Distinguer antisémitisme et antisionisme

Une banderole "Sionistes hors de nos facs" à la Sorbonne, à Paris, le 4 avril 2024. (Crédit : UEJF/X.com)
Une banderole "Sionistes hors de nos facs" à la Sorbonne, à Paris, le 4 avril 2024. (Crédit : UEJF/X.com)

Antisémitisme et antisionisme

Depuis des années, certains assimilent l’un à l’autre les deux termes, et en viennent presque à les utiliser de manière interchangeable. Avec le corollaire qu’un antisémite serait mécaniquement un antisioniste et inversement, et donc qu’il n’y a pas forcément lieu de distinguer ces deux attitudes.

Pourtant, bien qu’il existe un certain continuum qui associe les deux postures que ces mots désignent, il est important de les démêler car elles procèdent de démarches mentales différentes.

Pour illustrer cette confusion, il est utile de se rappeler ce que l’écrivain israélien feu Amos Oz rapportait : dans beaucoup de métropoles européennes des années 1930, des affiches enjoignaient fermement aux Juifs de quitter le pays où ils vivaient pour s’exiler dans une lointaine Palestine, alors que ces dernières années ces mêmes murs servent maintenant de décor à de nouvelles affiches exhortant les Juifs israéliens à quitter cette même Palestine pour supposément « libérer cet espace de la rivière à la mer »[1].

Dans ces deux séquences, distantes de près d’un siècle et ainsi rapportées par l’écrivain, posons que la première illustre bien un antisémitisme violent,xf alors que la seconde met en scène un antisionisme farouche.

L’absurdité et l’incohérence patente qui émergent de leur juxtaposition n’implique pas qu’il faille brouiller ces deux concepts dans un flou qui ne profite ni aux Juifs, ni aux sionistes, ni aux Israéliens, ni surtout à la Raison.

L’antisémitisme

L’objet des antisémites est de se focaliser sur l’espace dont ils sont les citoyens : ils visent à « purifier leur patrie » d’une minorité qui n’y aurait pas sa place, car considérée comme étrangère à la communauté nationale; en ajoutant que les Juifs sont à l’origine de méfaits qu’il importe de combattre.

Ainsi, les antisémites postulent que la disparition de cette communauté juive de l’environnement social améliorera mécaniquement l’homogénéité culturelle et identitaire du pays, tout en l’assainissant de nuisances qu’ils imputent aux Juifs. Ils mettent ainsi en scène une hostilité atavique imaginaire et fantasmée entre une majorité cherchant à préserver son identité et ses intérêts que menacerait une minorité qualifiée d’exogène et de conquérante.

Il s’agit donc d’une querelle créée artificiellement, dans un décor qui fait intervenir deux types d’acteurs :

  • les antisémites de la majorité,
  • et la minorité juive perçue et désignée comme intrusive et menaçante.

Cet antisémitisme contemporain procède d’une détestation sociale qui se distingue de l’ancienne haine que l’on désignera sous le vocable d’antijudaïsme. Celle-ci attribuait aux Juifs la mort du Christ, accusation la plus grave que l’on puisse concevoir dans un monde où l’Église occupait une place centrale.

À cet antijudaïsme originel s’est donc progressivement ajouté un antisémitisme d’ordre social, au fur et à mesure de l’affaiblissement de l’emprise du religieux sur la société qu’a accompagné le triomphe de l’État-nation.

Cette transformation n’a pas été brutale et les deux phénomènes ont longtemps coexisté dans des dynamiques où l’antisémitisme était l’héritier naturel de l’antijudaïsme dont il prenait le relais dans un monde plus désenchanté.

On notera que ce qui apparaît en filigrane laisse entendre que les antisémites, à l’origine de ces odieuses campagnes d’affichage des années 1930, exprimaient quelque part des objectifs proches de ceux des militants sionistes de cette même époque :

  • les premiers pour purger le pays concerné de toute présence juive ressentie comme malsaine,
  • les seconds pour trouver une solution politique à une oppression millénaire en diaspora à laquelle ils avaient fini par désespérer que soit mis un terme.

