Élections européennes : des résultats préoccupants

Des personnes portent des bannières et des drapeaux palestiniens lors d'une manifestation anti-Israël contre la participation d'Israël à l'Eurovision avant la deuxième demi-finale du Concours Eurovision de la chanson à Malmö, en Suède, le 9 mai 2024. (Crédit : Martin Meissner/AP)
Des personnes portent des bannières et des drapeaux palestiniens lors d'une manifestation anti-Israël contre la participation d'Israël à l'Eurovision avant la deuxième demi-finale du Concours Eurovision de la chanson à Malmö, en Suède, le 9 mai 2024. (Crédit : Martin Meissner/AP)

L’échec électoral de l’extrême gauche européenne est un rejet de la haine d’Israël. Avant même la question du déclin économique, au cœur des débats politiques se trouvait la question du changement démographique et son corollaire, la question de l’insécurité. Face à l’extrême gauche qui avait pris fait et cause pour le Hamas et appelait à encourager l’immigration massive musulmane, la percée phénoménale des partis de droite et d’extrême droite, qui étaient les seuls à soutenir inconditionnellement le droit de l’Etat juif à se défendre, est une source d’espoir et de réconfort pour les amis d’Israël.

Depuis le 7 octobre, Israël s’est en effet invité dans les débats politiques sur l’avenir de l’Union européenne. Trois voix particulièrement hostiles à Israël ont occupé la quasi-totalité de l’espace médiatique : l’extrême gauche qui, courtisant le vote musulman, s’était alliée aux islamistes et prêchait la haine d’Israël et des Juifs ; les gouvernements qui, par intérêt politique, votaient contre Israël sur toutes les plateformes internationales ; et les médias, souvent influencés par des journalistes tiers-mondistes, qui attisaient la haine contre l’État hébreu.

Lors de l’Eurovision, on a remarqué que le public avait fortement célébré la chanteuse israélienne en opposition aux choix des jurys nationaux, mais cela avait été considéré comme une anomalie. Les élections du Parlement européen à la proportionnelle ont révélé la pensée profonde des 448 millions d’Européens.

Malgré l’industrie de la propagande, le public n’est pas dupe et n’a pas avalé ce que ces trois lobbys puissants ont essayé de leur vendre. Les Européens ne voient pas d’un bon œil la politique de leurs gouvernements qui encouragent l’immigration musulmane massive et qui cherchent à tout prix à empêcher Israël de se défendre.

Sans en connaître tous les détails, les gens de bonne foi savent intuitivement que le Hamas représente un islamisme qui, utilisant à la fois le soft power (les Frères musulmans en costume-cravate) et le hard power (les djihadistes et les jeunes émeutiers menaçant de mettre l’Europe à feu et à sang), veut islamiser l’Europe. Contrairement à leurs dirigeants politiquement myopes, les gens de bonne foi comprennent qu’Israël se bat non seulement pour sa survie, mais aussi pour la leur.

Le cheval de bataille de l’extrême gauche a été la diabolisation d’Israël. Exploitant l’antisémitisme endémique chez certains musulmans, la haine d’Israël a été instrumentalisée par l’extrême gauche pour mobiliser les millions de jeunes descendants de migrants abstentionnistes, qui haïssent l’Occident, et les pousser à voter. Unis par une même volonté de déstabiliser l’Occident, l’extrême gauche s’est associée aux activistes islamistes soutenus par l’Iran, le Qatar, la Russie et la Chine, qui souhaitent encourager l’islamisation de l’Europe. Fort heureusement, cette déstabilisation a été repoussée ce dimanche.

Une menace sur les Juifs de France

La percée de l’extrême droite, notamment en France (37%) et en Allemagne (16%) a toutefois de quoi inquiéter. La décision d’Emmanuel Macron de dissoudre le parlement peut signifier une montée au pouvoir de l’extrême droite en France et cela constitue une menace pour l’avenir des Juifs de France. Rappelons que Jordan Bardella, tête de liste du parti d’extrême droite à Bruxelles souhaite interdire l’abattage rituel juif et limiter les transferts de fonds publics aux institutions juives. Même si son objectif majeur est de mitiger l’islamisation de la France, et que ce parti s’est positionné comme « le plus grand défenseur de la communauté juive de France », les juifs seront probablement des dégâts collatéraux de sa politique identitariste.

Il est important de reconnaître que la montée de Marine Le Pen à la tête de l’Assemblée nationale pourrait susciter des troubles, en particulier dans les quartiers défavorisés majoritairement peuplés de musulmans, souvent très très remontés contre la République.

Malheureusement, il y a également plusieurs dizaines de milliers de Juifs qui vivent dans ces quartiers appauvris et ils pourraient être les premières victimes de la violence de certains musulmans. En cas d’émeutes, il n’est pas certain que la police française pourra protéger les habitants juifs de ces quartiers.

Les résultats de ces élections devraient être un appel à la conscience pour les politiciens européens. Vous ne pouvez pas sacrifier la civilisation européenne pour vos intérêts à court terme et vos barrières idéologiques.

Un demi-milliard de citoyens vous demandent de changer de cap et de vous opposer au suicide civilisationnel. Israël de son côté doit rester vigilant et se préparer à toutes les éventualités. Des mesures de sécurité renforcées pour les communautés juives européennes sont impératives, ainsi que des plans de contingence pour l’évacuation rapide des Juifs en cas de danger imminent.

à propos de l'auteur
Directeur de recherche au Jewish People Policy Institute (Jérusalem), Dov Maïmon est notamment l’auteur d’une étude portant sur « le judaïsme européen en 2030 », où s’esquissent divers scénarios possibles pour le devenir communautaire. Né à Paris, Dov Maïmon émigre en Israël à 18 ans. Ingénieur formé au Technion (Haïfa), diplômé de l’Inséad (Fontainebleau) en management, professeur aux Universités de Ben Gourion (Beer-Shéva) et du Mont Scopus (Jérusalem), il travaille sur les rapports entre histoire, religions et politique. Son doctorat, consacré aux convergences entre mystiques juive et musulmane, a été récompensé du prix du Chancelier des Universités 2005, attribué chaque année au meilleur doctorat français en sciences humaines. D'octobre 2013 à février 2014, il a coordonné la taskforce du gouvernement israélien sur l’avenir des Juifs d'Europe.
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