Epidémie : la grande peur de l’an 2020…

L'A23 presque vide à Slaugham, en Angleterre, près de Brighton en raison de l'épidémie de coronavirus, après le confinement, le samedi 11 avril 2020. (Photo AP / Frank Augstein)
L'A23 presque vide à Slaugham, en Angleterre, près de Brighton en raison de l'épidémie de coronavirus, après le confinement, le samedi 11 avril 2020. (Photo AP / Frank Augstein)

Pourquoi donc vivons-nous une telle situation ? A cause du nombre de victimes ?

Faut-il rappeler que ce dernier est actuellement de 13.197, soit 0,01% de la population. Certes, le taux de létalité du Covid-19 est sans doute bien supérieur à celui de la grippe, mais, il est impossible à calculer puisque, faute de tests en quantité suffisante, l’on ne connaît pas le nombre de personnes contaminées.

Cela dit, il serait bon de comparer ce nombre de décès, aussi regrettable soit-il toute vie étant inestimable, à l’épidémie de grippe asiatique de 1957 qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts dans l’indifférence générale. Plus près de nous, la vingtaine de milliers de victimes de la canicule de 2003 a été loin de susciter la même émotion, et que dire des 73.000 morts que le tabac fait chaque année ?

Alors, pourquoi de telle mesures pour un virus dont on sait qu’il n’affectera pas 85% des personnes infectées et dont on connaît le profil des personnes à risque ?

Au risque de choquer, je ne pense pas que ce soit le nombre de victimes qui a motivé des mesures donc l’impact, tant sur la population que sur notre économie, risquent fort de se révéler désastreuses.   

La grande peur des pouvoir public est de voir notre système de soin s’effondrer sous la pression d’une contagion massive, révélant ainsi que notre pays est passé, en quelques dizaines d’années, du statut de grande puissance à celui d’une contrée de seconde zone.

Force est de constater que le problème n’est pas seulement scientifique et médical, il est également économique et politique.

Regardons les choses en face, on nous demande de nous confiner afin de réduire la contamination au mieux et, dans le même temps, on nous affirme que notre pays ne pourra revenir à un fonctionnement normal que quand 50 à 60% de la population aura été immunisée, donc, en l’absence de vaccin et de traitement, touchée de plein fouet par le virus.

La problématique est simple et impitoyable. Au delà des contraintes sanitaires, combien de temps la population et l’économie supporteront-elle cette situation ?

Il faut dire que nous vivons dans une société, qui, après l’avènement de la laïcité, s’est mise sans réserve dans les mains de la science, faisant de la vieillesse et de la mort un sujet tabou.

J’avais, à l’Université, un professeur d’histoire médiévale qui nous avait raconté ceci : « Quand on entrait dans une taverne, et que l’on vidait sa chopine, il y avait souvent marqué au fond de cette dernière cette phrase : Ami, pense à la mort ». Il faut dire qu’à l’époque l’espérance de vie moyenne ne dépassait pas 34 ans…

Peu à peu, au fil des bénéfiques progrès de la science, nous avons évacué cette notion et pensé que la mort, c’est toujours celle de l’autre, au point que nous avons mis nos ainés, autrefois intégrés au cercle familial, à l’écart. 

Cette épidémie vise à nous rappeler douloureusement que, si la médecine est une science, elle est loin d’être une science exacte et que tout en attendre est un leurre.

Sans traitement, pas de déconfinement, sans déconfinement, c’est la mort programmée de notre nation, une équation dont on comprend aisément qu’elle mette nos dirigeants dans une situation pour le moins délicate.

N’étant pas médecin, je ne serai me prononcer sur l’efficacité supposée de l’Hydrochlorquine , je me bornerais à constater qu’Israël a pris les devants , ainsi que son industrie pharmaceutique, à l’aune d’un certain nombre d’autres pays alors que nous en sommes toujours empêtré dans un débat stérile.

Le pouvoir ne pourra se cacher longtemps derrière le petit doigt de la caution médicale, d’autant plus que cette dernière est pour le moins divisée sur la question.

Dans ce contexte, un déconfinement dit « progressif » se heurterait à d’énormes obstacles. Tout d’abord, parce que le fait de discriminer certaines catégories de population, par le biais par exemple d’un passeport sanitaire attestant de l’immunité de son possesseur, d’une division régionale, ou par classe d’âge, serait à la limite de nos valeurs constitutionnelles. Ce serait également oublier un peu vite qu’au-delà de la liberté, la valeur la plus partagée dans l’hexagone est la notion d’égalité devant la loi.

Quelques soit les décisions prises, il y aura un prix à payer. Ce prix ne sera pas seulement la conséquence de l’inanité de politiques de santé publique pratiquées depuis plus de vingt ans, il sera également le fruit du fait d’attendre du corps médical, dont on ne saurait nier la compétence et le dévouement, qu’il puisse apporter une réponse rapide à une situation d’urgence. La décision de remettre notre pays en marche ne lui appartient pas, elle est le seul fait du pouvoir en place.

à propos de l'auteur
Fondatrice du collectif Trans-Europe, première candidate trans a l'élection présidentielle
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