Dangereuse équation de l’Exécutif français

En dépit d’importantes mesures de police, les propos, les intentions, les décisions de l’Exécutif et du Législatif ne parviennent pas en France à mettre un terme définitif au terrorisme. La terreur orale, écrite, commerciale ; de sang poursuit en France son fatal chemin. Les libérations de terroristes, les non-applications du Droit général et administratif en matière anti-terroriste en constituent la décourageante et révoltante attestation.

Au sommet de l’Etat, deux éléments particulièrement inquiétants en terme de droits humains et de libertés publiques ne peuvent qu’attirer l’attention.

Le président de la République Emmanuel Macron a nommé voici quelques mois Yasin Belattar au conseil présidentiel des villes. Humoriste social ; politique, Belattar insulte ; stigmatise régulièrement les personnalités qu’il attaque en s’en prenant précisément à la nature de leurs personnalités.

La dernière cible en date n’est autre que l’ancien Premier ministre Manuel Valls, au sujet duquel le président Macron a rappellé Belattar à cesser sa polémique, dont le moins qui puisse être penser est qu’elle est contraire à ses fonctions au conseil présidentiel des villes et au droit au respect.

La programmation de Medine, chanteur-rappeur en la salle parisienne le Bataclan a conduit à une étonnante analyse. Hostile à la laïcité, photographié en formant le geste antisémite de «la quenelle» dans les locaux de la radio Skyrock (qu’il dit regretter), soutien à un humoriste antisémite, soutien du dénommé Seba, apôtre de la suprématie raciale noire, apologie musicale des attentats terroristes du 11 septembre à New-York, on ne compte plus les provocations ni les dénégations de Medine.

Alors maire du Havre, Edouard Philippe, aujourd’hui Premier ministre, avait accordé en 2016 une subvention à Medine pour son club de boxe dans les circonstances qui viennent d’être décrites. Loin de le regretter, Philippe s’en félicite rétroactivement et publiquement.

Toutes les circonlocutions des deux chefs de l’Exécutif français ne parviendront pas, hélas pour le bon fonctionnement des pouvoirs publics ; la lutte contre le terrorisme, à contredire ces faits tristes et inquiétants.

Macron nommant Belattar, Philippe soutenant Medine, voici une inquiétante équation. Elle ne manquera pas, compte tenu des fonctions de leurs initiateurs, de se révéler un exemple nauséeux et sulfureux.

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Pierre Saba
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