Hommage aux femmes

© Stocklib / chaiyawat sripimonwan
© Stocklib / chaiyawat sripimonwan

La révolution des femmes

En psychologie analytique, le concept de l’archétype créé par Carl Gustav Jung désigne les symboles universels appartenant à l’inconscient collectif qui sert de modèle idéal à un groupe. Image de l’homme idéal et de la femme idéale.

Les archétypes apparaissent dans les mythes et les contes, ils sont les fondements des représentations humaines à toutes les époques de l’Histoire.

La femme, mystérieuse, forte, belle, sensible et maternelle, est représentée par les archétypes universels et nous reflètent les différentes facettes de celle-ci.

Ils apparaissent dans nos rêves, structurent notre inconscient, notre culture et nos mentalités.

Fragile mais puissante, douce mais résistante, la femme porte en elle le paradoxe. Chaque femme est un peu Artémise (vierge), Aphrodite (amante), Amazone (guerrière), Déméter (mère), Héra (matriarche), Hestia (gardienne), Isis (prêtresse), Hécate (chamane), Gaïa (la grande mère), Nyx (la sage), Athéna (la pensée).

Notre société façonne les femmes, et bien souvent fait taire certaines de leurs figures.

A travers l’Histoire, certaines femmes incarnent les archétypes, se démarquent et deviennent guerrières et combattantes, gardiennes de la justice sociale, protectrices des plus faibles, philosophes qui révolutionnent la pensée ou héroïnes.

Contrairement à d’autres groupes de personnes fragiles pour lesquelles nos sociétés sont coupables de négligence et de maltraitance, les femmes, quant à elles, sont capables de revendiquer des droits et ont toutes les facultés physiques et intellectuelles pour le faire. Elles furent victimes durant des siècles d’une maltraitance d’une autre nature : l’oppression.

Une oppression à caractère idéologique, une oppression pensée, pesée et calculée.

Faire taire les femmes en les emprisonnant dans leur maison, en les maintenant prisonnières de leur propre corps par les grossesses et prisonnières de leur condition sociale en les privant d’instruction.

Les femmes possèdent le pouvoir de donner la vie mais surtout le pouvoir ultime de refuser d’enfanter. Elles sont asservies parce qu’elles font peur.

On ne peut comprendre l’histoire de l’oppression de la femme sans analyser les motifs qui poussent les hommes à la dominer, la dompter, la posséder.

Privées de libertés, étouffées et humiliées, celles-ci se relèvent, cassent leurs chaines de la servitude, combattent.

Le principe de la société patriarcale est motivé par la peur des femmes, contrairement aux sociétés matriarcales qui replacent la femme au cœur de sa toute puissance.

Aujourd’hui, le combat mené est en faveur d’une société équilibrée, donnant les mêmes droits à tous, sans dominants ni dominés.

Comme l’énonce Simone de Beauvoir, dans son ouvrage « Le deuxième sexe », en libérant les femmes du modèle imposé pendant des siècles comme l’unique aboutissement de leur vie qui est le mariage et la maternité, ils deviennent à présent un choix individuel de vie et non une obligation sociale.

Les femmes transforment la société et elles ouvrent la voie vers d’autres luttes.

En 1924, la Déclaration de Genève sur les droits des enfants est rédigée par une femme, Eglantyne Jebb, fondatrice du Save the Children Fund. Déclaration qui sera adopté par les Nations Unis en 1948.

C’est aussi une femme qui brisa les tabous en menant le combat pour les animaux. Jane Goodall (1934), éthologue et anthropologue britannique, dont les travaux sur les chimpanzés, ses observations et découvertes, mettent en lumière des capacités que l’on croyait jusqu’alors exclusivement humaines et ainsi ébranle et révolutionne la définition de « l’humain ». Ainsi trace la voie vers le respect et la défense des droits des animaux.

L’émancipation des femmes, une des plus grandes révolutions de l’Histoire de l’humanité permet aux femmes de devenir actrices de l’évolution de notre société.

La force physique, caricature masculine, ne peut plus être l’alibi de la domination. Et si aujourd’hui la tendance est d’aplanir les différences de genres et de laisser se révéler librement le masculin et le féminin en chacun de nous, il n’en demeure pas moins que le symbole de la fertilité et de la vie reste et restera rattaché à la femme. Le symbole de la mère nourricière, qui donne le sein et nourrit d’amour inconditionnel. De la mère, nous attendons la certitude d’être aimés, quoi qu’il arrive.

Dure réalité idéalisée et pas toujours assumée mais qui reste la condition sine qua non de notre survie.

Notre pays doit placer dans ses priorités la luttes contre la violence faites aux femmes et casser définitivement la posture de domination des hommes envers elles.

Malgré les siècles d’oppression, d’asservissement, de maltraitance et de terreur obscurantiste, la femme, par ses gestes, ses actions, son courage, ses combats, sa ténacité face à l’humanité aussi décevante soit-elle, nous prouve son inconditionnel amour. Un amour qui nous pousse, nous encourage, nous soutient, nous stimule et nous porte vers un monde meilleur.

à propos de l'auteur
Karine est parisienne d’origine, mère de 4 enfants et a fait son alyah en 2016. Active et engagée dans le monde associatif dans plusieurs domaines de société, le handicap, l’éducation et le véganisme en France et en Israël, elle publie des chroniques dans plusieurs magazines en ligne sur ces sujets. Elle est aussi co-fondatrice de la plateforme de réflexion Hashiva, think thank francophone israélien, thérapeute holistique, naturopathe, sophrologue et titulaire d’un master en sciences humaines.
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