D’un gouvernement à l’autre, et si le narratif arabe restait le même ?

DOSSIER – Mansour Abbas à une session de la Knesset à Jérusalem, le 13 juin 2021. Abbas, chef du parti islamiste arabe Ra'am, un partenaire clé du gouvernement israélien, a déclaré mercredi 11 mai 2022 qu'il continuerait d'adhérer à son parti dans la fragile coalition du pays, évitant une autre crise pour le gouvernement assiégé suite aux tensions sur un lieu saint clé de Jérusalem ces dernières semaines. (AP Photo/Ariel Schalit, Dossier)
DOSSIER – Mansour Abbas à une session de la Knesset à Jérusalem, le 13 juin 2021. Abbas, chef du parti islamiste arabe Ra'am, un partenaire clé du gouvernement israélien, a déclaré mercredi 11 mai 2022 qu'il continuerait d'adhérer à son parti dans la fragile coalition du pays, évitant une autre crise pour le gouvernement assiégé suite aux tensions sur un lieu saint clé de Jérusalem ces dernières semaines. (AP Photo/Ariel Schalit, Dossier)

Le gouvernement Bennett – Lapid dirigeant le journalier d’Israël depuis Juin 2021 laissait entrevoir des changements relativement radicaux; non seulement au point de vue social et de politique international, mais bien évidemment face à la problématique arabe régionale avec l’ajout de Mansour Abbas, proche des Frères Musulmans.

Si plus d’un commentateur (dont je faisais partie) avait plus que du mal à accepter l’idée d’un parti arabe extrémiste au sein du gouvernement israélien nous pouvions pour le moins espérer que cette alliance engendrerait des situations de calme relatif, d’acceptation provenant également de cette population alors qu’elle avait dorénavant un représentant légal afin de gérer des dossiers inhérents à celle-ci, mais…

Je ne reviendrai pas ici sur les incidents, sur les attaques terroristes, sur les manifestations violentes, sur toutes ces actions qui ont continué à jalonner cette année depuis l’élection de ce gouvernement qui aurait pu être comme une lueur d’espoir face à une situation qui ne trouve pas d’issue…

Regardons le cas récent de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh et des réactions de la rue arabe suite à son décès: accusation de facto des soldats israéliens, refus de l’A.P de pratiquer une autopsie conjointe, refus de donner le feu vert à Israël afin de faire une analyse balistique de la balle qui aurait pu pernettre d’en définir sa provenance, raison supplémentaire d’en appeler à commettre des attentats, à menacer une fois de plus l’état d’Israël d’une pluie de missiles…

Jetons un regard vers l’Esplanade du Temple, vers les blocs de pierres, vers les cocktails Molotov, vers une situation qui perdure depuis de nombreuses années avec ou sans partenaire arabe au gouvernement israélien…

Doit-on ici se questionner sur les intentions réelles de la participation gouvernementale des Frères Musulmans ? L’idée était-elle de facto d’oeuvrer vers une amélioration des conditions des populations arabes israéliennes ou simplement de déployer de l’intérieur l’art de la Taqya afin de torpiller au mieux, de prendre le dessus, de faire en sorte que le gouvernement israélien se retrouva à la merci d’un ennemi de l’intérieur ?

Toute la question que je pose ici ne se cantonne pas à ce gouvernement (loin s’en faut…), et si d’aucun se complait à critiquer ce gouvernement quant aux attentats, aux manifestations, au terrorisme qui se concrétise semaine après semaine, depuis combien de décennies sommes-nous victimes de ces actes, de cette terreur, de cette haine véhiculée d’une génération vers l’autre?

Combien de gouvernements de droite comme de gauche se sont succédés depuis la création de l’état tout en étant confrontés aux mêmes actes terroristes, aux mêmes désirs de tuer de l’israélien, d’éliminer purement l’état d’Israël ?

Loin de moi la prétention de savoir comment solutionner une situation qui dure, et dure… La participation de facto de représentants arabes au gouvernement n’a à mes yeux pas fait ses preuves… Son opposé avec des sénateurs arabes oeuvrant à saper les infrastructures et décisions israéliennes non plus…

Deux solutions diamétralement opposées sembleraient logiques :

Octroyer une terre « Fatahland » afin de leur donner le moyen de créer leur propre état mais où les frontières seraient totalement hermétiques : vous avez votre état, maintenant gérez-le mais sans nous…

Donner à tous les citoyens arabes-palestiniens la nationalité israélienne en espérant qu’avec le temps ceux-ci s’intègreront et se sentiront israéliens… L’exemple européen allant dans ce sens ne semble pas être des plus réussis…

Il me parait évident que nous en avons tous assez de la terreur, du terrorisme, des attentats, des missiles, des émeutes ; un Merlin l’Enchanteur aurait-il une potion magique afin de nous permettre de vivre enfin en paix ?

Sur ces mots et questionnements je préconise malgré tout de rester optimistes et d’y croire !

à propos de l'auteur
Marc Lev réside en Israël depuis 1985, est blogueur depuis plus de 15 ans quant au monde juif face à l'International, à la région du Moyen-Orient, aux mouvances islamistes; a publié divers romans liés aux problématiques régionales, au régime iranien, aux extrémismes ( "Demain ?", "Et si..", "Après-demain..?" ), et a de-même développé des dons artistiques en se spécialisant dans des créations de peintures sur supports de bois divers avec des expositions ici et là. Marc Lev, dans ses écrits hebdomadaires, tente de donner une vision de l'intérieur, depuis Israël, des problématiques touchant le judaïsme international, Israël, la région du Moyen-Orient... par lesquels il se veut porteur de matières à réflexion...
Comments