High-tech, un secteur vital pour l’économie d’Israël en guerre

The Junction, le premier accélérateur d'entreprises d'Israël, est situé dans le sud de Tel Aviv et propose des espaces de travail ouverts. (Crédit : autorisation)
The Junction, le premier accélérateur d'entreprises d'Israël, est situé dans le sud de Tel Aviv et propose des espaces de travail ouverts. (Crédit : autorisation)

Suite à la déclaration de l’état d’urgence le 28 février dernier, le ministère israélien des Finances a publié une liste des activités essentielles qui peuvent continuer de fonctionner en période de guerre ; une nouveauté inattendue y apparaît.

Dès le lancement de l’opération « Lion rugissant » contre le régime iranien, le ministère des Finances à Jérusalem a publié la liste des secteurs économiques essentiels pour le pays.

Il s’agit des lieux de travail qui sont autorisés à fonctionner en temps de guerre, en raison de leur caractère indispensable au fonctionnement minimal de la vie économique et sociale.

Parmi les secteurs qui sont considérés comme essentiels, on trouve notamment l’alimentation, l’énergie, la santé, les télécoms, les banques et les transports.

Nouveaux besoins

En ce début 2026, une (bonne) surprise attendait des milliers d’Israéliens : la liste des activités essentielles a été mise à jour et modifiée pour prendre en compte les nouveaux besoins de la population et de l’économie du pays.

Pour la première fois, le secteur de la haute technologie est défini comme « secteur économique essentiel » ; il comprend trois branches principales d’activité :

  • la fabrication de produits pharmaceutiques, d’équipements médicaux, d’ordinateurs, d’équipements électroniques et moyens de transport ;
  • la fourniture de services dans les domaines de la communication, la programmation, le conseil en informatique, le stockage, la recherche et le développement ;
  • les services de gestion et de soutien pour les domaines de la biotechnologie, des technologies médicales, du climat, de l’énergie, de l’agroalimentaire, de la cybersécurité et de la défense.

Il s’agit de secteurs très vastes qui englobent presque toutes les activités liées à la haute technologie et qui fournissent une valeur ajoutée très significative à l’économie du pays.

Secteur clé

Désormais, les entreprises de haute technologie peuvent autoriser leurs employés à venir travailler sans autorisation spéciale, à la condition que les bureaux disposent d’un espace protégé et respectent les restrictions de rassemblement liées à l’état d’urgence.

Il était temps ; la haute technologie devient un secteur clé de l’économie d’Israël. Selon le rapport 2025 de l’Autorité de l’Innovation, le secteur israélien des technologies occupe une place prépondérante dans l’emploi, la production et le commerce extérieur :

  • il emploie 400 000 personnes soit 12 % des salariés du pays,
  • il contribue pour 17 % du PIB israélien,
  • il totalise 57 % des exportations israéliennes.

Autrement dit, l’économie israélienne ne peut plus fonctionner en état d’urgence sans un service minimum de son secteur des hautes technologies.

Après plus de deux années de guerre, le secteur israélien des technologies continue sa progression. Désormais, il est défini comme un secteur vital : la reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la résilience de l’économie israélienne.

à propos de l'auteur
Jacques Bendelac est économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem où il est installé depuis 1983. Il possède un doctorat en sciences économiques de l’Université de Paris. Il a enseigné l’économie à l’Institut supérieur de Technologie de Jérusalem de 1994 à 1998, à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 2002 à 2005 et au Collège universitaire de Netanya de 2012 à 2020. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à Israël et aux relations israélo-palestiniennes. Il est notamment l’auteur de "Les Arabes d’Israël" (Autrement, 2008), "Israël-Palestine : demain, deux Etats partenaires ?" (Armand Colin, 2012), "Les Israéliens, hypercréatifs !" (avec Mati Ben-Avraham, Ateliers Henry Dougier, 2015), "Israël, mode d’emploi" (Editions Plein Jour, 2018) et "Les Années Netanyahou, le grand virage d’Israël" (L’Harmattan, 2022). Dernier ouvrage paru : "Juifs et Arabes israéliens, la nouvelle donne après le 7 octobre 2023" (Auteurs du Monde, 2026). Régulièrement, il commente l’actualité économique au Proche-Orient dans les médias français et israéliens.
Comments