Les deux voulaient voir les masses juives déguerpir d’Europe pour qu’elles s’établissent dans un lointain Moyen-Orient.

Aussi, l’antisémite ne voyait donc pas forcément le sionisme comme une option à rejeter : il pouvait même y trouver des motifs de satisfaction en supportant une idéologie dont la vocation première est à leurs yeux de faire disparaître dans un ailleurs invisible une communauté haïe, pourvu que celle-ci ne « pollue » plus la sphère nationale de sa présence.

Dans les deux cas, antisémites et sionistes militaient pour le départ des Juifs en faisant valoir une menace imminente d’exactions à leur encontre. Aussi bizarre qu’une telle formulation peut apparaître, sionistes et antisémites avaient quelque part des intérêts voisins[2].

Si l’antisémitisme a beaucoup prospéré en France avant (et pendant) la Seconde Guerre mondiale, l’horreur de ce qu’a été la Shoah l’a relégué aux marges de la société.

Pour résumer d’un mot, Georges Bernanos qui lui-même n’était pas un grand ami des Juifs, a fini par écrire :

Hitler a déshonoré l’antisémitisme.

Cela signifie que pendant les années d’après guerre et plus encore dans les années 1970-1980, lorsqu’avec les films-séries « Shoah » et « Holocaust », l’opinion publique a pris conscience de ce qu’ont été les abominations de la « solution finale », il n’était pas très glorieux de se déclarer antisémite.

D’ailleurs le législateur a finit par mettre l’antisémitisme hors la loi lorsqu’il s’affirme sur la place publique en déclarant que ce n’est plus une « opinion » mais une infraction de nature à troubler l’ordre public par les appels à la haine qui s’en dégagent.

L’antisionisme

L’objet de l’antisionisme vise à rétablir une population palestinienne perçue comme bafouée dans ses droits, en « purifiant » le territoire considéré de sa population juive qui y serait illégitime. Il prend clairement parti dans un conflit aux multiples ramifications en qualifiant l’un des protagonistes de « colonisateur opprimant » un autre peuple vu comme « victime innocente » des malheurs réels qui l’accablent depuis un siècle.

Il s’agit donc d’une querelle dans une scène qui fait intervenir trois types d’acteurs :

  • les Palestiniens vus comme opprimés,
  • les Israéliens vus comme oppresseurs,
  • et les antisionistes dont une grande majorité se situe hors du champ spatio-culturel dont il est question et qui se vivent comme des cavaliers blancs dénonçant une tragédie où ils font clairement apparaître des bons (les Palestiniens) face aux méchants (les Israéliens).

Fondamentalement, les antisionistes dénient formellement à tout Juif le droit d’émigrer en Palestine, et lui proposent à la place de s’intégrer dans les communautés nationales des pays où ils vivent. Peu leur importe que cette option ait si souvent échoué là où elle a été tentée ; à les entendre il suffirait d’attendre que les conditions soient réunies pour que ce fléau de l’antisémitisme disparaisse. Une position quelque part analogue à celle de beaucoup de communistes ou gauchistes vis-à-vis du féminisme :

  • Dans un cas, attendons que la révolution socialiste advienne et le problème de domination de genre se résoudra de lui-même.
  • Dans l’autre cas, attendons que la société ait suffisamment mûri pour que l’antisémitisme ne soit plus qu’un mauvais souvenir de temps anciens révolus.

C’est cette option qui a été retenue par beaucoup de Juifs d’Europe centrale, en particulier par ceux qui ont adhéré en masse au Bund[3]. Il est peu de dire que l’Histoire ne leur a pas donné raison. La plupart de ceux qui vivaient en Europe avec une telle attente pour horizon ont été sauvagement exterminés.

