Faut-il maintenant investir dans l’or ?

Pixabay
Pixabay

La semaine dernière, la presse financière internationale et en Israël s’est interrogée sur l’opportunité  d’investir dans l’or ou l’argent. En effet, par exemple l’once d’or a dépassé un record historique de plus de 2000$ et le cours de l’once d’argent a augmenté  de plus de 150% depuis mars 2020.  Il nous a semblé intéressant de traiter de ce sujet dans cette tribune, car il illustre bien la thématique des contre-vérités diffusées auprès des épargnants que nous avons évoquées dans le blog précédent.

Les principaux motifs traditionnels de l’investissement dans l’or :

Stabilité: Depuis l’antiquité, une monnaie était valorisée selon son étalon en or. Ce n’est que depuis 1970, que l’ensemble du système monétaire international n’est plus référencié à l’or. Cette décision a provoqué des forts mouvements sur les taux de change entre monnaies. Le marché des devises est en fait devenu un des marchés les plus spéculatifs du monde. L’or lui-même est devenu une matière première très volatile. Ainsi, entre 2011 et 2015, l’or a baissé de 50%. Donc, il est faux de soutenir que l’or est apprécié pour sa stabilité.

Valeur de refuge: Au début de la crise financière due au covid 19, février- mars 2020, l’or a aussi baissé brusquement de plus de 10%.Il n’a donc pas joué son rôle de valeur refuge. Plus surprenant encore, les marchés financiers internationaux ont fortement monté ces derniers mois atteignant des sommets historiques et l’or s’est comporté de la même façon, comme nous l’avons souligné ci-dessus. Donc, il est faux de soutenir que l’or est une valeur refuge.

Inflation: La théorie financière soutenait aussi qu’en période d’inflation, les investisseurs achètent de l’or pour protéger son épargne. Or, depuis des années la plupart des pays développés ont une inflation maitrisée et cela malgré des taux d’intérêt de plus en plus bas.

Bijouterie et rareté de l’or: Bien qu’il reste une demande de l’or pour la bijouterie et que la production d’or est limitée, les économistes reconnaissent qu’ils ne sont plus les principaux facteurs qui agissent sur ce marché.

Motifs qui nous semblent déterminants:

Les banques centrales: Afin de diversifier leurs réserves, les banques centrales et en premier plan la Chine et la Russie interviennent massivement sur ce marché. Il s’agit en fait d’un des fronts de la guerre commerciale internationale. Pour ces deux pays, l’or constitue une arme économique contre le dollar. On constate en effet que la faiblesse du dollar est  souvent parallèle à la hausse de l’or. Ainsi, depuis quelques semaines,  le dollar est en forte baisse notamment par rapport à l’euro et aux principales monnaies.

Confinement: Des récentes études ont montré que le confinement dû à la pandémie a poussé beaucoup de ménages à ouvrir des comptes pour investir en bourse. Les plus âgés ont investi dans l’or et les plus jeunes dans le bitcoin.

Démocratisation: La presse économique a fait l’échos du fait que par exemple, dans les émirats arabes unis, on peut acheter quelques grammes d’or dans une machine automatique, où le cours est inscrit de façon digitale.

Prévisions:

Les analystes financiers internationaux anticipent jusqu’à fin 2021, une hausse de 10 à 50% des cours par rapport aux cours actuels.  

Conclusion:

En premier lieu, il est utile de rappeler que la plupart des économistes préconisent aux épargnants  de ne pas investir physiquement dans de l’or, mais à travers des sicav ou des fonds de placement et même de rechercher ceux qui versent des intérêts ou des dividendes. Nous estimons que tout portefeuille doit être investi aussi dans l’or ou l’argent, chacun choisira la proportion suivant les analyses que nous avons développées ici.

à propos de l'auteur
Docteur Daniel Gugenheim a enseigné en France dans les grandes écoles de commerce comme HEC et l'ISG. Ayant effectué son alya en 1986, il enseigne à l'université Bar Ilan et fut économiste près de 30 ans à la Reshut Nyarot Erekh (Autorité des Marchés Financiers). Il a publié de nombreux articles en économie et finance en Europe et en Israël. Il est conseiller financier à Qualita où il donne une chronique hebdomadaire à la radio. Il est chroniqueur également à radio Judaica Bruxelles et est intervenant sur la chaine de télévision i24.
Comments