Être juif, c’est une question de comportement

Pixabay
Pixabay

Alors que Jacob se retrouve chez le frère de sa mère en Mésopotamie, il tombe amoureux de sa fille cadette Rachel. Laban, son oncle, lui promet de la lui donner en mariage. Lorsque la nuit de noces arrive, Laban échange Rachel pour Léa, sa fille aînée.

Ainsi nous lisons dans la Genèse chapitre 29 verset 25 :

« Le matin venu voilà que c’était Léa. Et Jacob dit à Laban :  » Que m’as-tu fait ? Pourquoi m’as-tu trompé ?»

La tradition juive n’a pas été bénigne avec Laban le qualifiant de « trompeur », ce qu’est difficile à contredire. Cependant, en épousent d’abord sa fille aînée, Laban agit selon les normes de son peuple.

En dehors de sa tromperie, Laban agit généreusement. Il donne à Jacob aussi sa fille plus jeune, Rachel, après avoir épousé Léa, et d’ailleurs il ajoute des grands cadeaux.

Laban enseigne Jacob deux leçons importantes. La première est que, celui qui trompe les autres peu espérer d’être trompé lui-même par les autres.

La deuxième leçon est la réponse donnée à la plainte de Jacob :

« Ce n’est point l’usage dans notre pays de donner la cadette avant I‘aînée. »

Jusqu’ici Jacob a fait peu de cas des traditions, ignorant qu’elles consacrent l’éthique d’une communauté, elles définissent qui sont sont les gens de cette communauté.

La leçon, cependant, est apprise et intégrée par les descendants de Jacob :

Tamara, la fille du roi David – reproche la turpitude morale de son demi-frère Amnon avec ces mots :

« Une telle chose ne se fait pas en Israël. »

En fait, pendant des générations, les parents ont enseigné à leurs enfants ce que signifie être juif avec la simple phrase : « Un Juif ne fait pas ça »

Définir ce qu’est le judaïsme, et ce qu’il fait n’est pas très compliqué.

Comme l’avait expliqué Arthur Hertzberg, l’éminent spécialiste des questions juives américaines :

« Beaucoup de Juifs, comme moi, se souviennent d’une grand-mère qui, du fond de son être, a souvent dit à propos de certaines questions qu’un Juif ne fait pas ça. » En tant que doctrine politique et sociale, cela peut sembler vague, mais celui qui n’est pas étranger à l’expérience juive héritée trouve que cette norme est à la fois précise et d’une exquise moralité.  »

Si le judaïsme, en fin de compte, est ce que les Juifs ont appris de leurs expériences à travers l’histoire, alors, la façon dont ils se comportent est ce que l’on appelle « l’éthique juive. »

Traditionnellement, les Juifs ont été très conscients de leur comportement en tant que groupe, en tant que « am Israël», que peuple d’Israël. L’unité, la solidarité ont été les aspects distinctifs de ce comportement.

Si l’idée que les « Juifs ne font pas ça » ne revient pas à chaque fois que les Juifs se comportent mal entre eux et envers les autres, la rumination d’Erich Fromm que nous avons encore un patrimoine éthique, mais qu’il sera bientôt épuisé, pourrait devenir vrai.

à propos de l'auteur
Moshe Pitchon est directeur de BY, un projet pour le judaïsme du 21e siècle. Il est également président des amis du central médical Ziv à Tzefat et a servi comme rabbin dans des communautés en Amérique du Sud et aux Etats-Unis.
Comments