Quant à la quasi-totalité de leurs homologues orientaux, voyant leur situation se dégrader avec l’émergence des nationalismes arabes, ils n’ont pas attendu des lendemains qui devaient chanter et ont pris les devants en fuyant leurs pays d’origine, de plus en plus hostiles, pour des cieux plus cléments.

Ces constats malheureux ne feront pas bouger d’un iota un antisioniste qui continuera à clamer que les Juifs ne devaient en aucun cas émigrer en Palestine, quelque soient les conditions difficiles dans lesquelles ils vivaient : ils devaient attendre que les sociétés évoluent pour mettre un terme à leur discrimination – en passant par pertes et profits ceux qui ont ainsi attendu et ont été broyés dans des machines infernales.

On notera que l’antisionisme n’est pas hors la loi, et avec raison. Il s’agit d’une position politique, au même titre que celle qui consisterait à nier le droit à une souveraineté politique pour d’autres populations telles les Kurdes, les Kabyles ou les Tamouls.

On peut objecter qu’il n’existe pas de termes « antikurdes », « antikabyles » ou « antitamouls » pour désigner de telles approches politiques qui se rapprocherait de l’expression « antisioniste », omniprésente dans la sphère médiatique, et que ce seul fait devrait interpeler tout un chacun. Ceet démarche politique reste néanmoins valide, et ne devrait en aucun cas être illégitime ou illégale.

Il y a d’ailleurs des antisionistes respectables, tel Rony Brauman, qui considère que la création de l’État d’Israël a été une grave erreur historique, mais qui ne milite pas forcément pour son éradication aujourd’hui.

L’antisionisme se démarque de l’antisémitisme, et parfois même le condamne fermement. Il énonce juste que la création d’une entité politique juive dans ce territoire minuscule coincé entre le Liban, la Syrie, la Jordanie et l’Égypte ne pouvait en aucun cas être recevable pour accueillir des Juifs, et ce pour plusieurs raisons :

  • Les antisionistes réduisent l’identité juive à sa seule dimension religieuse, ce qui fait que les Juifs ne formeraient pas un peuple au sens politique du terme. Avec le corollaire qui serait alors de leur dénier le droit de disposer d’une entité indépendante et souveraine, au même titre que les autres peuples de la planète. Et ce quelque soit l’oppression insupportable dont ils ont été l’objet, et qui a donné naissance à cette idéologie sioniste dont l’objectif premier était la quête d’un refuge.
  • Le pêché originel de colonialisme qui accuse, à tort[4], les sionistes d’avoir envahi un territoire déjà occupé par des habitants qui ne voyaient pas d’un très bon œil l’arrivée d’étrangers dans leur espace.

En outre, quelque soient les époques, les antisionistes se sentent confortés dans leur convictions par le constat des effets tragiques d’une politique israélienne jugée très violente, souvent à tort, parfois avec raison, qui disqualifierait a posteriori l’ensemble du projet sioniste ; jugements faisant intervenir des considérations morales et éthiques qui bizarrement ne sont appliquées à aucun autre État[5].

Une nécessaire distinction

Si ces deux concepts d’antisémitisme et d’antisionisme sont si différents, comment rendre compte du fait qu’ils sont si souvent associés au point de dresser une quasi-équivalence entre eux ? Plusieurs facteurs contribuent à cette confusion qui a tendance à obscurcir le débat plus qu’à l’éclairer.

L’actualité et l’écho assourdissant – et totalement disproportionné – que donnent les médias de ce conflit au Proche Orient font apparaître l’État d’Israël comme un monstre absolu, qu’il importe de dénoncer dans les termes les plus fermes.

