De l’Espagne à la Nouvelle-France : une surprenante migration sépharade

Détail d'une enluminure avec fleur de lys tirée du manuscrit sur parchemin de la Bible sépharade de Cervera (1299-1300), datant  d'avant l'expulsion des Juifs d'Espagne (1492) et du Portugal (1496) (archive de la Bibliothèque nationale du Portugal - Bibliothèque numérique mondiale: https://www.wdl.org/fr)
Détail d'une enluminure avec fleur de lys tirée du manuscrit sur parchemin de la Bible sépharade de Cervera (1299-1300), datant d'avant l'expulsion des Juifs d'Espagne (1492) et du Portugal (1496) (archive de la Bibliothèque nationale du Portugal - Bibliothèque numérique mondiale: https://www.wdl.org/fr)

De l’Espagne à la Nouvelle-France via la principauté-refuge de Sedan : une surprenante migration sépharade – Le périple de la famille Baron (Aron) – Nàjera jusqu’au Québec

Montréal hors du temps

Un Canadien-Québécois cherchant ses origines dans la mine d’or des Archives nationales de France y trouve ce trésor anachronique :

« Compte du juif Samuel de Montréal de la dépense faite aux réparations de la maison forte de Saint-Genix, du 1er avril 1339 au 24 juin 1340 »

« Compte du juif Samuel de Montréal de la dépense faite aux réparations de la maison forte de Saint-Genix, du 1er avril 1339 au 24 juin 1340 »(1)

Le sursaut d’incrédulité s’apaise vite : on comprend qu’en plein Moyen-âge il n’est évidemment pas question de notre métropole. N’empêche, le nom « Samuel de Montréal » crée une image familière qui résonne en signe prophétique, comme si la Nouvelle-France était déjà depuis longtemps une destination rêvée des enfants d’Israël.

Immigrations clandestines

On cite souvent les mésaventures d’Esther Brandeau, cette jeune femme déguisée en garçon qui a tenté de débarquer clandestinement au port de Québec en 1738, comme étant le seul cas connu de tentative d’immigration juive dans la colonie à l’époque où seuls les catholiques avaient le droit de s’y établir.(2)

C’est inexact : il existe en effet d’autres cas qui ont laissé des traces.

D’abord, dès juillet 1631, le Don-de-D.ieu en direction de Québec transporte à son bord un passager désigné simplement comme « Le Juif » ayant signé une « protestation solennelle ».(3)

Ensuite, comme nous le rapporte Daniel-Arthur Hart(4) :

« On April 1, 1752, a Jew born in Holland, aged 48 years and three months was brought to Louisburg, after he had embraced the Catholic faith on board the ship « La Fripponne », while on her way to Quebec »(5). Baptisé de force en pleine mer, son nom aurait été Joseph Moise Kel(6).

Il existe aussi le cas de Jean-Baptiste Rodrigue, un corsaire portugais, pilote du Roi et marchand à Québec, Port-Royal et Louisbourg dès 1712 (7) . Les recherches de Carlos Taveira via le Fond Gradis divulguées lors d’une conférence au Musée de la Civilisation révèlent que celui qu’on connaît également sous le nom de Jean de Fond était juif(8).

Enfin, Jean-Marie Gélinas a mis en évidence par des contrats que son ancêtre Étienne, officiellement protestant, appartenait à une petite communauté crypto-juive à Saintes et aurait été d’origine espagnole(9). Il arrive à Québec en 1658.

Dans son article « Une Présence juive en Nouvelle-France ? », l’historien Pierre Anctil écrit :

« Il n’y aucun doute à savoir qu’un petit nombre de Juifs, surtout des sépharades, sont arrivés dans la colonie du Canada avant 1763, et que plusieurs d’entre eux ont pu s’installer à Québec. Comme ces immigrants embarqués dans des ports français ne pouvaient déclarer ouvertement leur identité religieuse sous peine d’être forcés de retourner en Europe, il est très difficile d’en préciser le nombre. Il en va de même de ceux qui s’étaient « convertis » après un séjour plus ou moins prolongé en France et qui ne se distinguaient nullement, selon les autorités, de la masse des nouveaux venus. Ces juifs « discrets » ou « crypto-juifs » ont pu échapper au sort peu enviable que leurs coreligionnaires subirent au même moment en France, à condition de cacher leurs sentiments réels dans une Amérique encore vaste et indifférenciée. »(10)

