Des attentats, encore des attentats, toujours des attentats, et ?

Police et personnel de sécurité sur les lieux d'un attentat terroriste à Jérusalem, le 23 novembre 2022. Photo Olivier Fitoussil/Flash90
Police et personnel de sécurité sur les lieux d'un attentat terroriste à Jérusalem, le 23 novembre 2022. Photo Olivier Fitoussil/Flash90

Nous voilà revenus dans un autre temps, dans une période où les bombes, voitures piégées, colis de-même ne cessaient de provoquer des dizaines de victimes civiles israéliennes semaine après semaine.

Même si d’aucuns diraient que l’emplacement de ces nouveaux actes terroristes ne s’est pas décidé à la légère, que la ville de Jérusalem a tout d’une symbolique d’évidence, les violences, attaques et autres actes terroristes n’ont aucunement au fil des années une obligation de lieu de prédilection.

Les deux derniers actes terroristes perpétrés à Jérusalem seraient selon certains commentateurs un moyen de cerner les limites du nouveau gouvernement pas encore en place, de détecter quels actes seront le plus « payants » pour des terroristes qui ne cherchent qu’à graver leurs noms dans l’édifice du « j’ai tué des Israéliens »…

N’oublions pas ici malgré tout que Netanyahou a déjà eu à gérer bien malheureusement ce type de situation et que non seulement la région mais bel et bien l’International connaissent quelles seront les réactions du gouvernement israélien…

Certes ce type d’attentat n’a rien de nouveau dans notre journalier israélien; ce qui semblerait avoir changé ce sont les techniques usitées ainsi que la synchronisation des actes simultanés dans deux lieux différents !

Serait-ce une évolution dans le bon sens, vers un avenir de prospérité régionale tant souhaité ou comme nous le craignons un pas de plus vers une escalade de morts civils, victimes gratuites d’une haine rampante qui n’a pas l’air de vouloir se dissiper ?

Alors que ces attentats sont commentés dans les médias internationaux je n’ai pas pu ne pas m’arrêter sur l’article paru le 23 novembre dans le Figaro avec pour titre: « Attentats à Jérusalem : un mort et 22 blessés« ; titre laissant percevoir une description de ce qui a pu se passer, de cette terreur gratuite avec pour seul but de tuer de l’israélien et pourtant…

L’auteur qui donne même les détails de la première victime de cet attentat (en espérant que ce soit la seule même si bien évidemment c’est une de trop) ainsi que le fait qu’il était étudiant dans une Yeshiva (comme si cela changeait quoi que ce soit à ce crime horrible !), nous rappelle dans son article que ce semble être le même mode opératoire que celui des attentats qui touchaient le pays dans les années 1990 et 2000. Il n’omet dans son article nullement (et c’est à son avantage) de rappeler la dernière attaque au couteau à Ariel avec ses trois victimes, les émeutes à Hébron, les heurts à Naplouse, à Jénine avec de plus le kidnapping d’un cadavre israélien…

Jusqu’ici le ton de cet article a tout d’une objectivité observatrice qui va tout à l’honneur de ce journaliste mais, et c’est là que le ciel semble nous tomber dessus, ne voilà-t-il pas qu’il y a ici un rappel de 125 victimes palestiniennes depuis le mois de mars; « le bilan le plus lourd en sept ans selon l’ONU »…

Vu depuis ma position d’israélien vivant un presque journalier d’attentats terroristes de tout genre et avec la compréhension humaine que je peux avoir dans ce type de situations, il me semble que l’amalgame ne devrait nullement se retrouver dans des médias internationaux de prime abord objectifs, et que de somme toute comparer dans un même article les victimes civiles israéliennes : enfants, femmes, personnes âgées et les ni plus ni moins que populations en mal « de se faire de l’israélien » c’est une fois de plus transformer la victime en bourreau.

Et comme si la chose n’avait rien d’incroyable, il fallait obligatoirement dans ces lignes donner la parole à des députés d’extrême droite qui vont jusqu’à laisser entendre qu’une solution de guerre de grande envergure serait la solution: « nous avons des avions, des missiles, de l’artillerie, des tanks. Utilisons-les ! » (dires du député Zvika Fogel).

Si cet article se développe autour de faits vrais, avérés, le message global pour l’homme de la rue qui en ressort a tout d’une odeur d’absolution des terroristes palestiniens et de leurs actes, renforcé par les réflexions de députés israéliens qui seraient effectivement prêts à ne pas faire de cadeau…

N’en déplaise à nombre de journalistes étrangers, notre devenir en Israël est celui d’un peuple victime et nullement l’opposé: victime de la terreur frappant aveuglément sans distinction aucune, victime de missiles et roquettes s’écrasant sur nous, nos rues, notre peuple, victime de régimes ayant juré la disparition de l’état d’Israël, j’en passe ici et des pires…

Alors de grâce il nous serait bienvenu de lire « qu’une fois de plus l’état d’Israël et ses citoyens civils sont victimes du terrorisme palestinien » avec les explications de rigueur sans nous retrouver avec un parallèle des « victimes palestiniennes » (il ne manque ici plus que l’adjectif « innocentes »…)!

Sources: lefigaro.fr

 

à propos de l'auteur
Marc Lev réside en Israël depuis 1985, est blogueur depuis plus de 15 ans quant au monde juif face à l'International, à la région du Moyen-Orient, aux mouvances islamistes; a publié divers romans liés aux problématiques régionales, au régime iranien, aux extrémismes ( "Demain ?", "Et si..", "Après-demain..?" ), et a de-même développé des dons artistiques en se spécialisant dans des créations de peintures sur supports de bois divers avec des expositions ici et là. Marc Lev, dans ses écrits hebdomadaires, tente de donner une vision de l'intérieur, depuis Israël, des problématiques touchant le judaïsme international, Israël, la région du Moyen-Orient... par lesquels il se veut porteur de matières à réflexion...
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