Les antisionistes, loin d’adopter une approche relative qui apprécierait la riposte militaire au massacre du 7 octobre par rapport aux réactions des armées occidentales suite aux attentats qui ont ensanglanté les rues de New-York, Paris, Nice, Madrid, Londres, Bruxelles ou Berlin, isolent cette guerre à Gaza de manière unique, pour dénoncer cet État d’Israël coupable de telles horreurs, et ainsi le délégitimer.

Cette manière de traiter Israël comme un pays paria, de façon analogue au traitement des Juifs comme citoyens paria, peut faire naître des convergences.

Dans beaucoup de pays, de nombreux Juifs se sentent solidaires d’Israël

Et ce pour plusieurs raisons :

  • Ils ont de la famille qui vit sur place et sont soucieux de leur sécurité et de leur bien-être.
  • Ils considèrent que l’existence de l’État d’Israël est une sorte d’assurance-vie pour eux-mêmes, si les temps sombres d’un antisémitisme virulent devaient revenir.

Au-delà de cette actualité morbide omniprésente, ils tirent une certaine fierté des succès incomparables obtenus en moins de huit décennies par ce tout petit pays mis en permanence au ban des nations : agriculture, industrie, recherche, arts, défense, langue, niveau de vie, institutions démocratiques[6], etc.

Aussi, ces Juifs ressentent tout discours antisioniste comme étant aussi dirigé contre eux-mêmes, et en viennent donc, à tort, à considérer tout reproche adressé à Israël comme antisémite. Et de même pour les antisionistes : s’opposer à Israël reviendrait à s’opposer aux Juifs, qui s’en sentent si proches.

Beaucoup de personnes qui soutiennent le gouvernement d’Israël souhaitent s’affranchir de toute critique en les assimilant systématiquement à de l’antisémitisme.

Aussi, compte tenu de l’image négative, souvent associée à la Shoah, que ce qualificatif d’ « antisémite » véhicule, cette accusation peut s’avérer payante en termes de communication, et les défenseurs inconditionnels de la politique d’Israël et de son gouvernement de la honte ne veulent pas se priver de cette arme incertaine.

Une double défense

Le propos de ce texte n’est pas d’argumenter sur le bien fondé ou non du sionisme, mais d’énoncer que ses détracteurs, les antisionistes, ne relèvent pas forcément d’un antisémitisme classique, de même que les antisémites ne s’opposent pas mécaniquement à l’État d’Israël. Le mélange des genres permet à certains de se dédouaner commodément de positions confuses.

  • Position à l’extrême droite

Typiquement, des partis d’extrême droite vont afficher un certain soutien à l’État d’Israël, pour faire oublier leurs turpitudes antisémites passées dans lesquelles leurs prédécesseurs se sont fourvoyés, et pour lesquelles eux-mêmes continuent d’entretenir une ambiguïté suspecte. En reprenant l’incertaine communauté d’intérêts évoquée ci-dessus entre sionistes et antisémites, et en s’appuyant sur une hostilité à toute présence musulmane en France qu’ils exècrent encore plus que la présence juive, ils agiront en conformité avec le fameux dicton : « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ».

  • Position à l’extrême gauche

À l’inverse, des partis d’extrême gauche ont fait de leur haine d’Israël et du sionisme leur étendard de choix, tout en affichant clairement leur opposition à l’antisémitisme, qu’ils considèrent d’ailleurs comme « résiduel ». Mélanger l’accusation d’antisionisme à celle d’antisémitisme leur permet de déplacer le débat en se dédouanant d’un antisémitisme qui n’est pas leur caractéristique première, évitant alors de devoir argumenter pourquoi et comment ils appellent de leurs vœux la destruction de cet État d’Israël si honni. Et également de devoir s’expliquer sur cette « israélophobie » maladive qui irrigue tant de leurs discours.

Après avoir tenter d’énoncer qu’il importe de ne pas mélanger ces deux mots/maux que sont « antisémitisme » et « antisionisme », concluons sur une parabole qui illustre ce qui les rapproche quand même.

