Depuis 40 ans le culte de la mort est omniprésent en Iran

Il y a 40 ans, les Occidentaux ont permis l’installation d’un régime islamique en Iran. Ils ont cédé au chantage pour sauvegarder des atouts économiques.

Aujourd’hui, à l’initiative du président Macron, l’Europe poursuit sa politique mercantile en adoptant un mécanisme (Instex) pour contourner les sanctions américaines et sauver in extremis l’accord sur le nucléaire.

Cela n’empêche pas les Ayatollahs de poursuivre leur projet atomique, leur programme de missiles balistiques, ainsi que la répression et la terreur dans leur pays et la déstabilisation du Moyen-Orient.

L’Europe ne peut jouer l’acrobate au Moyen-Orient, jongler avec tous les dossiers et les discours à la fois. Elle demeure maladroite et manque d’habileté et malheureusement se détache des Etats-Unis. Nous le constatons devant chaque crise dans notre région, face au terrorisme et aux vagues d’immigration, elle s’affole et perd la boussole.

Il y a juste 40 ans, le chah d’Iran, Mohamed Reza Pahlavi, avait été contraint de quitter son pays à la suite d’un déferlement d’émeutes et de manifestations islamistes. L’ami fidèle de l’Occident est lâchement abandonné. Celui qui a été le principal fournisseur de l’Etat d’Israël en pétrole part définitivement pour l’exil. Il a été le premier chef d’Etat étranger reçu au château de Versailles par Giscard. Cinq ans plus tard, le même président français accorde, à Neauphle-le-Château, près de Paris, l’asile politique au père spirituel de la Révolution islamiste, l’ayatollah Khomeiny.

Il est étonnant de constater que, non loin de Paris, un véritable réseau de propagande islamique se propageait avec l’appui inconditionnel de l’Internationale terroriste. Depuis, et encore ces jours-ci, les Islamistes de tous bords, Frères musulmans ou salafistes, ont pignon sur rue.

Le 1er février 1979, Khomeiny arrive en grand libérateur à Téhéran par un avion d’Air France mis spécialement à sa disposition. Arafat sera le premier visiteur reçu par le Guide spirituel.

Les Palestiniens ouvriront des bureaux dans tout le pays et seront les principaux conseillers de sécurité de l’appareil répressif contre les opposants de Khomeiny.

L’OLP formera également des milices chiites qui combattront au Sud-Liban. Neuf mois après le retour de Khomeiny, des étudiants envahissent l’ambassade américaine à Téhéran, et prennent 51 otages américains. Arafat est impliqué. Des combattants palestiniens conduits par Saad Sayel encadreront le coup de force. Pendant plus de six mois, le président des Etats-Unis rangera dans un tiroir les affaires courantes, y compris celles des accords de paix entre Israël et l’Egypte et s’occupera exclusivement de la libération des otages. La suite est bien connue.

Hier comme aujourd’hui, les autorités françaises n’ont pas interdit l’enregistrement de vidéos ou la publication d’ouvrages hostiles et menaçants. Il y a 40 ans, ce fut un vieillard iranien qui prétendait parler au nom de Dieu, ces jours-ci, ce sont des imams islamistes qui propagent la radicalisation et le culte de la mort.

La décision de Giscard d’héberger l’ayatollah iranien en France, puis de l’« encourager » dans la révolution islamique a bouleversé totalement l’équilibre stratégique au Moyen-Orient au détriment des pays occidentaux, et surtout d’Israël. Cette décision hâtive et maladroite a eu des répercussions néfastes. Elle a déstabilisé toute la région et encourage, aujourd’hui encore, le terrorisme international. Elle a offert à Téhéran un régime abject qui nie la Shoah et prône la destruction de l’Etat sioniste par l’arme nucléaire.

Depuis 40 ans, l’Iran déstabilise le Moyen-Orient et écarte les chances de paix à travers le monde. Il renforce les mouvements islamistes fanatiques sur tous les continents. Au Sud-Liban, il a créé un mini-Etat islamiste pour le Hezbollah et, dans la bande de Gaza, un tremplin militaire pour le Hamas et le Jihad islamique.

Présent en Syrie et soutenant le régime sanguinaire d’Assad, l’Iran achemine des armes sophistiquées et se prépare à des attaques tous azimuts contre Israël.

Au Yémen, il soutient toujours des milices contre l’Arabie saoudite et les Etats du Golfe. Et en Afrique du Nord, il cherche par la ruse à obtenir un rôle d’influence.

Depuis 40 ans, le monde s’inquiète de l’étendard chiite et de la déstabilisation du Moyen–Orient, mais laisse faire. Par indifférence et par méconnaissance du monde islamiste, des leaders occidentaux commettent depuis plusieurs décennies des erreurs graves et impardonnables. Ils sont indirectement responsables de l’hégémonie chiite islamiste actuelle.

Comment des pays comme la France – Etat laïque et champion des droits de l’Homme – peuvent approuver la politique d’un Etat voyou, autocratique, aux valeurs du Moyen-Age, semant la terreur, bafouant quotidiennement les libertés, pendant les homosexuels sur la place publique ? Comment et pourquoi fermer les yeux sur les violations et la répression, et la torture. Pis encore, on ne condamne plus l’Iran pour ses menaces de détruire et rayer de la carte l’Etat juif. Ni non plus les diatribes quotidiennes, les discours belliqueux du chef du Hezbollah, Nasrallah, pourtant responsable d’attentats contre des civils et soldats occidentaux et des prises d’otages.

On le constate une fois encore, les affaires mercantiles prévalent sur la marche à suivre, sur la moralité politique et les intérêts planétaires. Car comment expliquer le nouveau mécanisme qui permet aux Européens de contourner les sanctions américaines ? Depuis l’annulation de l’accord sur le nucléaire, il est triste de constater que dans ces moments difficiles, quand tout bascule vers l’escalade de la violence, et quand l’Iran renforce par la terreur son ancrage au Moyen-Orient, la solidarité occidentale s’effrite honteusement.

Dans ce contexte, l’Europe trouvera toujours le prétexte et le moyen d’expliquer au monde que les Iraniens vivent dans la détresse, et donc, plus que jamais, il faudrait les aider en investissant dans ce pays, et en apportant un second souffle à son économie.

Depuis 40 ans, l’Iran demeure un régime obscur sur tous les plans ayant comme objectif de rayer de la carte l’Etat juif notamment par l’arme atomique.

Personne ne peut prédire quel sera l’avenir de l’Iran dans les années à venir mais une chose est certaine, Tsahal et le Mossad possèdent les meilleurs moyens pour contrer toute éventuelle attaque de la part des Ayatollahs obscurs et abjects.

 

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 22 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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