Difficultés existentielles françaises

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontrant le ministre français des Affaires étrangères Jean Yves Le Drian au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 26 mars 2018. Photo par Kobi Gideon / GPO
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontrant le ministre français des Affaires étrangères Jean Yves Le Drian au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 26 mars 2018. Photo par Kobi Gideon / GPO

Histoire

Depuis le vigoureux virage diplomatique proche-oriental décidé par le général De Gaulle en 1967, la stratégie française a inversé ses pions dans la région. Ancien allié, l’Etat d’Israël est devenu l’adversaire et le monde arabe est passé du statut d’adversaire à celui de partenaire. Depuis lors, et à de rares et secondaires exceptions près, la France s’oppose à Israël.

Paris soutient peu les accords de paix avec l’Egypte (1979) et la Jordanie (1994), s’oppose à celui avec le Liban (1982) et l’autorité palestinienne (1993), vote et fait voter contre Israël aux Nations-Unies, décide de dispositions bilatérales contraires aux intérêts civils et militaires israéliens, tente de s’opposer au désenclavement diplomatique de l’Etat hébreu (Afrique et Asie) et explique le terrorisme anti-israélien par la seule politique intérieure et extérieure décidées par les cabinets israéliens sur la base de leurs majorités parlementaires.

Partialité de l’information et développement de l’antisémitisme

Les médias français, dans leur ensemble, diffusent les informations proposées par les agences d’informations dépendant d’Etats et d’organismes hostiles à l’existence de l’Etat d’Israël… et de l’Agence France Presse. Cette dernière s’informe et informe non sur les deux parties en conflit mais sur la seule partie palestinienne ou celle du monde arabe. La vision majoritaire française du conflit israélo-palestinien est ainsi latérale, partiale, partielle, favorable à la partie arabe et défavorable à la partie israélienne. Associée à une immigration en provenance de dictatures hostiles à l’Etat juif et à une partie du public français tout aussi hostile, cette inégalité de traitement de l’information constitue le ferment principal de la haine antisémite qui ravage la France depuis des années.

Incidences diplomatiques des choix français

Dans ces conditions diplomatiques et de sécurité civile, le maintien des relations entre l’Hexagone et l’Etat hébreu semble contrarier la réalité des faits et des actions entreprises par la France contre Israël.

Le nombre de Français juifs qui, en dépit de leur émigration sécuritaire vers Israël, reste encore la troisième communauté mondiale et l’incontournabilité de l’économie israélienne constituent un puissant frein à l’expression publique de la détérioration diplomatique entre Paris et Jérusalem.

Incidences périphériques des choix français

Par ailleurs, et en corollaire, le lent déclin français (économique, sécuritaire, institutionnel, etc) est parallèle au développement sans précédent que connaît Israël depuis sa création en 1948 sur les plans économiques, militaires, culturels, maritimes, marchands, constatés dans le cadre de l’ensemble des paramètres internationaux. L’acharnement diplomatique, politique, économique des adversaires (France) et des ennemis d’Israël (majorité des Etats arabes et musulmans) ne parvient à contenir l’ascension de l’Etat hébreu.

La France victime de ses propres choix

La détérioration plus ou moins masquée et réelle des relations entre Paris et Jérusalem date du virage diplomatique décidé par De Gaulle en 1967. La présence de Français juifs d’une part et l’importance économique et stratégique d’Israël d’autre part matissent jusqu’à présent et avec une fébrilité de plus en plus visible cette détérioration.

L’intrusion lente et sûre de l’insécurité civile, administrative, politique, sociale que connaît la France depuis des années doit être considérée comme incidente des choix essentiels – aux premiers rangs desquels ceux relatifs à la stratégie et la diplomatie- arrêtés par la France.

La justification des choix français sur Israël depuis 1967 se fonde sur des éléments non-avérés sur la base d’un Droit inexistant. Il est patent de constater le caractère contre-productif pour la France de ce type de choix.

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