor Hugo : “L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn” (La Conscience). Tu veux ? Tu veux pas ? Il est là, dans ta quête ou la revendication féroce de sens.

Ainsi, comment voir qu’Il est vivant, magnifié dans le monde qu’Il a crée et qu’Il exalte l’être vivant par Sa force créatrice ? C’est ainsi que la tradition rapproche ce « Moi et Lui » de la parole « Le Dieu de mon père, je L’exalterai = anvehu/אנוחהו » (Exode 15, 2).

C’est alors que ces plantes, fruits du règne végétal, naturel et d’une terre singulière insufflent un élan à ceux qui font corps pour interpeller le Créateur. Curieux ? Qui est le « pauvre » dans la tefila le’ani/תפילה לעני – la prière au pauvre – dans le psaume 102, 1, sinon l’Eternel qui attend la parole humaine et poursuit le dialogue avec Sa création. La palabre des hommes s’égare souvent dans un cordon ombilical coupé qui se fossiliserait en une douleur fantôme.

Sauver le règne du Maître du temps et de l’univers ? Ou dire : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Psaume 118, 25). En Israël, il est normal d’accueillir une personne par ces mots : « Barukh haba/ברוך הבא = Béni qui vient » et la réponse est « venimtza/ונמצא = et s’est trouvé ».

Il y a ces jours où la communauté d’Israël est happée par l’interrogation de la Présence divine et confirme sa fidélité. Les turbulences de l’histoire, les tragédies restent, au fond, incompréhensibles. Elles s’abîment dans le saisissement aléatoire de directions possibles, contradictoires, paradoxales qui chancèlent entre bonté et joie ou, par revanche, méchanceté chargée de haines et de noirceurs.

Etre sauvé par le Créateur et « sauver » Son règne, c’est prolonger le partenariat entre Lui et nous.

C’est là qu’il est difficile d’être conscient de ce que coûte le salut. Ces jours-ci, Hoshana Rabba est scandée au Lieu même de la Maison, le mont du Temple.

Dans la Vieille Ville de Jérusalem, depuis deux mille vingt-et-un (2021) ans, la même interrogation s’exprime comme en un écho évident. Quand les passants ont apostrophé Jésus crucifié : « Hé ! Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même en descendant de la croix » (Marc 15, 30), le mauvais larron a grommelé : « Sauve-toi toi-même et nous aussi ! » (Luc 23, 39).

Justement. Et si la Providence divine ne faisait que cela : sauver les vivants entre l’arche de Noé et le signe de Cain ?

Le dimanche qui précède la Pâque ou résurrection de Jésus de Nazareth est appelé « l’Entrée de Jésus à Jérusalem ».

Les fidèles ont des rameaux, souvent tressés de manière très belle. Le Croissant Fertile est le pays des palmes. Elles sont amples. Elles affirment le règne de Dieu et Sa venue dans la Ville. Et les « Hosanna au plus haut des cieux » résonnent entre Beth Phagé, le mont des Oliviers, le Golgotha, le Tombeau Vide, Lieu de la résurrection pour les Chrétiens.

L’analogie avec la fête de Souccot est discutable ou fortuite. Elle reste frappante tout en ayant un air de « faux-ami ».

Paradoxalement, « aravot/ערבות » se réfère aussi à la gloire divine. Dans la tradition talmudique, aravot correspond peu ou prou à l’expression chrétienne « au plus haut des cieux », comme dans le psaume : « … frayez la route à Celui qui chevauche les plus hautes nuées (b’aravot/בערבות) (Psaume 68, 5).

Ainsi, le mot qui désigne la plante de l’humilité, du dénuement, qui a besoin de tellement d’eau pour survivre sert aussi à nommer ce qui est au plus près de la Gloire du Créateur.

5782 est une année de jachère, la terre prend une année sabbatique. Elle se repose, se revampe, se refait une jeunesse. Les foins, les blés, l’avoine, l’oseille et les radis prennent la clés deschamps. Enfin, normalement !