Il est donc possible que notre connaissance sur ces migrations augmente et que d’autres familles « québécoises de souche » révèlent leurs surprenantes racines juives ou marranes. (11)

Avant de partager dans ces pages un aperçu d’une investigation sur les migrations peu connues de quelques ancêtres jusqu’ en Nouvelle-France, citons le cas de David Dugas qui, dans « Were crypto-jews in early New France settlements? » allègue la forte possibilité que son ancêtre Dugas (Ducas) ait été juif en combinant l’approche historique avec des analyses génétiques, fidèle à l’approche de Deborah Jensen «head of the Canadian Anusim DNA project at Family Tree DNA. Jensen hopes to combine genealogical and historical research along with YDNA and mtDNA results of French Canadians to demonstrate the presence of Jewish ancestry in New France one day giving them their rightful recognition among the first settlers »(12)

Sedan, la « Petite Genève » du nord : Terre de Refuge

Les cas de l’ancêtre juif-espagnol Gélinas devenu protestant et celui du corsaire juif-portugais Jean-Baptise Rodrigue nous rappellent un événement majeur et son influence sur les mouvements migratoires des populations juives en Europe et vers l’Amérique du Nord et l’Afrique du Nord à la fin du XV -ème et au XVI -ème siècles : l’Expulsion des Juifs d’Espagne en 1492 et du Portugal en 1496. (13) Une autre pression migratoire s’exerce en Europe et en France durant la Renaissance: les guerres de religions et la « chasse » aux protestants.

Au Québec, l’histoire de la principauté de Sedan est peu connue et mériterait pourtant qu’on enseigne son exemple d’oasis de tolérance à l’école!

Sedan a été une principauté indépendante de la France de 1549 à 1642 (15) et possède le plus grand château-fort médiéval de toute l’Europe. La Principauté de Sedan a été un refuge pendant les guerres de religion pour les protestants(16), et aussi pour les Juifs, qui obtiennent le droit d’y résider officiellement en 1609. Une petite communauté juive formée de réfugiés, dès l’avènement de la principauté, y aurait déjà été officieusement présente. (18)

Sedan possède une Académie qui attire plusieurs intellectuels de la Réforme. On y retrouve à partir de 1577 Emmanuele Tremellio, un juif de Ferrara (Italie) qui s’est converti au protestantisme et qui y obtient une chaire d’Hébreu. (19)

A priori la principauté de Sedan ne figure pas sur les lieux ayant connu une forte vague d’immigration juive-espagnole, tels que des villes comme Amsterdam, par exemple. Pourtant, un examen attentif des registres protestants de Sedan démontre l’existence de l’immigration espagnole, surtout à partir des années 1580. Est-ce une coïncidence, quand on sait qu’à partir de 1580 l’Inquisition espagnole a redoublé de vigueur en Espagne pour pourchasser les conversos crypto-juifs du Portugal nouvellement annexé ou ceux qui étaient restés malgré le décret de l’Alhambra(20) ?

Voici quelques exemples de familles espagnoles qui ont été trouvées en recensant plus de 300 actes d’état civil dans les registres protestants de Sedan : Gerard et Philippe Malaga (1593), Jean Mirandal (Miranda) (1584), Jean et Suzanne Gonzal (1575), Jeanne Bazan (1575), Luc et Laurent d’Aragon (1589), Elie et Abraham Baza (1622), Marie et Jenot Crespel (1622), Jeanne Colombe (1585), Remi Castel (1585), Marie l’Espinay (Espinel) (1598), Marie Castel (1600), Elizabeth Siga (1600) Suzanne Sigal (1583), Marie Pina (1596), Pierre et Louise de Guarigua (1622), Samuel Bougan (Bogan) (1595), Sara Botter (Botero) (1587).