Deux personnes se rencontrent, dont l’une est manifestement antisémite. Cette dernière dit à son interlocuteur :

« Regarde comme les Juifs tiennent le monde dans leurs mains et sont donc responsables de son état déplorable : des journalistes incertains, des avocats peu scrupuleux, des hommes politiques corrompus, des intellectuels douteux, des affairistes, des malfaiteurs, des délinquants sexuels. »

L’autre de lui répondre :

« Que des Juifs aient des comportements et des agissements répréhensibles n’est sans doute pas faux, mais si l’on regarde l’ensemble de la population, ils ne sont pas proportionnellement plus nombreux que d’autres à sévir, et ne seraient donc pas plus comptables que les non-Juifs des malheurs de ce monde. »

Et le premier de lui rétorquer, très agacé :

« Mais pourquoi tu changes de sujet ?!? »

On pourrait raconter cet échange quasiment de la même manière en mettant en scène le premier personnage comme étant un antisioniste farouche qui parlerait d’Israël à la place des Juifs, et de ses méfaits réels ou supposés, face à une réponse faisant intervenir les réactions d’autres pays s’ils se trouvaient placés dans des situations analogues.

Obsédés par cet État d’Israël qui est devenu aujourd’hui le paria de la communauté internationale – tout comme le Juif errant était devenu le paria des sociétés – les « israélophobes » ne veulent surtout pas changer de sujet, à l’image de leurs homologues antisémites.

Mais s’il importe de garder à l’esprit cette caractéristique commune, il est également essentiel de distinguer ces deux postures, qui ne sont pas réductibles l’une à l’autre.

[1] Sans préciser d’ailleurs où les Juifs israéliens à qui s’adresse cette injonction devraient émigrer pour complaire aux auteurs de ces affiches.

[2] C’est ce qui explique quelques rapprochements douteux qui ont pu se produire dans les années 1930 entre certains militants sionistes et le régime nazi qui avait fait de la haine des Juifs la mère de tous ses combats.

[3] Le Bund est un mouvement politique du début du XXe siècle qui prônait une approche socialiste culturellement juive dans le Yiddishland. Le centre le plus actif était en Pologne, et ce mouvement s’est clairement positionné contre le sionisme.

[4] À tort, car les sionistes n’ont pas « envahi » un territoire mais ont immigré vers celui-ci en tant que réfugiés ; avec pour beaucoup l’accord des autorités de l’époque en charge de cet espace, et de surcroît en achetant légalement les terrains où ils se sont installés.

[5] Einat Wilf, historienne et politicienne israélienne, offre deux réponses à la question consistant à déterminer si l’armée israélienne est l’armée la plus morale du monde comme le prétendent beaucoup d’Israéliens : « la première réponse est oui, et la seconde réponse est que c’est parce que Tsahal est la seule armée présente dans cette incertaine compétition ». Tout est dit sur ce qui est en permanence exigé d’Israël et qui ne semble concerner aucun autre pays !

[6] Concernant les institutions, Israël est aujourd’hui victime de la même vague de populisme qui assaille les démocraties libérales, avec un gouvernement aux manettes qui brille par son incompétence, ses dérives mafieuses et son manque de valeurs morales. Si ce côté pile est très sombre, le côté face représenté par la réaction d’une partie de la population qui manifeste sans relâche depuis plus de deux ans, et ce alors que le pays est en guerre, offre quelques lueurs d’espoir. D’une certaine manière, les conditions dans lesquelles ces centaines de manifestations se sont déroulées pourraient presque servir de leçon de démocratie pour le monde.

à propos de l'auteur
Franco-Israélien né à Paris (France) en 1954, David Musnik vit en France avec un passage de plusieurs années en Israël dans les années 1970’s. Diplômé du Technion en 1977 dans la faculté "Electrical Engineering", puis mobilisé dans Tsahal pendant presque 3 années. Informaticien retraité spécialisé dans l’ingénierie documentaire.
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