David Botbol
une seule mission : contribuer à votre bien-être financier

« Et que penses-tu de l’Euro-Shekel ? »

Pièces de monnaie - Domaine public
Pièces de monnaie - Domaine public

La première question à laquelle je suis souvent confronté – comme gérant de portefeuille – est presque invariablement « que penses-tu du cours de l’Euro-Shekel ? »

C’est une question super légitime surtout parce que beaucoup de mes clients vivent d’une retraite en Euros, ou bien veulent effectuer des placements – par exemple l’achat d’un bien immobilier – en Shekels … avec des Euros.

J’aimerai tant pouvoir rassurer mes clients en leur disant que l’Euro va repartir, et que de meilleurs jours sont devant nous. Mais voilà, je n’ai pas de boule de cristal, alors je n’en sais rien.

Et pourtant, je dois faire des choix – car c’est mon métier gérant de portefeuille – et ces choix déterminent le rendement de mes portefeuilles. Alors je suis heureux de partager avec vous quelques conseils qui j’espère vous aideront – vous aussi – à faire des choix. Et parce que ma mission est de participer au bien-être financier de mes clients, je vous promets aussi des bonnes nouvelles :

  1. A très court terme. Désolé, c’est trop tard. Donc , si on doit changer de l’Euro en shekels dans cette très courte période de temps – je dirai, dans les 2 semaines à venir – on a rien de très « sioux » à faire. Mon conseil : vendre « au fil de l’eau ». Pour le meilleur et pour le pire. POURQUOI ? Parce que le meilleur prédicteur de ce que vaudra l’euro demain – ou après demain – est son cours d’aujourd’hui (aussi appelé le “spot”). La bonne nouvelle : avec un peu d’analyse chartiste on peut vendre les Euros en 3 ou 4 « portions » et peut-être profiter d’une petite hausse.
  2. A moyen terme – par exemple : vous avez décidé d’acquérir un bien immobilier dans 6 mois en Shekels et vous disposez déjà des “munitions” en Euro. 3 attitudes.
    • Attitude #1 : La prudence à 100%. Stratégie = vendre l’Euro à terme – dans 6 mois – contre le Shekel. La bonne nouvelle : les taux d’intérêt en Euro étant – à l’heure ou j’écris – inférieurs aux taux d’intérêt en Shekel, le cours futur de l’Euro – dans 6 mois – permet d’acheter plus de Shekels qu’aujourd’hui. Bon, cela dépend aussi des commissions et touti quanti…
    • Attitude #2 : Prudence et “Tikva” (= espoir). Pour faire simple, si le cours – à terme – de l’Euro-Shekel dans 6 mois est à 3.92, et que vous êtes OK pour le vendre à un minimum de 3.82 (10 agourot plus bas), alors vous pourrez aussi bénéficier d’une hausse qui ira jusqu’à 4.02 (10 agourot plus haut). Grosso-modo, ce « 10 pour 10 » c’est “donnant-donnant”. Cela s’appelle un “risk reversal”, ou aussi un “mini-max”.
      La bonne nouvelle : ces “donnant-donnant”  sont gratuits. Concrètement – et dans 6 mois – si l’Euro-Shekel vaut 3.85 shekels, vous le vendrez à 3.85; si il est à 3.78, vous le vendrez à 3.82 (le “mini” ) et si il est à 4.10, vous le vendrez à 4.02 ( le “max” ). On peut aussi aménager tout cela par des “knock-out” qui par exemple font disparaître la protection 3.82 si le cours Euro-Shekel passe sous les 3.75. En échange de quoi, vous pourrez bénéficier d’un plus grand potentiel de hausse.
    • Attitude #3 : Stratégie “chasseurs de prime”. Vendez des calls Euro-Shekels à horizon 1 mois et recommencez tout les mois tant que vous n’avez pas été exercé(e). Cette vente de calls signifie que vous recevez une prime en contrepartie de laquelle, vous renoncez – dans un mois – au potentiel de hausse de l’Euro-Shekel au delà d’un certain cours.
      La bonne nouvelle : dans tous les cas la prime est à vous. Concrètement, si vous avez vendu un call Euro-Shekel 3.95 et que dans un mois, l’Euro grimpe au delà de 3.95 vous êtes forcé(e) de vendre vos Euros à 3.95. Sinon, vous recommencez. Si, pendant les 6 mois, l’Euro n’a pas cessé de baisser, vous avez “accompagné” la baisse tout en transformant ce temps d’attente « inutile » – 6 mois c’est long ! – en primes « consolatrices ». C’est ce que nous appelons empocher « la valeur temps ». Voici bien une preuve que « le temps c’est de l’argent ».
  3. A plus long terme – au dela d’un an – et ceci n’engage que moi, je suis “baissier” sur l’Euro-Shekel. Pour des raisons économiques (dynamisme relatif de l’économie israélienne), liées aux facteurs démographiques (qui jouent aussi en faveur d’Israël) et pour des raisons techniques (le différentiel de taux d’intérêt penche en faveur du Shekel et favorise les transactions dites de « portage »- les spéculateurs empruntent en Euros, en le vendant, et placent en Shekels, en l’achetant -).

Ce sont ces mêmes principes directeurs que nous utilisons dans la gestion des portefeuilles de placements de nos clients. Par exemple lorsqu’une action baisse, sa “volatilité” augmente aussi. Si nous croyons encore au potentiel de hausse cette action, nous profitons de cette volatilité soudainement élevée pour vendre des calls court-terme et empocher des primes, au risque de limiter notre potentiel de gain si le cours remonte fortement.

J’espère que ces quelques lignes seront utiles. N’hésitez pas à me laisser un commentaire ou une question. Je ferai tout mon possible pour y répondre dans les 24 heures qui suivent.

à propos de l'auteur
David a 53 ans et vit en Israël depuis 2004 après 10 ans à Londres et un court passage à Tokyo. Aujourd'hui, gérant de portefeuilles chez Clarity Capital à Tel Aviv, David a une formation d'école de commerce, une maîtrise en finance et en comptabilité et est CFA Charterholder (Chartered Financial Analyst) et membre du CFA Institute (https://www.cfainstitute.org/). Depuis 30 ans, David met au service de chacun de ses clients, un mix d'expérience et de compétences approfondies en matière de gestion de portefeuilles, d'allocation d'actifs, de planification et de diagnostics financiers, d'analyse comptable et financière avancées, de mathématiques financières, de corporate finance, de mécanismes des marchés de capitaux et plus. Il a travaillé à la Société Générale, puis chez SBC Warburg (UBS) et ABN AMRO et enfin à la Bank Hapoalim. A l'âge de 50 ans, David a aussi réalisé son rêve en créant sa startup Fintech dont la spécialité est l'analyse et l'estimation du risque de crédit des entreprises.
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