Sidrach Baron : Tentative de retour en Espagne (San Sebastian)

On retrouve à Sedan, la « petite Genève » du nord, la famille Baron, à laquelle nous portons une attention particulière puisqu’on y retrouve Sidrach, l’ancêtre de plusieurs familles de Nouvelle-France, dont celle de l’auteur de ces lignes. L’investigation qui nous a mené jusqu’à Sédan sur la piste de potentiels anousim/conversos d’origine espagnole convertis au protestantisme, mais conservant une mémoire identitaire juive(21,22,23) , fut initiée il y a plusieurs années afin de vérifier si la tradition orale (sur l’origine judéo-espagnole et l’origine du patronyme provenant de « Bar Aaron ») et certaines caractéristique ethnologiques (transmission de la langue espagnole, lien contemporain économique, social, culturel et affectif avec l’Espagne, possession d’un terrain, d’une résidence familiale et d’un réseau en Espagne, conscience juive prononcée et transmise aux enfants, coutumes inconscientes en lien avec le Shabbat, autres traditions, etc.) d’une des branches de la famille Baron pouvait être appuyée par des documents, ou du moins si des indices allaient dans ce sens.

Or il se trouve que la « légende familiale » semble fondée, bien que des investigations soient toujours en cours. En premier lieu elle est vérifiée principalement, pour emprunter un vocabulaire juridique, par une preuve circonstancielle qui met en évidence le réseau matrimonial développé avec d’autres familles sépharades et, en second lieu, par une preuve directe étayée par un document d’archive découvert récemment, inédit à ce jour, à notre connaissance du moins.

Les registres protestants indiquent que Sidrach a été baptisé le 17 mars 1585 à Sedan. Son père est Michel Baron et sa mère Marguerite Husson, sa marraine Marie Serva

C’est en recherchant les noms de familles et les villes d’origines des parrains et marraines des autres enfants (Abraham, Jérémie, Thomas, Marie) du couple Baron-Husson, ainsi que les noms et villes d’origine de leurs époux/épouses plusieurs années plus tard, que l’on met en lumière l’existence d’une petite communauté de personnes d’origine sépharade, incluant aussi le réseau des frères de Michel Baron, Thomas et Jean, et de leurs enfants (Jonas, Élizabeth). Par exemple, Thomas épouse Perrette Badach, qui est originaire de Bone (Algérie) d’après l’acte de décès. Même s’il est parfois aventureux de tirer des conclusions sur la base des patronymes, il existe cependant une importante documentation concernant certains patronymes rares spécifiques à certaines régions et certaines époques qui fournissent de précieuses informations sur l’origine des personnes, a fortiori lorsque corroborée par recoupement avec des villes d’origines inscrites dans les archives ou avec d’autres patronymes exclusivement régionaux, permettant par déduction de les associer à certains groupes culturels. C’est ainsi que le patronyme Badach a été justement identifié comme nom porté par des familles sépharades provenant du Maghreb (24,25,26,27) . Autres exemples au sein du même cercle familial Camis(28,29), Camizo(30), Caloz, Loys(31), Brandeau (Brandao)(32).

Pour ce qui est du prénom Sidrach, il provient du Livre de Daniel et c’est la version chaldéenne de Hananiah. Dans la prière des marranes de Castille BENDEÇID TODAS LAS OBRAS DEL SEŇOR(33), il existe une bénédiction aux trois enfants Hébreux dans la fournaise de Babylone qui ont refusé calmement d’abdiquer leur foi et coutumes malgré la répression et sont miraculeusement sortis des flammes indemnes : “¡ Bendecid Sidrach, Misach y Abnedago, al Senor ¡’’

Lupien Baron fils de Sidrach, Villenauxe (Troyes), Champagne

Mais Sidrach et sa famille étaient-ils vraiment d’origine espagnole ?

