Face au coronavirus CODIV-19

Un homme portant des masques pour se protéger contre le coronavirus, passe devant des personnes faisant la queue pour faire du shopping à Duduza, à l'est de Johannesburg, en Afrique du Sud, le jeudi 2 avril 2020. (Photo AP / Themba Hadebe)
Un homme portant des masques pour se protéger contre le coronavirus, passe devant des personnes faisant la queue pour faire du shopping à Duduza, à l'est de Johannesburg, en Afrique du Sud, le jeudi 2 avril 2020. (Photo AP / Themba Hadebe)

Suite à la polémique déclenchée par une interview sur la chaîne LCI, faisant état d’éventuels essais cliniques en Afrique, il nous a semblé utile d’apporter notre contribution afin d’apaiser les esprits et lancer un appel à la solidarité face à cette crise sanitaire mondiale que nous traversons.

Il nous faut éviter les amalgames, et surtout éviter de tomber dans le complotisme.

L’heure est à l’action et non à la polémique. Car, le virus touche tout le monde et tous les pays, il n’y a pas qu’en Afrique, et les essais en questions ne se font pas qu’en Afrique. Il s’agit de trouver une solution médicale à ce mal qui tue et paralyse l’économie et les autres aspects de nos sociétés.

Il est de la responsabilité des autorités des différents pays africains de réagir et d’encadrer ces essais s’ils devaient avoir lieu en Afrique. C’est dans ce sens qu’il faudrait élever la voix et non aller contre ces essais en se basant sur des bouts d’information et parfois sur des fakes news comme il y en a plein sur les réseaux sociaux.

L’Afrique n’est pas un laboratoire nous sommes tous d’accord, même s’il pourrait l’être dans un sens positif, mais faut dire très haut également que les Africains ne sont pas non plus des gibiers à chasser à coups d’armes de guerre. Quand des Africains prennent des armes achetées avec l’argent des contribuables africains pour tuer d’autres Africains par milliers, très peu de voix s’élèvent pour les condamner et leur dire ça suffit.

Il en va de même pour tous les autres maux dont souffrent l’Afrique. Il ne faut donc pas toujours croire que les responsables des maux dont souffrent l’Afrique viennent d’ailleurs.

Tout peut donc se faire mais dans les règles. Il faut rester vigilant mais il ne faut pas s’empêcher d’avancer.

Les propos condamnables ce médecin doivent interpeller les africains qui n’ont pas tous l’air de mesurer le danger que représente ce virus afin d’anticiper et protéger les populations.

Il ne faudrait pas attendre que la catastrophe arrive pour réagir et attendre l’aide de l’extérieur. Tous les pays du monde sont touchés. Quels autres pays d’autres continents devront venir en aide aux Africains dans une situation de débordement ?
Il est encore possible d’éviter la catastrophe.

Il y a eu l’épidémie d’Ebola qui a touché certains pays, tout le monde s’en souvient. Mais dans le cas du coronavirus CODIV-19, tout le monde est touché, tous les pays sont touchés à travers le monde. Il est donc urgent de protéger les populations dès maintenant.

Et c’est à cela qu’il faudrait réfléchir.

Certains pourraient objecter, et dire que c’est un virus créé de toute pièce, comme on a pu bien le lire ça et là sur les réseaux sociaux, à savoir:

Comment en réalité le coronavirus apparaît ? S’il s’avère que c’est une maladie créée de toute pièce alors tout ce qui est en train de se passer est la réalisation d’un sombre projet mûri et qui fonctionne très bien. Et si cette hypothèse est vrai toute cette procédure de recherche de l’antidote n’est rien d’autre qu’une entreprise malsaine elle aussi.

A ce niveau, il faudrait bien s’ informer et ne pas tomber dans le piège des fake news et dans du complotisme.

Il suffit de regarder la liste des pays touchés et les pays africains ne sont pas les premiers sur la liste.

Les épidémies il y en a eues à travers l’histoire de l’humanité, nous ne sommes pas à la première épidémie de l’histoire. C’est pour faire face à ces épidémies que des vaccins ont été créés, depuis la rage, le choléra, la peste, l’Ebola, et bien d’autres maladies.

Il serait facile de choisir d’accuser et de chercher des boucs émissaires, mais, peut on dire que les autres épidémies qui ont existées dans les siècles passés ont été fabriquées en laboratoire ? Nous ne le pensons pas.

