Election 2022, un sentiment de dégoût

Je me réveille ce matin, deux jours avant les élections, avec un sentiment de dégoût.
Nous voilà, à nouveau, dans un défilé de campagnes, de mensonges et fausses promesses, une parodie dans laquelle une émission comme Eretz Nehederet semble être beaucoup plus proche de la réalité, ou du moins en parle sans tabou journalistique.
Comment sommes-nous arrivés là ? Pour la 5e fois en trois ans. La raison n’est pas si importante – mais nous y voilà !
Les sondages donnent à la droite plus de chances de former une coalition. J’ai peur. Non pas parce qu’il s’agit de droite, en fait je ne vois pas comment les partis religieux orthodoxes sont considérés comme de droite – il n’y a clairement plus de droite ou de gauche au sens traditionnel du terme.
Si j’ai peur, c’est d’abord et avant tout pour nos soldats. Ben-Gvir et ses acolytes s’amusent à enflammer le pays et demandent en parallèle le ministère de la Défense au prochain gouvernement (pas officiellement, mais ne soyons pas dupes, c’est le seul ministère qui les intéresse) ! Est-ce vraiment ce genre de personne irresponsable, fanatique, dont la mentalité est équivalente à celle des organisations arabes radicales, que nous voulons pour la sécurité de notre pays ?
Voulons-nous mettre la vie de nos soldats, de nos enfants, entre les mains d’une personne qui n’a jamais servi dans l’armée, non pas parce qu’elle ne le voulait pas, mais parce que l’armée le considérait si dangereux qu’il ne pouvait pas faire partie des rangs !
Ben-Gvir, Smotrich (qui lui-même a fait 1 an et 4 mois d’armée à 28 ans, et pas à un poste clé) et leur entourage, ressemblent plus à des hooligans dans un stade de football qu’à des politiciens calmes, raisonnables et raisonnés, auxquels on peut faire confiance pour notre sécurité, ou pour n’importe quoi d’autre.
Comment sommes-nous arrivés à envisager que ce genre de personnages tristes, provocateurs et extravagants pourrait remplacer une poignée d’anciens généraux expérimentés de l’armée ?
Ensuite, notre ministre des Finances pourrait être Ytzchak Goldknopf, un rabbin qui n’a jamais étudié l’anglais ou les mathématiques de sa vie. Goldknopf, ministre des Finances, alors que plus d’une fois, nous avons entendu dire qu’il sous-payait certaines enseignantes de maternelle, tandis que ses proches étaient sur payées. Cela en dit long sur ce à quoi nous pouvons nous attendre !
Je ne suis pas non plus une fan de Lieberman (pour moi, il est avant tout une sorte d’oligarque), mais il a fait gagner à la classe active quelques milliers de shekels en quelques mois seulement, en faisant adopter une loi qui allège le fardeau fiscal pour ceux qui ont des enfants à charge de moins de 12 ans. Et la loi était rétroactive ! En général, il faut au moins un mandat pour voir les résultats d’un gouvernement. Dans ce cas, c’était immédiat et, dans la poche de ceux qui travaillent, supportent le pays et qui ne seront peut-être pas représentés dans la prochaine coalition !
Aussi, Lieberman n’est pas contre les Haredim, mais en faveur de les inclure davantage dans la vie économique du pays : aujourd’hui, 45% des hommes Haredis en âge de travailler n’ont pas d’emploi contre seulement 11% pour les hommes non-Haredis – cependant 82% des femmes Haredis sont employées !
Dans 40 ans, compte tenu de la croissance démographique, la classe active (et celle qui s’engage dans l’armée) sera minoritaire et donc esclave d’une majorité paresseuse. En fait, à mon humble opinion, si nous ne changeons pas le système, ce sera la fin d’Israël : la fin de l’Israël de l’OCDE, parce que beaucoup de gens non religieux ne resteront pas dans un pays où les lois sont strictement religieuses, et en même temps où les impôts sont un tel fardeau qu’il est difficile de vivre décemment.