Seule la découverte très récente de ce document d’archive dans le registre des actes de baptême de Villenauxe (Troyes) a pu en apporter la preuve directe :

Dans cet acte de baptême de Loupien Baron daté du 19 mars 1608, il est écrit que ses parents Sidrach Aron et Halzola Najera sont originaires de San Sebastian (Espagne) et bénéficient de Fueros, terme utilisé pour les droits de la personne et le respect de certaines coutumes des citoyens Espagnols. On apprend également que Sidrach est décédé peu avant la naissance de son fils, à un jeune âge de 23 ans. Le véritable nom de la mère est Francisca Najera Alzola, fille de Juan Lopez (Lope) de Najera(34) et Catalina Alzola, d’après son acte de baptême daté du 9 janvier 1591 retrouvé dans les archives de San Sebastian. La marraine est Johana Bardou et le parrain Dominictas Millar. Intéressant de remarquer qu’un autre membre de la famille Millar (Nicolas) sera parrain avec Catherine Lohr (ou Loher) marraine au baptême de Nicolas Baron, fils de Lupien et de Jeanne Thierson, quelques années plus tard (17 juin 1645) toujours à Villenauxe (Troyes).

Or il se trouve que Juan Lopez de Nàjera, de la ville de San Sebastian, est identifié dans comme « judio converso » à expulser dans les Actas de junta de Fuenterrabia en 1593.(34)

Nicolas Baron fils de Lupien : Cap Nouvelle-France, Ultime refuge

Nicolas Baron fils de Loupien, autour de 1672, peut-être suite à la tourmente de l’affaire Raphael Levi dans la région, quitta la Champagne pour la Nouvelle-France et, après avoir surmonté quelques démêlés avec la Justice en terre d’accueil et quelques nuits en prison, épousa en 1676 Marie-Marthe Chauvin puis se multiplia plutôt abondamment. Sa descendance nombreuse allait se « sédentariser » au même endroit, Maskinongé et la région de Trois-Rivières (excepté son fils Nicolas junior qui essaima en Acadie et fut même corsaire à Plaisance) pour une bonne dizaine de générations. Un fait nouveau depuis les pérégrinations nomades en Europe : Espagne, Principauté-refuge de Sedan, retour à San Sebastian en Espagne, Villenauxe-Troyes en Champagne, traversée de l’Atlantique, possible escale en Guadeloupe, et enfin, la Nouvelle-France, devenue Canada/Québec, pour trois ou quatre siècles.

À partir de la principauté de Sedan, véritable Château-fort de Refuge suite aux massacres des protestants de Wassy et de la St-Barthelemy et suite aux expulsions/persécutions des Juifs en Espagne, au Portugal et en Europe, jusqu’aux confins de nouvelles terres en Amérique, ce n’était en somme qu’un aperçu vulgarisé de quelques découvertes provisoires, à mi-temps de recherche, sur les surprenantes et mouvementées migrations de quelques-uns de nos ancêtres, métissées jusqu’en terre promise du Nouveau-Monde, ultime refuge. Une enquête vertigineuse et fascinante qui se poursuit. Qui sait en quelles contrées cette course aux racines nous conduira?

En terminant, citons cet anonyme qui, méditant sur l’arbre généalogique de ses ancêtres ainsi que sur sa propre existence, a écrit « Nous sommes toutes et tous le fruit d’innombrables Amours ».

Maison familiale de Wilfrid Baron Lafreniere, marchand de grain et de foin à Maskinongé, Québec, Canada, vers 1928 (Archives familiales)

Publié à Montréal en décembre 2020 dans La Voix Sépharade

(1) Affaires civiles : Saint-Genix. – Compte du juif Samuel de Montréal de la dépense faite aux réparations de la maison forte de Saint-Genix, du 1er avril 1339 au 24 juin 1340.,1339 – 1340, Archives départementales de la Savoie, SA 5731, » lien document numérisé en ligne : http://archinoe.fr/ark/77293/70464abe662bec6a021240dd0c8872e5
(2)TISDEL, Gaston. « BRANDEAU, ESTHER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 12 nov. 2019, http://www.biographi.ca/fr/bio/brandeau_esther_2F.html
(3)TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France, Vol. 2. p.49.Fides, Montréal, 1966