Ce n’est pas la première fois que des personnes tentent de chercher des boucs émissaires d’une pandémie mondiale. Les Juifs avaient ainsi été rendus responsables de la peste noire, ce qui a conduit à des dizaines de persécutions et de massacres de communautés juives de 1348 à 1351.

Comment peut-on accepter de croire qu’un tel virus qui ne choisit pas ses cibles et qui touche tout le monde en même temps, tous les pays, y compris les pays les plus développés, peut avoir été crée par quelqu’un qui pourrait lui-même en mourir ?

Tout ce que l’on sait, c’est que tout est parti de la Chine et le monde entier en a été touché.
Les possibilités de vérifier toutes les informations à la source sont donc bien existantes.

D’autres pourraient également se dire:

On ne comprends pas la démarche des Occidentaux qui semblent plus se préoccuper du sort des Africains alors que la pandémie sévit plus en Europe. Et par ailleurs, certains chercheurs proposent des médicaments, pourquoi les réfuter au lieu de les tester quand ceux ci sont faciles d’accès et moins coûteux pour les populations. C’est à penser enfin que dans l’imaginaire des décideurs occidentaux jamais la solution à ce fléau actuel ne viendrait de nous autres Africains ?

Ce qu’il faudrait savoir selon les informations des autorités, tous les médicaments susceptibles d’être utilisés, notamment la Chloroquine qui revient souvent dans le débat, sont en test actuellement en Europe et ailleurs dans le monde.

Certains voudraient qu’on aille vite, et qu’on les utilise sans essais et sans tarder, ce qui n’est pas normal. Car, ce serait dangereux de faire un pari sur la santé des populations de nos pays, alors que les scientifiques cherchent toujours à mieux connaître le virus.

De plus, dans un Etat de droits les populations ou des groupes constitués pourraient se retourner contre les dirigeants en cas d’échec et de non respect des procédures, surtout si ces médicaments qui ne conviennent pas forcement à tout le monde sont utilisés sur tous les patients sans tenir compte des effets secondaires que cela pourrait générer.

En France par exemple, il y a plus de guérisons que de décès, et aucune indication ne dit que toutes ces guérisons sont le fait de tel ou tel autre médicament. Les tests et les essais continuent de se faire et le gouvernement nous dira ce qu’il en est. Il nous faut être prudents et suivre les consignes sanitaires, les conseils et les mesures de confinement du gouvernement.

Voici les chiffres officiels publiés dans la journée d’hier :

1.204.782 cas confirmés dans le monde, 64.849 décès confirmés, et 247.844 patients guéris.

En France :

68.605 cas confirmés, 7560 décès confirmés et 15.438 patients guéris (Ministère de la santé).

(Chiffres recueillis sur le site du Centre d’information sur le coronavirus CODIV-19).

Les États-unis sont plus touchés que l’Afrique. Il serait donc faut de croire que ce virus est destiné à une catégorie de personnes, de pays ou de races. Tout le monde est une cible potentielle.

Ainsi donc, cette situation de crise mondiale doit nous interppeller tous à œuvrer dans la solidarité, afin de venir à bout de ce virus qui menace toute l’humanité, et faire face à l’ensemble des crises qu’elle entraîne à suite.

Dans un pays africain comme la Côte d’ivoire, où l’on pourrait penser qu’un confinement total de la population pourrait avoir des conséquences graves pour les ménages qui n’ont aucune capacité de faire des réserves alimentaires, il faudrait chercher à s’adapter et trouver les solutions les plus efficaces.

Il faudrait se souvenir par exemple de la manière dont les populations se comportaient pendant les guerres ou les coups d’état et les différentes crises politco-militaires que le pays a connus, et en tirer des leçons. En ces temps là, l’on n’avait besoin d’obliger la population à se confiner. Tout le monde se mettait en confinement automatiquement, ensuite on allait à la recherche des solutions.

Nous sommes aujourd’hui dans une guerre sanitaire certes, mais une guerre contre un ennemi invisible. C’est pourquoi, les Africains doivent commencer à réfléchir et à anticiper afin de faire face à la progression de l’épidémie en Afrique.

L’heure n’est donc pas à la polémique, mais à l’action pour sauver des vies et se préparer à faire face aux effets collatéraux de cette guerre sanitaire.

à propos de l'auteur
Diplômé de l'Ecole Supérieur de gestion de Paris et du CNAM de Paris Master en Audit et Contrôle de Gestion. Paul est aussi diplômé d'un Master en Sciences de Gestion, mention Prospective stratégique, Organisation et Management. Il a étudié l'économie de Développement à l'institut international de la Istadrut à Kfar Sava en Israël.
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