« De la Providence Divine ou la Nature Universelle », David Nieto

Introduction à la traduction de l’œuvre de David Nieto.

C’est magnifique qu’il puisse y avoir une telle diversité d’idées dans un colloque qui a lieu dans un endroit aussi particulier que la ville de Saint-Claude, en Guadeloupe, dans les Antilles françaises.

Je suis un écrivain chilien, publié au Chili, de manière non-indépendante par des maisons d’édition établies au Chili. En 2001, j’ai publié un recueil de poèmes et cela grâce à l’écrivain qui m’a formé, le poète Miguel Arteche, Prix National de Littérature.

Puis, j’ai étudié les Langues et études orientales anciennes à l’Université Libre de Berlin. Donc, quand je parle de la Bible ou de symboles, je le fais du point de vue d’un linguiste. Je viens de l’art poétique et la façon d’interpréter la poésie s’inscrit dans l’herméneutique. Cela a commencé avec les textes bibliques.

Maintenant que le panthéisme est en train de se populariser – je ne me réfère pas au panthéisme froid et rationnel de Spinoza – je pense à l’idée de David Nieto, de ressentir la Divinité dans chaque arbre, dans chaque feuille et percevoir en même temps toute sa singularité harmonieuse. David Nieto voyait cela il y a 300 ans sous une forme traditionnelle [de judaïsme].

Il était un grand médecin, astronome et aussi un leader dans la communauté où il essayait d’être un homme juste. Je ne pense pas qu’il savait la polémique qu’il allait engendrer quand il a accepté de devenir rabbin de la communauté portugaise et espagnole à Londres.

David Nieto était italien et il est arrivé en Angleterre au moment où le pays était obsédé par la science, justement quand Isaac Newton établissait des lois strictes de la nature et John Toland inventait le terme panthéisme pour confronter la dualité qui existait entre le christianisme et la proclamation de la nature dans un contexte de séparation entre dieu et la nature. A l’époque, les lois de la nature avaient été déclarées absolues et comme un élément fondamental de la réalité.

Alors, le « Dieu Abrahamique » avec ses préférences et ses aversions personnelles, avait été retiré en faveur d’un monde dirigé uniquement par les lois naturelles.

En 1703, David Nieto dit à sa congrégation :

Mes chers frères, je sais que ce que je vais vous dire maintenant est une croyance fondamentale de notre peuple et cela est le cas depuis sa naissance :
Il n’existe rien de telle que la nature.
Le mot « nature » n’existe simplement pas dans le langage hébraïque. Environ 500 ans auparavant, le mot utilisé en hébreu moderne pour parler de la nature, téva, fut adapté de l’araméen.

Il a écrit : « De la Divina Providencia o Naturaleza Universal ».
Cette œuvre n’avait pas été traduite. Elle avait été oubliée dans la bibliothèque britannique.

Même si ce livre a déjà été scanné de nombreuses fois, il a toujours été conservé dans sa version judéo-espagnole du fac-similé original.

La traduction de l’œuvre de David Nieto, « De la Divina Providencia o Naturaleza Universal » a été récemment publiée en espagnol et en anglais.

à propos de l'auteur
Walter Hilliger, écrivain, exerce en tant qu'éditeur indépendant et traducteur. Il a étudié la linguistique et l'écriture de scénario à Berlin. Depuis 2001, il a publié des essais, poèmes, traductions, une bande desinée, et en espagnol, en allemand, en anglais et en français.
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