Egos politiques

Benjamin Netanyahu lors de la réunion de cabinet hebdomadaire au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le dimanche 24 novembre 2019. (Photo AP / Sebastian Scheiner, Pool)
Benjamin Netanyahu lors de la réunion de cabinet hebdomadaire au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le dimanche 24 novembre 2019. (Photo AP / Sebastian Scheiner, Pool)

La mise en examen du Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu par le procureur général de l’Etat pour corruption, fraude et abus de confiance illustre la force de la démocratie israélienne, la rigidité des relations entre pouvoirs et la violence de la vie politique israélienne.

La force de la démocratie israélienne est sans doute la plus importante au monde. Elle fait fi de la situation de guerre que vit le pays qui n’est pas gouverné par des militaires en activité sous un quelconque régime d’été d’urgence militaire, comme c’est le cas dans tant d’autres Etats en même situation.

La séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire constitue la clef de voûte de cette démocratie. La mise en examen du chef du gouvernement en charge d’expédition des affaires courantes par le procureur général de l’Etat en est l’expression la plus vive. Imagine-t’on le procureur général français- mais les exemples sont légion dans le monde- inculper le Premier ministre alors même que le procureur est organiquement lié à la chancellerie ?

La part négative de l’exercice démocratique total se circonscrit dans l’âpreté de la vie politique israélienne. La difficulté d’entente entre chefs de files politiques alors même que le pays est en difficulté sécuritaire a plusieurs conséquences lourdes : pas de présentation de coalition au chef de l’Etat, pas de formation de cabinet, maintien d’un gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes, blocages du budget, etc, etc.

A cet effet, rappelons la phrase d’Albert Einstein : « La tâche principale de l’ère humain est de se libérer de son ego. ».

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Pierre Saba
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