Héritage de Lucie Randoin, scientifique engagée
Lucie Randoin figure parmi les plus importantes femmes scientifiques de son époque. Un appel philatélique a été lancé en faveur de la conception d’un timbre à son effigie.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a conservé des sérums et vaccins de l’Institut Pasteur dans les sous-sols de l’Institut d’Hygiène militaire de 1943 à 1944, à destination de la Résistance.
Le Laboratoire de Physiologie de la Nutrition qu’elle dirigeait a hébergé temporairement une traductrice-biliographe d’origine russe, naturalisée française et de confession juive, un prisonnier évadé qui fit partie des Forces Françaises de l’Intérieur, un membre du Comité directeur de l’OCM, ainsi que quelques jeunes hommes affiliés au Laboratoire et réfractaires au Service du Travail obligatoire (STO).
Dans un courrier adressé au directeur du CNRS en octobre 1944, Lucie Randoin fait également mention d’autres faits de résistance au sein de son service durant l’Occupation allemande. De même, en vue du maintien de la santé publique, Lucie Randoin n’a cessé de faire, plus ou moins clandestinement, des conférences sur l’alimentation », en zone libre et zone occupée.
De 1910 à 1957, elle comptabilise près de 500 publications scientifiques, notes à l’Académie des des Sciences, à la Soc.de Biologie, communications à la Soc. de Chimie biologique, à l’Acad de médecine, à la Soc. de Pharmacie de Paris, à la Soc. des Experts Chimistes de France, à l’Assoc. des Physiologistes, à la Soc.de Chimie industrielle.
Elle a fait un très grand nombre d’interventions à la Radio et participa à plusieurs émissions de télévision. En 1956, elle a été chargée d’organiser pour la Radio et de faire elle-même, sous le nom de « Tribune de la Santé », un enseignement public qui dura 3 mois et qui eut un grand succès.
Elle a publié-outre plusieurs, centaines de brochures-une quinzaine d’ouvrages scientifiques, notamment : Les données & les inconnues du Problème alimentaire (1927, 900 pages), Les vitamines (en collab. avec H. SIMONNET, 1932), Vues actuelles sur le problème de l’Alimentation (1937), L’alimentation et la Vie (1941), Régimes, vitamines et équilibre alimentaire, Vers une thérapeutique nouvelle (1942), Les rations alimentaires équilibrées, Guide pratique de l’alimentation (1951), ou encore Causeries faites à la Tribune de la Santé.
Lucie Randoin a contribué fortement à établir définitivement l’influence primordiale d’une alimentation complète et correctement équilibrée sur la santé physique et morale des individus. Elle a formulé des règles d’équilibre alimentaire.
Elle a insisté sur le rôle thérapeutique des rations constituées selon des règles, sur les rapports entre le problème de l’alimentation et celui de l’alcoolisme, etc. Lucie Randoin est l’une des plus grandes spécialistes françaises des questions de nutrition.
Ses travaux ont porté essentiellement sur les vitamines, en montrant le rôle tenu par ces substances dans l’alimentation quotidienne. Elle s’est non seulement intéressée à la recherche, mais aussi à l’application de ses découvertes à la vie pratique, en particulier lors des périodes de restriction pendant la Seconde Guerre mondiale.
Membre titulaire de la Société de Biologie élue le 21 mars 1931, elle fut présidente de la Société de Chimie biologique en 1945, secrétaire générale de la Société scientifique d’Hygiène alimentaire, Commandeur de la Légion d’Honneur, Lucie Randoin est élue membre libre de l’Académie de Médecine le 21 mai 1946. Elle fut secrétaire générale de la Société scientifique d’Hygiène alimentaire dès 1942.
Elle a représenté la France, comme déléguée française, aux Conférences internationale pour la standardisation des Vitamines (juin 1931 – juin 1934, Londres, Société des Nations). Elle a également participé à des Congrès scientifiques : à la fois français et étrangers (Boston en 1929, Rome en 1932, Madrid en 1934, Bruxelles en 1935, Constantza en 1936, Bâle, Berne et Lausanne en 1950, Rome en 1955 et de nouveau Lausanne en 1955.
Elle fut élevée au rang de « Commandeur » de la Légion d’honneur en juillet 1958, par décret rendu sur le rapport du Ministère de l’Education nationale, après avoir été « officier » le 15 décembre 1948 et « chevalier » le 26 juillet 1933. Elle a obtenu le rang de chevalier puis Officier du Mérite agricole (1930 puis 13 Avril 1957), d’Officier de l’Ordre de la Santé Publique (21 Janvier 1956), de Commandeur de l’Ordre des Palmes Académiques (19 Février 1957), d’officier du Mérite Sanitaire de Roumanie.
Elle se maria le 28 Juillet 1914 avec Arthur Randoin, avec qui elle n’a pas eu d’enfant.
Dernière adresse connue : 16, rue de l’Estrapade (Paris, 5ème arrondissement). Elle a également habité au 7, Pont des Demoiselles (Toulouse).
Dans sa contribution au développement de compléments alimentaires naturels, Lucie Randoin a entretenu des relations épistolaires avec plusieurs innovateurs dont Théophile Lognoné lorsqu’il a fondé les industries Probiomer.
Plus d’informations pour rejoindre ou participer à cet appel philatélique : http://chng.it/pctNCtW8 qui sera transmis à Philaposte (filiale du groupe La Poste chargée de l’émission de nouveaux timbres).