Ainsi, une grande partie de la tête pensante de ce pays, notre « pétrole », ira ailleurs, et donc la croissance économique sera un rêve perdu. Mais aussi, ce sera peut-être la fin d’Israël, parce qu’il y aura sûrement des sionistes religieux pour défendre le pays, mais ce ne sera pas suffisant, et si nos frontières sont un gruyère, je n’ai pas beaucoup d’espoir quant à la survie d’Israël.
Je sais, c’est un tableau très sombre, et probablement le scénario le plus extrême, mais malheureusement, si nous ne traitons pas les problèmes à la racine et avec une vision à long terme, le temps de la diaspora reviendra très rapidement et l’histoire pourrait se répéter tout aussi rapidement.
Enfin, le candidat au ministère de la Justice sera surement du Likud. Je pourrais m’arrêter ici parce que le simple fait de le mettre noir sur blanc est déjà assez grotesque comme ça. Tout homme qui est tenu par Bibi et ses intérêts personnels, ne cherchera qu’à « améliorer » le système judiciaire afin qu’il serve une bande de personnes malhonnêtes qui occupent les sièges de la Knesset. Dommage ! Au moins, Gideon Saar, que l’on aime ou pas, est un avocat avec de nombreuses années d’expérience dans le système judiciaire.
Et pourquoi sommes-nous arrivé là ? Parce que certains étaient déçus que Bennett s’asseye avec le parti arabe ? Voici l’hypocrisie à son apogée : Bibi avait également proposé à l’époque à Ra’am de rejoindre la coalition. Aussi, comme le dit le proverbe, « gardez vos amis proches et vos ennemis encore plus proches », non pas que je considère les Arabes israéliens comme mes ennemis, mais je suis consciente de la complexité de la situation, et on ne peut pas oublier les Arabes israéliens qui ont mené des attaques sur notre sol. Seulement, ne pas inclure les Arabes dans le gouvernement est une énorme erreur stratégique : ils représentent 20% de la population israélienne ! Les ignorer a provoqué les émeutes de mai 2021.
Pendant longtemps, le gouvernement les a mis à l’écart, et n’a pas pris en considération les groupes criminels et les mafias qui ont grandi au cœur du pays. Or, le moment venu, ils ont pointé leurs armes contre nous. Ils avaient déjà ces armes, mais tant qu’elles étaient utilisées pour des règlements de comptes à Fureidis ou Ramla, cela n’intéressait personne, et certainement pas la police. Avec un parti arabe au gouvernement dont l’ordre du jour est principalement de réparer la société arabe israélienne, et qui a dit clairement ne s’occupera pas de politique étrangère, nous avions une assurance pour l’avenir. Les Arabes doivent faire face à la criminalité arabe. Ces voyous n’écouteront pas les politiciens comme Ben-Gvir ou Smotrich, mais au contraire seront encore plus furieux, et les Juifs pourraient définitivement abandonner des villes comme Yaffo, Ramla ou Acco.
Mais aussi, lors de ce dernier gouvernement, nous avons entendu Mansour Abbas condamner les actes du Hamas ou des terroristes… Chose qu’il ne faisait pas lorsque les Arabes été mis à l’écart et non représentés au gouvernement.
Toutes ces choses sont menacées aujourd’hui, de la sécurité aux frontières, à la situation économique en passant par le système judiciaire. La situation n’est déjà pas excellente telle qu’elle, essayons d’avancer pour l’améliorer, et non de l’endommager davantage !
Mardi prochain, nous aurons tous l’occasion d’exprimer notre opinion. Nous devons nous rappeler qu’en Israël, nous ne votons pas pour un homme, ni même pour un parti, nous votons pour une coalition potentielle. Pour ces 5e élections, aussi déprimantes soient-elles, l’issue potentielle semble apocalyptique pour l’avenir du pays. Mardi, assurons-nous de ne pas mener notre beau pays à sa perte !