(4) HART, Arthur Daniel (Ed.). THE JEW IN CANADA. Toronto, 1926.
(5) Public Archives, etc: Etat Civil-Louisbourg. 1752-1754. Série F, Vol. 179F, p. 16.
(6) BOUTET, Michel-Gérard. Les juifs sépharades et marranes en Nouvelle-France et au Bas-Canada, Académia.edu
(7) Bernard Pothier, « RODRIGUE, JEAN-BAPTISTE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 12 nov. 2019, http://www.biographi.ca/fr/bio/rodrigue_jean_baptiste_2F.html.
(8)https://www.facebook.com/events/mus%C3%A9e-de-la-civilisation/un-corsaire-juif-portugais-en-acadie-avec-carlos-taveira/174832873205728/

(9) Jean-Marc Gélinas, «Un secret bien gardé», La Voix sépharade, décembre 2003
(10) ANCTIL, Pierre et JACOBS, Simon. Les Juifs de Québec : Quatre cents ans d’histoire : Chapitre 1 : ANCTIL, Pierre. « Une présence juive en Nouvelle-France? », Presses de l’Université Laval, 2015, 264 pp
(11) BENSOUSSAN, David. «Premiers Juifs de Nouvelle France : une page d’histoire méconnue » dans Huffpost, 2017-10-17
(12) https://cryptojews.com/2018/07/were-crypto-jews-in-early-new-france-settlements/

(13) AYOUN, Richard. « Le judaïsme sépharade après l’expulsion d’Espagne de 1492 est-il un monde éclaté ? » dans Histoire, économie et société, 1991, 10ᵉ année, n°2. pp. 143-158.
(14) BERNIER, Isabelle. « Guerre et religion : les affrontements religieux en Europe au XVI et XVII ème siècles » dans Futura Sciences
(15) Sedan Plan de sauvegarde et de mise en valeur du site patrimonial remarquable : Rapport de présentation, Direction régionale des affaires culturelles du Grand-Est-Conservation régionale des monuments historiques, 2018
(16)Ibid

(17) BLOCH, Séverine. La synagogue de Sedan, Editions ACSIReims-Collection Culture, numéro 6, 2017
(18) Ville de Sédan, Révision générale du plan local d’urbanisme-Rapport de présentation, Département des Ardennes, 2013
(19) PEYRAN, Charles. Histoire de l’ancienne Académie réformée de Sédan, thèse présentée à la faculté de théologie protestante, 22 juin 1846, Strasbourg
(20) REVAH, L.S., Antonio Enríquez Gómez: un écrivain marrane, v. 1600-1663. Chrétiens juifs – Biographies, Carsten Wilke 2003

(21) Muchnik, Natalia. « La conversion en héritage. Crypto-judaïsants dans l’Europe des XVIe et XVIIe siècles (Espagne, France, Angleterre) », Histoire, économie & société, vol. 33e année, no. 4, 2014, pp. 10-24.
(22) ROTH Cecil. Histoire des Marranes Paris Liana Levi 1990 344pp
(23) Dureau Yona. Les immigrants juifs entrés en Angleterre sous Elisabeth Ire (1558-1603). In: Seizième Siècle, N°7, 2011. pp. 171-224
(24) Sebag, Paul. Les noms des Juifs de Tunisie; origines et significations. Paris, L’Harmattan, 2002.

(25) Eisenbeth, Maurice. Les Juifs d’Afrique du Nord; démographie et onomastique. Alger, 1936.
(26) Taieb, Jacques. Juifs du Maghreb; noms de famille et société. Paris, Cercle de Généalogie Juive, 2004.
(27) Toledano, Joseph. Une histoire de familles; les noms de famille d’Afrique du Nord. Jérusalem, 1999.
(28) Ketubot from the sephardic diaspora, index compilé par Mathilde Tagger a partir de la banque de données de The Jewish National and University Library (JNUL) , Jerusalem (http://jnul.huji.ac.il/dl/ketubbot/)

(29) Regne, Jean. History of the Jews in Aragon: regesta and documents, 1213-1327, Magnes Press, The Hebrew University, 1978 – 735 pages
(30)Taieb
(31) The Jewish Surnames in Medieval Spain that Survived in the Sephardic Diaspora, banque de donnee compilée par Mathilde Tagger, lien https://www.sephardicgen.com/databases/MedievalSurnames.html