Une chose est sûre : dans un contexte apparemment obsédé par la climatologie, l’urgence d’un ordre écologique mondial et local, la shmittah/שמיטה (année sabbatique) juive passe inaperçue !

Le Pape François, le Patriarche écologique Bartholomée, tous les leaders spirituels d’un christianisme saluent la Création d’une voix unique qui semble sortir de Babel.

La foi d’Israël est profondément agricole. Il y a une septième année, calculée depuis l’an 3829 [année qui suivit la destruction du Temple] et la terre d’Israël s’arrête de produire. Elle est confiée à d’autres; c’est intéressant car il faut la confier à des non-Juifs, ce qui veut dire faire confiance à autrui, donc chez nous, à des Arabes ou différents « étrangers ».Les dettes devraient être supprimées sans blanchiment. En Israël, de retour au pays, on a revivifié le prosboul [contrat envers la cour rabbinique, Gittin 36b-37a] qui gèle les dettes jusqu’à la fin de l’année sabbatique. Cette création de Hillel l’Ancien indique le rapport intime qui existe entre le peuple juif et la terre d’Israël, les diasporas, le retour et le sens de ce retour en termes de l’appréciation du temps. D’autant que le mot talmudique est grec de l’expression « pros bouli bouleuton = de par l’assemblée des conseillers ». « Boule/Βουλη » désigne aujourd’hui le parlement grec.

Commentant l’œuvre du Père Georges Florovsky, théologien russe de renom, Jean-Claude Larchet écrit : “Pour Florovsky, l’Eglise est la seule interprète autorisée de la Révélation. En conséquence, la théologie est indissociable de la vie dans l’Eglise, c’est-à-dire de la vie liturgique et sacramentelle, mais aussi de la vie en tant que membre du Corps qu’est l’Eglise, conçue dans sa catholicité. Cela exclut toute pratique théologique individualiste et particularisante…”

Le Lulav ou bouquet festif de la fête eschatologique de Souccot/des Tentes souligne, dans les mains et le corps qui se tourne vers le Créateur, le caractère naturel – né de l’essence des énergies naturelles – de la véracité de la Révélation. Elle s’exprime dans la liturgie de Souccot et crie pour éveiller à la réunion de tout et de tous.

Il existe, de manière “réduite” dans les rameaux de la Semaine sainte chrétienne. Le christianisme parle de l’existant, des Espèces, mais ne fait pas usage de la matérialité spirituelle des fruits de la terre qui ont besoin, comme la nature, de l’eau, de pluies abondantes qui viennent des nuages, des cieux.

J. C. Larchet cite le théologien russe : “Dans le ministère, l’unité organique du Corps n’est pas seulement présentée ou exposée, mais surtout enracinée, sans préjudice porté à l’ “égalité” des croyants, tout comme l’ “égalité” des cellules d’un organisme n’est pas détruite par leur différenciation structurelle : toutes les cellules sont égales en tant que telles, et cependant différenciées par leurs fonctions, et, encore une fois, cette différenciation sert l’unité… devenir plus complète et plus intime…”. (J. C. Larchet, En suivant les Pères… La vie et l’oeuvre du Père Georges Florovsky”, 2019, pp. 83 & 329).

Tel est le défi de grande profondeur existentielle que fait le Juif tenant le bouquet festif : comprendre la plénitude de l’expérience de Qohelet, donc de l’indéfectible unité à vivre le Royaume divin. Il le fait, involontairement à n’en pas douter pour ce temps, avec des êtres qui partage l’espérance de ce rassemblement universel.

Sauver, c’est aussi guérir !

à propos de l'auteur
Abba (père) Alexander est en charge des fidèles chrétiens orthodoxes de langues hébraïque, slaves au patriarcat de Jérusalem, talmudiste et étudie l'évolution de la société israélienne. Il consacre sa vie au dialogue entre Judaisme et Christianisme.
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