Devant le coronavirus, les Humains ne sont pas égaux face à la peur

Des membres de l'équipe médicale d'Hadassah Ein Kerem, portant un équipement de protection, manipulent un échantillon de test de coronavirus de travailleurs d'Hadassah Ein Kerem à l'hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem le 24 mars 2020. Photo de Yossi Zamir / Flash90
Des membres de l'équipe médicale d'Hadassah Ein Kerem, portant un équipement de protection, manipulent un échantillon de test de coronavirus de travailleurs d'Hadassah Ein Kerem à l'hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem le 24 mars 2020. Photo de Yossi Zamir / Flash90

C’est dans les moments les plus critiques que nous pouvons voir la vraie personnalité de nos semblables.

Depuis plus près d’un mois le coronavirus est présent dans le monde entier et les réactions des États comme des personnes sont intéressantes.

Certains chefs d’Erat ne veulent comprendre la situation

Beaucoup de scientifiques expliquent que les États-Unis pourraient être le nouvel épicentre de la pandémie et pourtant le Président Trump a non seulement minimisé la menace mais plus grave il s’en est moqué pendant plusieurs semaines.

En campagne pour la présidentielle prévue à la fin de l’année, il a lancé devant une foule de supporters en Caroline du Sud : « Les démocrates ont politisé le coronavirus. Un de mes conseillers m’a dit : « M. le président, ils ont essayé de vous avoir avec la Russie, Russie, Russie. Ça n’a pas trop marché ». Ils n’ont pas réussi. Ils ont essayé la supercherie de l’impeachment. Ils ont tout essayé. Ça, c’est leur nouveau canular.

Aujourd’hui, près d’un Américain sur trois est visé par une mesure de confinement édictée par le Gouverneur de son Etat. Certains proches de Trump suggèrent que la mort de milliers de personnes âgées est peut-être un mal nécessaire pour éviter une longue dépression économique ; à l’instar de ce sous- gouverneur du Texas, Dan Patrick : « Les grands parents devraient être prêts à mourir pour sauver l’économie pour leurs petits-enfants. »

Le 22 mars dernier M. Trump twittait : « Nous ne pouvons pas laisser le remède être pire que le mal. À la fin de la période de quinze jours, nous prendrons une décision sur la direction que nous voulons choisir !»

Le Brésil est le pays le plus touché d’Amérique du Sud, avec déjà 46 morts et plus de 2 200 cas. Le Président Bolsorano nous explique que « Les autorités de certains États et municipalités doivent renoncer au concept de la terre brûlée : interdiction des transports, la fermeture des commerces et le confinement massif. Nous devons maintenir les emplois et préserver l’approvisionnement des familles.Le groupe à risques, c’est celui des personnes de plus de 60 ans. Alors pourquoi fermer les écoles ? »

Le complotisme

Il est d’usage lorsqu’une crise apparaît de chercher les coupables. Si certains accusent les Chinois de crime contre l’humanité, d’autres accusent comme d’habitude les Juifs d’être responsables et même créateurs de ce virus. Ainsi une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux nommait le coronavirus « corona pour goys » Le 26 janvier 2020, la une du Courrier Picard en référence au Covid 19, était « Le Péril jaune », avec en photo un asiatique portant un masque.

Dreuz-Infos qui explique sur son site qu’il est « le site de chrétiens américains francophones conservateurs » écrit que « la contamination des esprits par la gauche est pire que le coronavirus », que « le directeur de l’OMS (un communiste) a fermé les yeux sur les cachotteries de la Chine ».Le meilleur reste pour la fin lorsqu’on peut lire un article dont le titre est : « Corona-la-terreur : et si c’était pour les chrétiens une merveilleuse opportunité ».

La chloroquine

Doit-on utiliser la chloroquine ? Depuis quelques jours je suis surpris en lisant que de nombreuses personnes donnent des avis médicaux sur tel ou tel traitement en ayant fait zéro année de médecine. Je félicite ces « experts » car la communauté médicale est divisée sur ce sujet mais eux savent trancher et nous dire si ce médicament est bon ou mauvais .

Les Humains ne sont pas égaux face à la peur

Tout le monde a peur de cette pandémie et cela est normal. Chacun souhaite se protéger et protéger ses proches. Malheureusement les humains ne sont pas égaux devant la peur.

Certains essaient d’aider les autres en les rassurant, en se portant volontaires dans des associations tandis que d’autres se referment sur eux-mêmes et ne font qu’accuser l’autre de tous les malheurs.

Les idéologies fascistes commencent toujours de la même manière : on accuse un groupe d’être responsables des malheurs. En parcourant les réseaux sociaux, nous observons non seulement une montée du repli sur soi mais plus grave encore, des actes d’accusation contre des personnes ou populations sans aucun fondement.

Lorsque nous sortirons de cette pandémie, les Gouvernements devront rendre des comptes sur la gestion de la crise mais j’espère que chacun pensera à qu’il a écrit ou dit. Ainsi peut-être un mode meilleur apparaîtra

à propos de l'auteur
Éric Gozlan est né en 1964. Il a vécu une grande partie de sa vie en Israël au kibboutz et a servi dans une unité combattante de Tsahal pendant la première guerre du Liban et la première Intifada. Il étudie l’économie en Israël. De retour en France, il est reçu au troisième concours de l'École Nationale de la Magistrature et a travaillé de nombreuses années dans le milieu bancaire et au Conseil de l’Europe. En dehors de son parcours professionnel, Éric a toujours été intéressé par le social et les relations interreligieuses. Il pense qu’il est possible d’arriver à la paix par la religion (puisque les guerres partent souvent de celle-ci). C’est pour cette raison qu’il s’emploie en France à travailler sur le dialogue interreligieux et ce notamment avec l’Imam Chalghoumi Il a été nommé il y a peu par le roi des Roms ambassadeur de sa cause pour la France et a reçu la médaille de la paix en Roumanie. Éric est souvent invité à des congrès pour la paix pour donner son expertise sur certains problèmes Il a participé à deux nombreux colloques sur la paix et le dialogue inter religieux en Corée, Russie, Etats-Unis, Bahreïn, Belgique, Angleterre, Italie, Roumanie… Il est fondateur de Focus International Consulting et directeur de l'International Council for Diplomacy and Dialogue Eric Gozlan écrit dans plusieurs revues dont le Nouvel Observateur en France, Times of Israël en Israël et a publié dernièrement, suite à une demande du Vatican, une étude sur l’apostasie dans le Judaïsme
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