(32) À noter en passant qu’une abondante littérature et recherche archivistique confirment également que le patronyme Baron est porté à l’époque par plusieurs familles sépharades, tant en Espagne, en France et dans le Maghreb, mais étant donné la grande diversité d’origines de ce nom, nous nous concentrons ici, sur les liens entretenus avec d’autres familles dont les patronymes sont plus rares et presqu’exclusivement sépharades, à l’époque du moins.
(33) Amiel Charles. Les cent voix de Quintanar, Le modele castillan du marranisme (II) In: Revue de l’histoire des religions, tome 218, n°4, 2001. pp. 487-577.

(34) Nos recherches sur cette branche de la famille Najera dans les archives espagnoles nous indiquent qu’il s’agit d’une famille juive convertie au christianisme après 1492. Plusieurs documents attestent durant la période précédant l’expulsion de la présence ouvertement juive des Najera, dans la région de Cordoba en Andalousie et dans le pays basque espagnol. En 1488, Le rabbin Abrahan Najera, originaire de Valmaseda près de San Sebastian, écrit même au Roi une requête en tant que ‘’Procureur des aljamas de ces royaumes’’, pour récupérer les maisons et biens confisqués aux juifs afin qu’ils puissent les donner en héritage à leurs enfants ‘’ainsi qu’ils l’ont fait jusqu’à maintenant’’. Une grande partie des familles Najera refusent de se convertir et sont expulsés en 1492, tandis que d’autres restent en tant que conversos ou nouveaux chrétiens. Jusqu’à maintenant nous avons trouvé dans les archives de l’Inquisition du XVI ème et du début du XVII ème siècle une douzaine de membres de la famille Najera condamnés ou accusés de ‘’judaïser’’, tandis que d’autres subissent d’autres types de ‘’Procès de foi’’ tels qu’hérésie, blasphème, et 1 pour ‘’sorcellerie’’. Quelques uns sont originaires de San Sebastian ou de la région. Une autre partie des recherches a répertorié dans le pays basque espagnol bon nombre d’édits et de décrets d’expulsion datant de la fin du XVII eme et du début du XVIIème siècle concernant toute personne qui aurait des ancêtres juifs, même devenu chrétien! Le paroxysme du zèle semble culminer en 1604 ou on observe des expulsions individuelles forcées suivant l’application de précédents décrets. En attendant prochainement une publication plus exhaustive, il nous fera plaisir de partager sur demande les sources de ces archives par voie de courriel (nikolassamuel.baronbernier@gmail.com).

à propos de l'auteur
Biologiste, comédien et rédacteur pour Histoire des Sciences-Théâtre de vulgarisation scientifique, service d’animation qu’il a fondé pour faire connaître les scientifiques juifs qui ont été ignorés ou mal compris dans l’histoire des sciences en jouant des personnages. Dans le domaine de la recherche biomédicale, il a publié des articles dans PlosOne (résultats de recherche en neurobiologie moléculaire) et dans le magazine de l’ACFAS. Sur un plan plus personnel, suite à un voyage d’études religieuses en Israël à 17 ans, il entreprend une investigation généalogique et anthropologique qui le mène à documenter l’histoire de sa famille en tant que Bnei Anousim d’origine sépharade. Depuis quelques années il s’implique dans la communauté juive de la ville de Québec, dans la coopération inter-religieuse, et vise à prévenir les actes haineux dans la ville de Québec. Il travaille également pour aider l’intégration des réfugiés de guerre provenant de la Colombie via l’organisme ASOVICA (Association des victimes du conflit armé colombien au Québec et au Canada). Enfin, depuis la présente publication originalement publiée en français dans La Voix Sépharade, qui fut publiée également en espagnol dans ESEFARAD, il a commencé à donner des conférences pour vulgariser au grand public l’histoire des judeoconversos, marranes, crypto-juifs et Bnei Anusim, ainsi que le phénomène actuel contemporain de leur retour au judaïsme, connu en Amérique latine mais beaucoup moins au Canada.
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