Gilets jaunes

Une personne décédée, plus de cinq-cents blessés civils, tel est en France le bilan humain des blocages (auto)routiers et de certains péages dûs au mouvement des Gilets jaunes (GJ). Les GJ répondent spontanément, sans encadrement social ni politique, aux augmentations du prix des carburants décidés par le gouvernement Philippe.

Le ministre de l’Intérieur déplore des blessés parmi les policiers, des infractions et délits racistes et antisémites, des feux allumés sur les (auto)routes et des scènes de désordre dans l’espace public. Le chef du gouvernement indique entendre et comprendre la colère des GJ tout en étant déterminé à appliquer le programme présidentiel d’Emmanuel Macron.

Le problème provient de ce que le président Macron a été élu moins sur son programme (accepté par ses partisans et ses électeurs ) que sur la volonté de la majorité de l’électorat de barrer la route présidentielle à la candidate du Front national Marine Lepen. Cette dérive électorale consiste à élire un candidat comme pare-feu et non sur son programme. Elle conduit à un désordre institutionnel et civil.

L’élaboration gouvernementale du programme de Macron est légitime, puisqu’il a remporté l’élection présidentielle. Pour autant, le raz-de-marée électoral de Macron n’a pas correspondu à l’approbation par l’électorat général de son programme de gouvernement du pays. La majorité présidentielle et parlementaire ne correspond pas en France à la majorité sociale et politique du pays.

Cette situation conduit à l’émergence d’un mécontentement social exprimé sur le modèle des GJ. Si l’on en juge par l’actualité de la rue, la distance entre l’exercice gouvernemental et la colère populaire d’une part, la volonté du gouvernement de poursuivre l’application des mesures qu’il a décidé d’autre part, semblent constituer un danger politique et social par la menace de la paix civile.

L’Exécutif (président de la République et Premier ministre) ne saurait se cantonner à application des dispositions contestées dans le désordre civil. Il se doit également d’assurer et maintenir la sécurité publique. Les forces de police affectées au maintien de l’ordre dans les blocages actuels sont d’autant moins à traiter les dangers que le terrorisme fait peser sur la Nation.

Il s’agit pour les Français d’une nouvelle dégradation de leur qualité de vie et d’une nouvelle dérive des institutions de la Vème république.

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Pierre Saba
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